jeudi 28 juin 2012

Ashera l'épouse de Yahvé


Le monothéisme a la vie dure ! Le dialogue est parfois  - pour ne pas dire très souvent – difficile avec ses défenseurs qui dressent des rocs, des pics, des caps… que dis-je, des péninsules pour que jamais, ô jamais, on ne remette en cause ou en doute les textes sacrés. N’existera-t-il donc jamais un monde où l’on démocratiserait l’étude historique, archéologique et philosophique du Dieu unique. Car Dieu lui-même a le droit à son Histoire ! Ses ardents défenseurs pensaient avoir tout vu, tout combattu et repoussé tous les arguments… mais que faire devant des preuves matérielles ? L’archéologie peut parfois faire des ravages dans l’obstination et les certitudes. Quelle attitude théologique prendre quand des archéologues découvrent que Yahvé, celui qui deviendra Dieu, est en concubinage ?

Ashera. C’est son nom. Généreuse et belle, Ashera est, dans la lignée des Astarté, Ishtar et Inanna, une déesse adulée par une grande majorité des hébreux du VIIe et VIe siècles av. notre ère, au côté de son époux. Elle possède une image dans le ciel puisqu’elle est assimilée à la planète Vénus comme ses consœurs mésopotamiennes. Elle n'était pas inconnue. Mais il s'agissait alors d'une simple déesse... en apparence. En effet, il y a peu, des inscriptions sur des stèles ont révélé aux archéologues que les hébreux vénéraient « Yahvé et son Ashera ».  Dieu a donc une femme! Voilà bien une hérésie pour ceux qui avaient mal interprété la présence de cette déesse mentionnée dans l’Ancien Testament notamment par Jérémie. Le prophète, en exil avec les juifs déportés à Babylone, reproche à ses compatriotes leur vénération pour cette déesse impure, représentée sur des statuettes comme une femme aux seins nus. L’entreprise de Jérémie reste sans succès : les juifs affirment que autant à Jérusalem qu’à Babylone, Ashera est généreuse et leur offre du pain en grande quantité. Et pour étayer leur propos, ils ne manquent pas de lui rappeler que d’autres avant lui leur avaient fait abandonner le culte d’Ashera et que le résultat fut « le glaive et la famine » (Jérémie 44, 17-19).

Dieu finira par perdre son épouse… inexplicablement dans le récit biblique. Elle disparaitra jusqu'à nos jours où l'épigraphie nous révèle qu' Ashera, plus qu'une simple déesse, est l'épouse de Yahvé. Dans les faits, Ashera s’éclipse de la vie de Yahvé au moment de la grande réforme religieuse entreprise par le roi Josias (VIe siècle) et terminée par le scribe Esdras (Ve siècle). Pendant cette période charnière de l’histoire religieuse, les juifs passent de la monolâtrie – considérant Yahvé comme leur dieu parmi tous les autres – au monothéisme – la reconnaissance d’un seul et unique Dieu sur terre. Le divorce fut sévère mais Ashera nous réapparait après 2500 ans sous les coups de pinceaux des archéologues sur l’ancienne terre de Canaan.

Source: Bible
                Jean Soler, Qui est Dieu?
 

14 commentaires:

  1. Bonsoir.
    Votre blog est passionnant, mais ce serait un bonheur si vous citiez vos sources ! Ainsi, on pourrait sans problèmes diffuser vos articles de manière à ce qu'il soit plus connu sur divers réseaux sociaux, dont mon Facebook et mon groupe qui comporte une cohorte d'archéologues et de préhistoriens passionnés !!!
    Amicalement,
    Huguette Bacqué ;-D
    PS, faites aussi un peu plus attention à votre orthographe... Il vous arrive de faire souvent des fautes, et c'est dommage, vous avez toujours des sujets passionnants et peu courus !

    RépondreSupprimer
  2. Merci, c'est passionnant et vraiment bien documenté !
    Amicalement,
    Huguette :-D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. YAHWE n'a point de femme..Ashera est la deesse de la fertilitee..qui a ce temp la etait adoree pour avoir des enfants.etant le dieu tout puissant de l'univer,Yahwe,lui seul nous devons adorer

      Supprimer
  3. Yavhé étant un dieu lunaire, il me semble plus adapté plutôt que de parler d'"épouse" d'employer le mot parèdre. Encore que, surtout dans la région, le souvenir de la Grande Déesse (Trifrons) ne puisse être écarté.
    Tout le problème serait alors de trouver qui est la troisième face de la divinité.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si vous souhaitez , à toute fin , avoir une troisième face de la divinité ,ce serait peut être le "Fils" , le Saint Esprit étant l'aspect féminin de la divinité , tout comme la Shekinah.
      La diabolisation du féminin sacré s'est manifesté son éradication lorsque le Patriarcat a effectué son " putsh " létal pour la Nature qui perdit ainsi son unique "défenseuse" en la personne de la Grande Déesse.

