vendredi 14 novembre 2014

Histoire abrégée de la Grèce 2/4

L’époque hellénistique (- 340 / -146)
Le morcellement politique des cités États engendre des divisions. Le royaume de Macédoine se pose comme le seul État grec à pouvoir rassembler et défendre la péninsule. Depuis le règne d’Alexandre Ier au milieu du –Ve siècle, la Macédoine a développé son commerce et renforcé ses frontières. Philippe II modernise l’armée, composée de puissantes phalanges et d’une cavalerie légère dont les membres sont scythes. En -338 à la bataille de Chéronée, il conquiert les régions du Nord. Il prend la tête de la Ligue de Corinthe réunissant les cités du Sud. Afin d’asseoir sa domination, il unifie les Grecs contre les Perses, plan que son fils Alexandre le Grand accomplira.
En -334, Alexandre débarque avec son armée en Asie mineure. Il remporte de nombreuses victoires et soumet une à une les régions l’Empire : Phénicie, Palestine, Égypte, Babylonie. En -327, il est aux portes de l’Inde. L’Empire perse s’effondre sous son épée et seul le refus de ses hommes de continuer le force à rentrer en Grèce. Il laisse en place les élites locales en échange de leur reconnaissance comme suzerain. En revanche, les commandements militaires sont confiés aux Grecs. Il fonde de nombreuses villes formant un maillage économique et des centres de diffusion pour les mœurs et la culture grecques.
A la mort d’Alexandre en -323, ses généraux, dont Ptolémée, Antigone le Borgne et Séleucos, se partagent l’empire qui reste unifié culturellement et économiquement. Après quarante ans de conflits, un équilibre précaire s'installe entre trois dynasties. La Macédoine et la Grèce sont gouvernées par les Antigonides, l’Égypte par les Lagides, et l’Asie Mineure, Syrie, Mésopotamie, Perse par les Séleucides. Des royaumes plus petits existent aux côtés de ces trois monarchies principales. Les Grecs n’apprécient pas d’être gouvernés par un monarque absolu comme en Orient. Les cités grecques se regroupent en confédérations qui s’opposent à la gouvernance macédonienne. Parallèlement, la Sicile tombe sous le giron romain. Les cités grecques de Gaule s’allient avec Rome pour se protéger des Carthaginois.

La période romaine (-146 / 476)
Après la conquête de la Sicile suite aux guerres puniques, Rome s’empare des territoires balkaniques pour contrôler et pacifier l’Adriatique. Se sentant menacé, Philippe V de Macédoine s’allie aux Carthaginois. Les Romains sortent vainqueurs des deux guerres macédoniennes. La victoire des légions à Cynocéphales en -196 consolide le rôle d’arbitre des Romains en Grèce au détriment de la Macédoine. Entre -192 et -188, les Romains affrontent les Séleucides, qui vaincus, se rétractent en Asie mineure et laissent la péninsule grecque libre. La Macédoine est une nouvelle fois vaincue, puis c’est au tour de la confédération achéenne d’être battue à Corinthe en -146. Au départ, les Romains sont motivés par la recherche de terres agricoles et de richesses minières. Ils adoptent l’économie de marché telle qu’elle a été mise en place par les Grecs.
Les auteurs louent les Romains d’avoir amené la paix dans la région. Les Romains empruntent aux Grecs leurs modèles littéraires, leurs courants philosophiques, leur architecture et une grande partie de leur mythologie. Ils diffusent tout ceci jusqu’aux confins de l’Occident. La stabilité de l’empire permet à la Grèce de développer une nouvelle période de faste. La Grèce est le centre culturel de l’empire.
Dès le milieu du –IIIe siècle, les élites juives parlent grec. A Alexandrie, l’Ancien testament est traduit en grec pour les juifs hellénophones. L’hellénisme pose au judaïsme le problème de l’ouverture aux autres nations et cultures, vide que le christianisme va combler. Les premières communautés chrétiennes apparaissent à Antioche au Ier siècle, avant de se multiplier dans toute la péninsule. Le Nouveau testament est rédigé en grec.
En 395, l’empereur Théodose partage l’Empire romain entre ses deux fils. La Grèce fait partie de l’Empire romain d’Orient, ayant Byzance pour capitale. Cette ville a déjà été choisie par l’empereur Constantin comme centre religieux et culturel. Théodose proclame le christianisme religion officielle de l’État, interdisant toutes manifestations de cultes païens. En 476, l’Empire romain d’Occident s’effondre sous les coups des barbares. Ces derniers achèvent un empire en pleine décadence. L’Empire d’Orient survit.

