mercredi 30 mai 2012

L'étrange culte de Pélops


Il existait au temps de la Grèce classique de biens étranges cultes que l’on rendait à tel héros ou telle divinité. La Grèce, mais également l’Anatolie, regorgeaient de grands temples ou bien de petits autels dans lesquels les prêtres rendaient le culte. A Olympie, beaucoup de temples et de cérémonies religieuses parcouraient l’année et bien évidemment lors des fameux jeux. Pendant ces réjouissances, le monde antique semblait mettre en suspend les  différentes querelles qui existaient entre les différents peuples – grec, perse, égyptien – et on venait de tous les contours de la Méditerranée pour assister aux joutes olympiques des athlètes grecs. C’est dans le temple du héros Pélops que je vous emmène. Son nom vous est inconnu et pourtant il est le héros mythologique qui donna jadis son nom au Péloponnèse, célèbre île qui abritait alors la très virile cité de Sparte. Dans le Pélopion, le temple qui lui était dédié, avait lieu de biens étranges cérémonies.

Le Pélopion était l’œuvre d’Héraklès, quatrième descendant du héros, dont il traça au sol le plan du futur temple et fit le premier sacrifice. Pélops était une figure centrale de la mythologie grecque bien que moins célèbre, aujourd’hui, que son semi-divin descendant Heraklès. Fils de Tentale, lui-même fils de Zeus, Pélops fut l’amant de Poséidon qui s’était terriblement éprit de lui et remporta une célèbre course de char contre le roi Oenomaos. Cet épisode épique était toujours célébré au moment des jeux par d’autres courses. Oenomaos mourut pendant sa confrontation avec Pélops laissant sa fille Hippodamie et son royaume – situé vous l’avez deviné dans le Péloponnèse – au vainqueur.

Aussi, chaque habitant du Péloponnèse se devait de rendre hommage à Pélops mais ils devaient le faire – au moins une fois dans leur vie – d’une bien étrange manière. Le Pélopion conservait soigneusement les reliques du héros parmi lesquelles son épée et ses ossements qui reposaient à l’intérieur d’un caveau sur lequel les prêtres immolaient, le premier jour des jeux, un bélier noir. Mais la cérémonie allait plus loin et prenait parfois l’image de messe … sadique et masochique. Ecoutez donc :

Les jeunes éphèbes, c’est à dire les jeunes grecs sortis de l’âge de l’enfance (15-18 ans), et vivant dans la terre du Péloponnèse devaient sacrifier de leur personne en se faisant frapper le derrière jusqu’au sang par des prêtres affublés de fouets en lanières de bœuf ! Il fallait que le sang coule en mémoire des sacrifices que le héros avait fait pour rendre sa contrée prospère et heureuse. La scène peut se représenter ainsi : de jeunes garçons faisaient face au tombeau en le fixant ardemment. Ils étaient obligés de se dénuder et la foule, qui participait également au "spectacle", voyait alors les prêtres prendre un malin plaisir à faire souffrir la chair des éphèbes qui à chaque coup devaient citer le nom du héros. Aucun gémissement ni hurlement… seule la dévotion devait prévaloir. Les jeunes filles n’étaient pas les dernières à regarder. En effet, celles qui n’étaient pas encore mariées pouvaient se rendre aux jeux et participer aux liturgies religieuses. Elles n’étaient pas friandes d’un tel spectacle – quoique ? – mais attendaient toutes un moment rare mais ô combien symbolique. En effet, malgré la douleur, il apparaissait parfois qu’un jeune homme s’abandonnait, recouvrant de sa semence le tombeau du héros… Les jeunes filles détalaient à vive allure dans le temple d’Héra tout proche pour accomplir un vœu en faveur de leur mariage à venir car disait-on, il fallait voir dans la jouissance du rite du fouet… un heureux présage ! Je ne comprends pas trop le message si ce n’est que le mariage peut faire… mal au derrière… et que cela procurait un certain plaisir.

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Il est vrai que les rites monothéistes furent par la suite bien moins sanglants, bien moins douloureux… mais étrangement moins amusant à raconter !

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