Le monument cruciforme de Manishtushu : un fake antique qui réécrit l’Histoire
Le monument cruciforme de Manishtushu, faux néo-babylonien de Sippar, révèle comment les scribes de l’Antiquité manipulaient déjà l’Histoire et la mémoire. Une pierre noire, quelques dizaines de centimètres de hauteur et des centaines de signes cunéiformes. À première vue, rien qui puisse rivaliser avec les colosses assyriens ou les grandes stèles royales de Mésopotamie. Pourtant, derrière les douze faces du monument cruciforme de Manishtushu se cache une extraordinaire énigme historique : celle d’un roi mort depuis plus de mille cinq cents ans que des scribes babyloniens firent parler de nouveau. Le monument cruciforme de Manishtushu est une inscription cunéiforme découverte en 1881 à Sippar, dans l’actuel Irak, par Hormuzd Rassam. Le texte prétend rapporter des donations et privilèges accordés au temple de Shamash par Manishtushu, roi d’Akkad au XXIIIe siècle av. J.-C., mais les chercheurs considèrent aujourd’hui l’objet comme une composition bien plus tar...