lundi 19 décembre 2016

Le pavillon des Indes - Courbevoie (Hauts de Seine)



Les promeneurs passant par le parc de Bécon à Courbevoie peuvent admirer une étrange bâtisse hybride faite de bois et de pierre et surmonté de bulbes dorés. Son aspect est tout aussi surprenant que son histoire qui mêle la France, le Royaume-Uni, un prince roumain et de nombreux artistes.

En 1878, la France accueille l'Exposition universelle, un vaste salon réunissant toutes les nations industrielles qui présentent leurs produits et leurs innovations technologiques, mais aussi les projets d'urbanisme et artistiques. Lors de cet évènement, le Royaume-Uni, première puissance mondiale dotée du plus grand empire colonial, possède une place prépondérante.
A cette occasion, le prince de Galles (futur Edouard VII) commande à l'architecte Caspar Clarke un pavillon pour présenter ses collections d'objets indiens, complétée par celles de négociants. Clarke conçoit un palais de bois décoré dans le style des palais indiens du Rajasthan. L'édifice, long d'une trentaine de mètres, se compose de deux pavillons symétriques reliés par une galerie couverte.
Prévu pour être démonté à la fin de l'exposition, il est finalement démantelé et revendu à plusieurs acquéreurs. Une partie est remontée dans la station balnéaire de Paramé près de Saint-Malo. Ce bâtiment n'existe plus de nos jours. Le climat breton et une tempête ont eu raison de ce pavillon de bois au début du XXe siècle. Le prince George Stirbey originaire de Roumanie, achète une autre partie et l'installe dans le parc de Bécon dont il est propriétaire. En 1881, il l'adosse à un bâtiment de pierre servant d'atelier pour l'une des filles de son épouse, George-Achille Fould, artiste peintre passionnée par les sujets féminins. L'atelier comporte de larges baies vitrées et des meurtrières pour sortir les toiles. Le bâtiment actuel ne ressemble plus vraiment à celui que pouvaient admirer les visiteurs de 1878. Le rez-de-chaussée et le premier étage ont été inversés au remontage. Il ne s'agit pas d'une erreur. La partie la plus trapue est installée en dessous pour des raisons de stabilité de la structure. L'autre partie, comprenant de larges vitres, devient le premier étage. De plus, le pavillon acheté par le prince Stirbey ne contient plus les bulbes dorés. Stirbey, d'origine roumaine, les remplace par des dômes de style orthodoxe. Il est probable que George-Achille Fould vivait et travaillait dans le bâtiment en pierre, qu'elle exposait ses œuvres au rez-de-chaussée de la partie en bois et recevait ses invités à l'étage.

En 1951, la ville de Courbevoie acquiert le bâtiment laissé à l'abandon. Il est inscrit aux monuments historiques en 1987. La restauration, menée par Frédéric Didier, ne vise pas à redonner au pavillon son aspect originel et respecte les transformations de la réimplantation dans le parc de Bécon. Le pavillon rouvre ses portes en 2013. La partie en brique abrite un logement et un atelier pour un artiste de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts. La partie en bois offre une exposition sur le pavillon, l'Exposition universelle de 1878, la famille Fould et le château de Bécon. Le premier étage offre une belle salle en marqueterie et un riche mobilier. Le pavillon des Indes n'est pas la seule curiosité que vous pourrez découvrir dans le parc de Bécon.


Sources
Texte : visite guidée du pavillon des Indes effectuée le 3 décembre 2016

Image : Photo de Benjamin Sacchelli

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