Ioane Ier : le roi français de l’île de Pâques (1869 - 1876)


Jean-Baptiste Dutrou-Bornier est le fils d'un notaire de Montmorillon dans la Vienne. A l'âge de 14 ans, il refuse de suivre la même voie que son père et quitte la maison familiale. Aventurier dans l'âme, il rejoint Le Havre et débute une carrière dans la marine. Il devient pilotin, c'est-à-dire chargé de guider les navires dans l'embouchure de la Seine. En 1860, il obtient son diplôme de capitaine. Il épouse Valentine Foulon, une professeur de musique, avec laquelle il a un fils.

En 1865, le propriétaire d'un trois mâts lui propose une association pour transporter une cargaison jusqu'à Tahiti. L'île de Pâques est une étape obligatoire pour se réapprovisionner avant d'entamer les 4000 km restant jusqu'à Tahiti. Dutrou-Bornier tombe amoureux de l'île. Il assure quelques temps des liaisons commerciales dans le Pacifique sud.
En 1867, il revend son navire et achète un lopin de terre sur l'île pour s'y installer. Il adopte les coutumes et les croyances pascuanes et noue de bonnes relations avec les missionnaires présents sur l'île. Il épouse Ahurenga Pua Moo Atare, qui se prétend être la descendante des anciens rois. La royauté indigène avait été anéantie en 1862 lors de la catastrophe démographique provoquée par les esclavagistes péruviens. L'île ne compte plus que 200 habitants. Cette prétention suffit à Dutrou-Bornier pour se sentir à son tour roi.
Le 3 septembre 1868, les missionnaires créent un conseil permanent. Seul laïc européen et capitaine, Dutrou-Bornier en assure la présidence. Il s'accapare progressivement toutes les terres. En 1869, il possède 80% de l'île. Tous ces terrains sont achetés pour une bouchée de pain à des locaux qui n'ont guère de notion de propriété et de valeur foncière. Les autres sont obtenus par la force. De plus, il s'associe avec John Barder, qu'il a rencontré à Tahiti, pour monter un élevage intensif de moutons. En 1884, l'île comptera plus de 10.000 bêtes et exportera 30 tonnes de laine. Dutrou-Bornier se proclame roi et prend le nom de Ioane Ier. Les Pascuans le surnomment Pitopito (les boutons) à cause de son uniforme. Les relations avec les missionnaires se dégradent rapidement. En 1871, Ioane Ier s'arroge les services de guerriers qui lancent des raids contre les possessions des missionnaires. Poussés à bout, ces derniers quittent l'île, laissant le champ libre au roi autoproclamé.
Ioane Ier accueille tous les commandants de navires qui viennent se réapprovisionner. Ces derniers le remercient en se pliant au cérémonial de cour. Ioane Ier formule plusieurs demandes officielles pour que l'île de Pâques devienne un protectorat français. Paris ne répond pas. Entre la chute du Second empire, la Commune et l'instauration de la IIIe République, la métropole a plein d'autres sujets à gérer qu'une petite île du Pacifique.

Le 1er août 1872, Ioane Ier meurt dans des circonstances mystérieuses. Officiellement, il a été victime d'une chute de cheval, mais d'autres hypothèses penchent pour un assassinat ou un massacre par la population. Au Havre, Valentine Foulon entend bien récupérer les biens de son défunt mari. Sauf qu'entretemps, John Brander a récupéré sa part, soit 14.000 moutons et plusieurs milliers d'hectares. De plus en 1888, le Chili annexe l'île. Après la mort de Valentine Foulon en 1903, l'Etat français hérite du dossier. Les Pascuans demandent le rattachement à la France comme pour Tahiti. Le gouvernement préfère enterrer le dossier pour ne pas froisser le Chili. Officiellement, l'affaire n'a jamais été tranchée. La France pourrait faire valoir des droits sur l'île de Pâques. Si elle obtenait gain de cause, elle augmenterait considérablement son domaine maritime.

Sources
Texte :
- Bruno FULIGNI, Royaumes d'aventure : ils ont fondé leur propre Etat, Paris, Les Arènes, 2016.
- C. et M. ORLIAC, Des dieux regardent les étoiles. Les derniers secrets de l'île de Pâques, Paris, Gallimard, 1988

Image : wikipédia

Commentaires

  1. Lo cierto es que este Asesino y Violador, solo fue uno de tantos europeos que llegaron a las islas del océano pacífico a partir del 1865 en adelante, en este caso a la polinesia, hambrientos y sedientos de riqueza, poder y gloria, pero a costa. del asesinato de miles de polinesios y aprovechando la pobreza y desprotección del pueblo Rapa Nui, que para esa época (1861 a 18629), venia de sufrir el asesinato de multitudes en la cacería, ataque y rapto de más de 1.800 nativos para ser vendidos en Perú como esclavos ( misma situación que había ocurrido en otras islas del pacífico como Ao Tea Roa, Gambiers y Tahití ( llama la atención la falta de seriedad y pobre investigación que han realizado antes de publicar, estas notas tan falta de seriedad y respeto a los pueblos afectados), en fin este asesino y violador Frances mediante la fuerza y ​​el poder de las armas de fuego que poseía, más el respaldo de su otro socio Jhon Brander quien reside en Tahití, expulso a los Rapa Nui de sus Áreas de residencia ancestral y los reducción al área del poblado frente a la bahías de Hanga Roa donde permanecerá hasta el día de hoy, así las cosas, este pirata europeo expulso de la isla en 1871 a mas de 500 Rapa Nui entre los que se cuentan a los que fueron sacados en compañía de los Sacerdotes católicos y los que enviaría a las plantaciones de su socio Brander en las Gambiers, finalmente y ya sin resistencia reprimió a los 176 Rapa Nuis que quedaron en Haga Roa, Rapto y violo a Koreto con quien engendro 2 hijas para imponerse como Rey de Rapa Nui, sin embargo mas Tarde en 1876 fue Atravesado con la Bayoneta de su Fusil empuñado por uno de sus propios Guarda espaldas hartados de la violación a sus mujeres e hijas pequeñas. y con eso los Rapa Nuis ponen fin a los planes codiciosos de este extranjero y un aviso a los que vendrán más tarde con la incorporación al territorio chileno hasta la fecha, pero esa es otra historia, una que aun se esta escribiendo! aroha korua. cualquier contacto, consulta o similar de corte histórico, social o político futuro, debe dirigirse a la autoridad política de la nación Rapa Nui hoy, HONUI O TE HUA.AI RAPA NUI.

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