Orléans : C'est par ce cœur que les lys fleurissent
Découvrez l'histoire d'Orléans, de ses origines gauloises à son rôle de capitale régionale, en passant par Jeanne d'Arc, les Capétiens et la Loire.
Table des matières
Située sur les rives de la Loire, Orléans est la préfecture du Loiret et de la région Centre-Val de Loire.
Une cité gauloise, puis romaine
Les premières traces humaines sur le site remonte à -12 000. Des chasseurs-cueilleurs circulent entre les méandres et les affluents de la Loire. Vers -5500, la population se sédentarise. A partir du -Ve siècle, une ville gauloise des Carnutes se développe sous le nom de Cenabum. Elle est un port fluvial actif, notamment dans le commerce des grains. Un pont assure une traversée sécurisée de la Loire. Au -Ier siècle, la ville comprend des ateliers de métallurgie et de monnaie. Une fortification de terre et de bois l’entoure. En -52, des marchands romains sont assassinés. Les Carnutes rejoignent l’armée de Vercingétorix. En représailles, César incendie la ville et réduit ses habitants en esclavage.
La ville est rebâtie au siècle suivant sur le modèle des cités romaines (tracé perpendiculaires des rues, forum, théâtre, thermes). Au milieu du IIIe siècle, elle change de nom pour devenir Civitas Aurelianorum, en l’honneur de l’empereur Aurélien. Par déformation, le nom se transformera en Orléans. Le christianisme se répand. Le premier évêque connu est Declopetus. Le quatrième de la liste est saint Euverte. Il devient l'un des patrons de la ville. Au IVe siècle, elle se dote d’un rempart de pierre comprenant six portes et tours circulaires.
En 408, les Alains franchissent la Loire. En échange de l’allégeance à Rome, ils obtiennent l’autorisation de s’installer dans la région. De nombreuses localités de l'Orléanais rappellent la présence de ce peuple : Allaines, Allainville, Alaincourt. En 451, l’évêque Aignan organise la défense de la ville face aux troupes d’Attila dans l’attente de l’arrivée des légions romaines. De ce fait historique a découlé une expression célèbre du conte Barbe bleue « Agne, mon frère Agne (c'est-à-dire Aignan), ne vois-tu rien venir ? ». En 463, les romains repoussent les Wisigoths.
Dans le royaume des Francs
Après la chute de l’empire romain, Clovis s’empare d’Orléans. En 511, le concile d’Orléans condamne l’arianisme, entérine l’union de la royauté et de l’Eglise de Gaule et réaffirme le droit d'asile. À la mort de Clovis, son royaume est partagé. L’Orléanais revient à Clodomir jusqu’à la réunification opérée par Childebert en 558. Sous Charlemagne, la région connaît un renouveau culturel impulsé par Théodulf, abbé de Saint-Aignan. Orléans est un centre important comprenant une bibliothèque, un hôpital, un atelier de frappe monétaire et des orfèvres. Des bourgs se développent à l’extérieur de l’enceinte. Une première cathédrale est édifiée. Le 6 juin 848, l'évêque d'Orléans sacre de Charles II le Chauve dans la cathédrale Sainte-Croix. En 854, les Vikings sillonnent la région. La ville est pillée en 856.
Au cœur du royaume capétien
En 987, Hugues Capet et son fils Robert sont sacrés dans la cathédrale d’Orléans, qui a été reconstruite dans le style roman. La région est intégrée au domaine royal. Au XIe siècle, l’exploitation de carrières de calcaire favorise le développement et l’embellissement de la ville, notamment à travers ses édifices religieux. Ceux-ci s’implantent à l’est de la ville le long des axes de communication. A l’ouest, les quartiers se spécialisent dans les activités commerciales. En 1108, la ville accueille le sacre de Louis VI le Gros.
Au XIIe siècle, la ville connaît une période d’essor économique, se conjuguant avec le progrès social. Elle se dote d’institutions municipales, avec des procureurs qui parlent et agissent en leur nom auprès des autorités royales. Les communautés artisanales et commerçantes s'organisent en corporations. Le pont des Tourelles est construit. La viticulture se développe. Orléans organise quatre foires annuelles. A partir du XIIIe siècle, la ville se tourne davantage sur la Loire. Le Chatelet et la Tour neuve sont érigés aux abords du fleuve. Au XIIIe siècle, la cathédrale est rénovée dans le style gothique.
En 1306, l’Université est fondée pour l’enseignement de la rhétorique et du droit romain. Elle attire des étudiants de toute l’Europe. Le quartier au sud de la cathédrale se transforme pour accueillir cette nouvelle population. Le duché d’Orléans est érigé à la même époque, dont le titre est conféré aux frères ou cousins du roi.
La guerre de Cent Ans
Durant la guerre de Cent Ans, les Orléanais étendent leurs fortifications. Ces travaux sont utiles, car les Anglais assiègent la ville en 1428. L’année suivante, les troupes françaises arrivent en renfort. Le 8 mai, Jeanne d’Arc pénètre dans la ville libérée. Les habitants lui vouent une grande admiration. En 1439, Charles VII y réunit les états généraux. A la fin de l’époque médiévale, la ville compte 15 000 habitants.
Renaissance et réformes
À la Renaissance, la ville bénéficie du passage des châtelains se rendant dans le Val de Loire. De nouveaux édifices aux influences italiennes apparaissent, à l’instar de l'hôtel Cabu, du nom d'un avocat du châtelet d'Orléans et de l’hôtel Groslot. La ville accueille à nouveau les états généraux en 1560 durant lequel François II décède.