      Supprimer
    2. Yahwe est le seul dieu tout puissant, le pere eternel.de notre segneur jesu.tout le reste est idolatrie,,,il n'yapas de troisiemme face-

      Supprimer
    3. Cet affirmation de dire qu'il n'existe que le père affirme une grosse idolâtrie. Cette vision est fanatique, dangereuse et se détruit de l'intérieur dans le non sens. Pour preuve évidente que ce discours représente actuellement le monde d'aujourd'hui, dans le jugement, la peur et mène à sa propre destruction. l'histoire nous la prouver tant de fois que Maltraité ce qui nous met au monde et ses origines, c'est nous maltraité nous même. Ne pas le reconnaître nous invite à tourner en rond et créer des guerres. Si nous affirmons que notre venue à été souhaitée avec tendresse et amour, cessons de jouer les hypocrites égocentriques,à la recherche de puissance illusoires. Reconnaissons ce qui dois être avec humilité. Merci.

      Supprimer
    4. Un homme ne met pas au monde tout seul, même avec l'aide de quelques copains écrivains, Il ne pourra pas y parvenir, alors qu'il épargne ces prétentions, au moins ça lui évitera quelque dégâts. p moi, Dieu n'agit jamais seul, ce n'est pas sa personne (idolâtrie) qui importe, mais l'amour qu'on lui porte (Saint-Esprit). Qui nous apprend et nous porte ce premier amour avant et après notre naissance??? Le voisin d'en face??? Une photo sur le mur???...Concrètement, un amour commence par un lien entre deux personnes, pas une seule, sinon c'est ce qu'on appelle du narcissisme, de l’égoïsme. S'aimer sois c'est aussi voir ceux qui nous ont aimé au départ, c'est en cela que l'ont vois l'importance de notre existence. C'est également dans cet amour partager que l'ont apprend à se connaître et se construire. Si nous nous bandons les yeux de cet amour dans le concret, on le déforme en grandissant sur nos blessures... Dire que tout le pouvoir appartient à une personne, qui a créer le monde nana c'est dévoilé une grande faiblesse d'esprit par le contrôle d'une ancienne blessure narcissique. Elle vise uniquement à la soumission. Je vous souhaite bien du courage!!! On pourra camoufler, se couvrir comme on le peut, la vérité légitime en chacun de nous restera toujours la même, plus on la fuit, Plus on la vois. Plus on l'ignore, plus on galère.. Parce que nous sommes fait d'amour! Alors, on ne peux plus se permettre de dire n'importe quoi.

      Supprimer
  4. Aujourd'hui le 18 Janvier 2014 J'ai vu un documentaire sur arte qui confirme ce que raconte ce blog

    RépondreSupprimer
  5. Bravo et Merci.
    C est vrai que les sources sont toujours les bienvenues

    RépondreSupprimer
  6. Je vous conseil à toutes et tous de lire les livres de Thomas Römer,notement "L’Invention de Dieu" le maître dans la matière. Les vidéos sont sur Youtube.philologue et bibliste suisse.occupe la chaire « Milieux bibliques » du Collège de France à partir de 2007.

    RépondreSupprimer
  7. C'est très intéressant comme information. cette façon qu'a eu le patriarcat naissant de faire de la Déesse une épouse/parèdre, puis de la diaboliser pour n venir à un seul et unique Dieu. Notemmant comment le judaïsme naissant des prophètes a pris le contrôle, alors qu'ils étaient une secte minoritaire au début, puis est passé à une religion officielle se voulant la seul et unique vérité et méprisant puis détruisant les autres religions alentours. Il est facile de voir comment l'histoire se répète : des fanatiques religieux extermine les eligions pré-éxistante afin de faire la leur la religion dominante. Ainsi ce qu'on fait les prophètes, l'église catholique l'a fait à son tour, puis l'islam..les sectes chrétiennes évangéliques restent dans cette même lignée mais plus insidieusement en faisant du prosélytisme et en faisant culpabiliser les autres de ne pas croire en leur Dieu soit-disant unique.

    RépondreSupprimer
  8. La vraie question n'est pas de savoir si Dieu a une femme ou pas, mais bien plutot qui est à l'origine de notre existence. Si le Dieu que la majorité des croyants adorent aujourd'hui est un dieu importé et adoré jadis par les bédouins du pays de Madian, qui serait véritablement celui ou qui sont ceux( s'il faut retenir la croyance en plusieurs dieux; d'ou le nom ELOHIM)qui nous à crée?

    RépondreSupprimer