La première période byzantine (476 - 1204)
L’Empire byzantin cumule les richesses économiques de l’Orient et les richesses culturelles et religieuses de la Grèce. Fort de ses atouts, l’Empire est la première puissance européenne durant la première moitié du Moyen-âge. La société conserve ses aspects de la Grèce antique : État de droit basé sur le Code justinien, existence d'un Sénat secondant l'empereur, absence de servage, collectivités agricoles libres. Les villes arborent une architecture sophistiquée de type romane et jouissent d'un certain confort : eau courante, tout-à-l'égout, bains publics, éclairage. Les universités de Constantinople, de Mistra et de Trébizonde assurent la transmission des savoirs antiques, de la philosophie grecque classique et de la médecine hippocratique.
Les Byzantins ont une conception collégiale et représentative de l’organisation interne et dans ses rapports entre les cinq patriarches. Cette conception démocratique est issue de la Grèce antique. Rome a une conception verticale et centrale. Le patriarche de Constantinople conteste la supériorité du Pape et son intervention dans toutes les questions dogmatiques et administratives de l’Église. En 1054, la rupture est consommée entre Rome et Constantinople. Le grand schisme donne naissance à la religion orthodoxe, qui se veut fidèle aux dogmes et à l’organisation des premières communautés chrétiennes.
Entre le VIIe et le XIe siècle, les Byzantins perdent petit à petit leurs territoires orientaux et africains face aux musulmans. L’empire se limite aux Balkans, à la Grèce, à l’Asie Mineure et à quelques principautés en Italie. La perte de ses territoires entraîne une perte de richesse importante, ce qui affaiblit l’empire. En 1071, les Ottomans battent les Byzantins à Martzikert et s’implantent en Turquie. En Occident, les Normands conquièrent les possessions byzantines en Italie méridionale et en Sicile. Avec l’appui de la Papauté, ils fondent des royaumes et ravagent les provinces balkaniques. L’empereur est contraint de recourir aux navires vénitiens pour enrayer la menace normande dans l’Adriatique, contre d’importants avantages commerciaux.
Face à l’avancée des musulmans, de nombreux savants et intellectuels se réfugient en Occident en emportant avec eux les textes grecs. L’Occident redécouvre la philosophie d’Aristote et les traités scientifiques de l’Antiquité, qui fondent une première renaissance intellectuelle.
Au XIe siècle, l’empire s’est encore réduit. Il ne comprend plus que la péninsule grecque, la région du Bosphore et une partie de l’Asie mineure. Les villes marchandes italiennes (Venise, Gênes) aspirent à s’emparer des routes commerciales de l’Orient en éliminant l’intermédiaire byzantin. Rome entend toujours porter un coup fatal au pouvoir de Constantinople. En 1204, la Quatrième croisade est détournée de son but et les croisés pillent la ville.

La période franque (1204 - 1261)
Après le sac de Constantinople, un quart de l’Empire est divisé en plusieurs royaumes francs formant les États latins de Constantinople. La Macédoine constitue le royaume de Thessalonique. La Grèce centrale forme le duché d’Athènes et le Péloponnèse celui d’Achaïe. Les îles égéennes, formant le duché de Naxos, deviennent des comptoirs vénitiens. Les Francs introduisent le servage, contrairement à ce qui était répandu. L’empire byzantin survit à travers trois royaumes : l’Épire (partie ouest de la Grèce), Nicée et Trébizonde (tous deux en Asie mineure).
Les Grecs forgent l’idée de chasser les Francs et de reconstituer l’unité de l’empire en recherchant le soutien des royaumes byzantins. Après avoir réorganisé l’État, les deux premiers rois de Nicée repoussent les frontières jusqu’en Grèce. Le 25 juillet 1261, le général Alexios Stratigopoulos entre dans Constantinople. Le 15 août, Michel Paléologue est couronné empereur de Byzance dans la basilique Sainte Sophie. Les Francs sont chassés de Grèce. Les Vénitiens conservent les îles égéennes. L’attitude des croisés a détruit, chez les Grecs, l’idée de l’empire universel chrétien et renforcé l’idée de l’identité nationale forgée par la culture.

La seconde période byzantine (1261 – 1453)
Durant le XIVe siècle, l’artisanat et l’industrie se développent à nouveau. La bourgeoisie des villes se retrouve en concurrence économique avec les Italiens et en concurrence politique avec l’aristocratie terrienne. Byzance rayonne toujours par ses érudits. Photius est l’intellectuel le plus important de son temps. Il rédige des traités de grammaire, de théologie et de métaphysique.
Au XVe siècle, l’empire connaît une période de crise. De nombreux bourgeois et intellectuels grecs fuient l’avancée ottomane et trouvent refuge dans les Balkans et en Occident. L’éducation recule et n’est plus assurée que par les religieux. Le 29 mai 1453, les Ottomans prennent Constantinople, mettant un terme à l’Empire byzantin.


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