La présence de nombreux étudiants en droit, notamment germaniques, favorise l’implantation de la réforme protestante. Jean Calvin séjourne un temps à l’université. En 1562, Orléans ouvre ses portes au prince de Condé, chef du parti protestant. Les églises sont saccagées. L’année suivante, le duc de Guise assiège la ville qui résiste. Le 27 aout 1572, des protestants sont massacrés. Les catholiques reprennent le contrôle de la ville. Au début du XVIIe siècle, plusieurs communautés religieuses (jésuites, oratoires, minimes, chartreux, carmélites) s’installent dans le cadre de la contre-réforme. La cathédrale est rénovée. La ville demeure fidèle à la royauté lors de la Fronde.
Le grand siècle orléanais
La ville connait une période d'expansion économique. Le creusement des canaux de Briare et de Combleux améliore le transport de marchandises, notamment le bois et les épices transitant de Nantes à Paris. Des industries nouvelles s'implantent : sucre, tissus, verres, émaux, porcelaine, chapeaux, vinaigre et cire d’abeille. Les raffineries de sucres favorisent l’essor des confiseries et des chocolateries. Le vinaigre, produit dès le XIVe siècle, constitue un ingrédient dans la production de la moutarde. Néanmoins, la révocation de l'édit de Nantes entraîne l'exil d'une partie de la population protestante. La cathédrale est rénovée durant tout le XVIIe siècle mélangeant style renaissance et classique. La ville se dote de services d'assistance aux pauvres. Cette prospérité se manifeste par l’implantation au bord du Loiret de châteaux, pavillons et jardins, correspondant au style classique.
La Révolution française
En 1789, des émeutes éclatent à Orléans suite à la forte hausse du prix du pain. Le manque de matières premières pénalise les industries orléanaises. Les employés au chômage sont embauchés à l'aplanissement et à la modernisation des quais. Sous la Ière république, Orléans devient la capitale du département du Loiret. La ville compte 44 000 habitants. Le 16 mars 1793, le député Léonard Bourdon, de passage à Orléans, est victime d’un attentat. Suite à cette acte, la Convention déclare la ville en état de rébellion jusqu'à ce que les coupables soient livrés. La municipalité est incarcérée. Neuf présumés assassins sont condamnés à mort le 12 juillet, puis guillotinés. En septembre 1793, la municipalité, les tribunaux, la gendarmerie et le clergé sont épurés.
La modernisation de la ville au XIXe siècle
Au début du XIXe siècle, la municipalité souhaite déplacer le cœur de ville vers la place du Martroi. Le projet comprend le percement de larges avenues, ainsi que l’implantation de la préfecture, du palais de justice et du conservatoire. Les remparts sont démantelés. Le développement industriel du Nord de la France, ainsi que la baisse du trafic fluvial bouleverse l’économie orléanaise.
En 1843, le chemin de fer relie Orléans à Paris. En octobre 1870, les Prussiens occupent la ville. Après la guerre, le gouvernement décide l’implantation de garnisons militaires. Un nouveau quartier se développe autour de la gare comprenant des pavillons et des cités ouvrières. En 1882, le quartier du châtelet est rénové et doté d’une grande halle. En 1899, la ville se dote du tramway qui sera supprimé en 1938, puis réinstallé au début du XXIe siècle. Au début du XXe siècle, Orléans s’intègre dans les débuts de l’aviation. Ferdinand-Léon Delagrange, né à Orléans, est à l'origine de la première route aérienne Juvisy-Orléans en 1909. Il obtient la création de l'aérodrome des Groues. La ville organise de nombreux meetings aériens.
Les deux guerres mondiales
Dès le début de la 1ère guerre mondiale, la ville voit affluer des réfugiés. Des hôpitaux militaires sont installés dans des établissements scolaires. Ses centres d’entrainement accueillent des troupes, notamment indiennes, à former.
En juin 1940, les Allemands bombardent la ville. Durant l’occupation, c’est un nœud ferroviaire important. Elle subit de nouveaux bombardements de mai à juillet 1944 par les Britanniques, afin de détruire la gare, les usines et les ponts. Le 16 aout, les Américains pénètrent dans la ville.
Une capitale régionale
La ville est l'une des premières reconstruites. La rénovation se fait pour une part à l’identique. Les travaux durent jusqu’en 1954. La ville héberge des soldats américains jusqu’en 1967.Dans les années 1960, la ville est marquée par une expansion démographique et la décentralisation industrielle. Le quartier de La Source est créé où s'installent des bureaux, le campus universitaire et le Parc floral. En 1969, une rumeur circule à Orléans selon laquelle des jeunes femmes seraient enlevées dans les cabines d'essayage de plusieurs magasins de vêtements de la ville tenus par des Juifs, en vue de les prostituer à l'étranger.
De par sa proximité avec la région parisienne, Orléans attire de nombreuses entreprises : informatique, télécommunications, électronique, banques, pneumatique, laboratoires. La pharmacopée est un secteur majeur qui constitue 70% de la production nationale de médicaments. Les cosmétiques s’implantent également. Orléans et sa région constituent la première plate-forme logistique de France (conditionnement, entreposage, transport).
Avec ses 275 000 habitants, Orléans affirme son rôle de capitale régionale et se positionne comme métropole d’équilibre du bassin parisien.
A retenir
• Orléans est une ville très ancienne, dont les origines remontent à la Préhistoire.
• Sa position sur la Loire explique son importance commerciale et stratégique à travers les siècles.
• Trois événements marquent particulièrement son histoire : la destruction par César puis la reconstruction romaine ; la libération par Jeanne d'Arc en 1429 ; son développement économique et industriel, qui en fait aujourd'hui une métropole régionale.
• Son patrimoine politique, religieux, universitaire et économique lui a conféré un rôle majeur dans l'histoire de la France.
Sources
Texte : Parcours Orléans, Maire d’Orléans, Imprimerie Prévost, 2015, 28p.
Image : wikipédia.fr

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