Brèves de Versailles #8 : les parfums à la cour
Le saviez-vous ?
À la cour de Versailles, le parfum masque les odeurs, participe à l’apparence et accompagne les usages raffinés de la cour.
Chers amis lecteurs bonjour et bienvenus dans ce numéro des Brèves versaillaises. Aujourd’hui, je suis en compagnie de M. Martial Parmentier, gantier parfumeur, officiant à la cour de Versailles.
Vous pourriez dire à la cour parfumée. C’est ainsi qu’est surnommée la cour de Versailles au vue de la quantité de senteur parfumée qui imprègne l’atmosphère du château.
Oui. J’avoue avoir du mal à supporter toutes ces odeurs. J’en ai un peu mal à la tête.
Vous devenez comme sa Majesté. En vieillissant, le roi ne supporte plus les odeurs chargées. Il préfère l’eau de fleur d’oranger produit grâce aux orangers du château. D’ailleurs, de l’eau de fleurs d’oranger est distillée sur place ici même à Trianon, dans le cabinet des parfums. Les goûts de sa Majesté ont changé. Dans sa jeunesse, il privilégiait les parfums aux odeurs fortes à base de civette ou de musc. Cependant, sa surconsommation finit par lui déclencher de violentes migraines. La cour s’adapte à ce changement.
Pour quelles raisons appliquer autant de parfum ?
A la cour, l’apparence est primordiale. Les vêtements, les produits parfumés et les cosmétiques jouent un rôle important. Le parfum sert à masquer les odeurs, protéger la santé et surtout, se distinguer avec raffinement. On porte des gants et des éventails parfumés pour masquer sa propre odeur et en diffuser une autre. Les dames marquent ainsi leur passage dans une pièce. Les parfumeurs élaborent des eaux de senteur sur mesure, destinées à une clientèle illustre soucieuse de se distinguer par son sillage.
Pourquoi masquer son odeur ? Vous ne vous lavez pas ?
Prendre un bain demande une organisation complexe. Il faut apporter de l’eau en grande quantité et la faire chauffer. De plus, nous croyons que l’eau chaude pénètre la peau. Si elle contient une maladie, cette dernière s’imprégnera sur vos organes. Il nous faut relever le défi de sentir bon malgré une hygiène limitée. Nous avons donc recours aux parfums et aux cosmétiques pour donner une image de propreté et de bonne santé.
D’où votre présence à Versailles.
En effet, les artisans qui créent de tels produits sont extrêmement sollicités. Parmi eux, certains gravitent dans l’entourage de la cour et de la famille royale.
Vous êtes un acteur de la parfumerie ?
En réalité, je ne suis pas parfumeur à proprement parler. J’exerce la profession de marchand, mercier et joaillier. En tant que mercier. Je vends des gants fabriqués par de véritables gantiers que je peaufine et parfume pour répondre aux goûts de ma clientèle. J’ai exercé un temps comme valet de chambre de Gaston d’Orléans, frère de feu le roi Louis XIII. Je ne gravite pas dans l’entourage de sa majesté. La majorité de mes activités se situent dans ma boutique rue de l’arbre à sec à Paris que je vous recommande vivement.
J’ai noté l’adresse. Je vous remercie M. Martial Parmentier pour vos explications et quant à vous amis lecteurs, je vous dis à bientôt pour de nouvelles brèves versaillaises.
Sources
Texte :
- LUMNI Enseignement : « Étonnant Versailles : le parfum ou la saleté ? »
https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000006036/etonnant-versailles-le-parfum-ou-la-salete.html
- CAMUS Alice, « Le parfumeur Martial : réalité historique du parcours d’un marchand mercier sous Louis XIV », in Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, 2020,
https://journals.openedition.org/crcv/18216#tocto1n2
Image : Herodote.net
À retenir
- À la cour de Versailles, le parfum participe à l’apparence et au raffinement.
- Les gants et les éventails parfumés servent à masquer sa propre odeur et à en diffuser une autre.
- Les parfums et les cosmétiques donnent une image de propreté et de bonne santé malgré une hygiène limitée.
- L’eau de fleurs d’oranger est distillée sur place à Trianon, dans le cabinet des parfums.
- Martial Parmentier exerce comme marchand, mercier et joaillier et parfume des gants fabriqués par de véritables gantiers.
Ancien numéros des Brèves de Versailles
01 -
Les fontaines
02 - le
cabinet des perruques
03 -
les petits pois
04 -
les œufs de Pâques
05 – Les jardins

Commentaires et échanges
Vos remarques, compléments et questions prolongent la lecture. Merci de conserver un ton courtois et de distinguer faits, interprétations et opinions.
Participer à la discussion