mardi 27 octobre 2015

La marine durant la guerre de Sécession


Au milieu du XIXe siècle, la marine américaine se compose de grandes frégates de ligne, de navettes plus petites et rapides pour lutter contre les pirates et d'un ensemble de navires civils destinés au transport. Les navires sont en bois et propulsés à la voile et à la vapeur. L’armement s’est modernisé avec l’installation de canons rayés qui améliorent la puissance et la précision des tirs. La marine compte 9.000 hommes. Des académies navales, comme celle d’Annapolis dans le Maryland, forment des officiers, mais en nombre insuffisant. Les sous-officiers apprennent le métier directement sur les navires. Lors de la Sécession, la marine dans sa très grande majorité demeure du côté de l’Union. Seul 1.600 marins se rallient à la Confédération, qui ne dispose d’aucun vaisseau. En effet, les 42 bâtiments de l’armée mouillent dans les ports du Nord ou sont en mission sur d’autres mers.

Abraham Lincoln et son Etat-major assignent trois objectifs à la marine : assurer le blocus, protéger le commerce extérieur en coulant les corsaires sudistes et porter la guerre au sein de la Confédération via les fleuves. Le commandement et la gestion de la marine sont assurés par le secrétaire à la Marine Gideons Welles et les amiraux Vahlgreen, Dupont, Porter, Farragut et Foote. Le grade d’Amiral sera créé par le Congrès en 1862 pour une meilleure hiérarchisation du commandement suite à la hausse importante des effectifs.
Pour remplir les objectifs, le Nord a besoin d’un nombre important de navires et d’hommes. Dans un premier temps, les vapeurs civils sont réquisitionnés et armés. De plus, le Nord dispose de chantiers navals et de cales sèches. Il peut construire de nouveaux navires de guerre. Son industrie lourde fournit les éléments en fer pour les cuirassés. Durant la guerre, le Nord construit 200 navires et en achète 400. Lincoln lance un appel aux volontaires pour en recruter 18.000. Ils seront 84.000 à la fin du conflit. Une partie de la flotte doit emprunter les accès fluviaux pour porter la guerre au cœur du Sud en transportant des troupes ou en attaquant directement les villes et forces ennemies stationnées en bordure des fleuves. La flotte de haute mer doit se muer en flottille de rivière.

Comme le Nord, le Sud réquisitionne et arme des navires civils. Néanmoins, dépourvu de chantiers navals, la Confédération peut difficilement construire de nouvelles unités. D’autant plus que tous les ports importants de la côte atlantique, à l’exception de Charleston et Wilmington, sont aux mains de l’Union ou bloqués dès le mois d’avril 1862.
La Confédération doit acquérir ses navires à l’étranger. En juin 1861, Stephen Mallory, secrétaire d’Etat à la Marine de la Confédération, dépêche le capitaine James Bulloch à Liverpool pour passer des contrats avec des constructeurs britanniques. Il s’agit d’une opération dangereuse, car le Royaume-Uni s’est déclaré neutre dans le conflit et ne reconnaît pas la Confédération comme un Etat indépendant. De plus, la loi britannique permet de poursuivre en justice toutes personnes fournissant des armes aux rebelles d’un autre Etat. Bulloch achète des navires marchands et les expédie dans un port neutre pour les armer. Les navires de course sudistes coulent 5% de la marine marchande de l’Union à travers le monde et perturbent le commerce. Néanmoins le blocus mis en place par le Nord est plus efficace. Il empêche la Confédération de se ravitailler, de financer son effort de guerre et sa reconnaissance diplomatique sur la scène internationale.

Le Sud joue sur l’innovation pour contrebalancer la suprématie du Nord sur les mers : cuirassés, mines, sous-marin. Après la bataille d'Hampton Roads opposant deux cuirassés, toutes les marines du monde se retrouvent obsolètes. L’Union lance un programme d'armement naval dans le domaine des cuirassés même sur les fleuves. Des navires cuirassés à très faible tirant d'eau sont construits pour progresser et soutenir les armées de terre. La flotte en "eau boueuse" est spécialement étudiée pour combattre sur les cours d'eau. La Marine ne cesse de connaître des innovations. Par exemple, l’USS Galena, un croiseur à vapeur, voit sa coque recouverte de plaque d’acier pour la protéger des boulets et des éperonnages. Autre exemple, l’USS Onondage possède deux tourelles pivotantes.

Sans la marine la guerre n'aurait pu être gagnée par les armées de terre de l’Union. Elle a permis d'étouffer l'économie sudiste par le blocus, prendre le Mississippi et protéger le commerce du Nord des attaques de raiders confédérés. En supériorité numérique, la marine fédérale a remporté la plupart des batailles. Après la guerre, les Etats-Unis possèdent la deuxième flotte derrière le Royaume-Uni. Bien que possédant un nombre d’unités inférieur, ses navires sont plus modernes. L’US Navy compte 671 unités dont 75 cuirassés, soit 15 fois plus qu'en 1861. La majorité d'entre eux sont revendus, démontés ou renvoyés dans la flotte marchande.

Voir l'article sur la bataille d'Hampton Roads 

Sources :
Texte :
- MILLET, Olivier : La Marine de l’Union, février 2015, http://civil-war-uniforms.over-blog.com/2015/03/la-marine-de-l-union-1.html
- MILLET, Olivier, La Marine Confédérée, novembre 2013, http://civil-war-uniforms.over-blog.com/2013/11/la-marine-conf%C3%A9d%C3%A9r%C3%A9e.html
- KEEGAN John, La Guerre de Sécession, Perrin, Paris, 2013
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