lundi 7 mars 2016

Le règne d'Henri VIII d'Angleterre



En 1508, Henri VIII, âgé de 17 ans, monte sur le trône d’Angleterre. C’est un jeune homme plein d’énergie, intelligent, grand amateur de sport et passionné par la musique et les sciences.

Les nobles constituent l’essentiel de la cour. Propriétaires terriens, ils sont les plus aptes à conseiller le souverain de par leur naissance. Ayant encore une vision féodale de la monarchie, ils considèrent le roi comme le premier parmi ses pairs. De son côté, le souverain se considère sans égal. Aussi, autant par égo que par volonté politique, il interdit que les membres de la cour l’appellent « Sire » et impose le mot « Majesté ».
Henri VIII insiste sur le fait qu’il est le roi, car la branche des Tudor n’est pas la seule à pouvoir revendiquer la couronne. En effet, les Tudor ont accédé au trône à l’issue de la guerre civile des deux roses. Henri VIII vit dans la peur constante d’un complot. Dès qu’il soupçonne une tentative visant à le renverser, il agit en conséquence sans attendre les preuves. Ainsi en 1521, il fait exécuter le duc de Buckingham. Cette méfiance vis-à-vis de l’aristocratie permet à la bourgeoisie de s’installer à la cour et d’être présente dans l’entourage du souverain.
Henri VIII n’aime pas administrer. C’est une tâche bien trop ennuyeuse pour un jeune homme. Il délègue tout au cardinal Thomas Wolsey et part à la chasse. Le cardinal est secondé par Thomas Cromwell, issu de la bourgeoisie. Le roi récompense très gracieusement ses bons serviteurs. Avec l’argent accumulé, le cardinal fait bâtir en 1521 le château d’Hampton Court, le plus luxueux d’Angleterre. La présence de Wolsey et de Cromwell à la cour ne plait pas à la noblesse, qui se voit enlever ses prérogatives.

En 1529, Henri VIII tombe amoureux d’Anne Boleyn. La jeune femme est belle, intelligente et ne manque pas d’ambition. Elle ose se refuser au roi. S’il la veut, il n’a qu’à la faire reine. Anne Boleyn avance les bons arguments pour faire mouche. L’épouse d’Henri VIII, Catherine d’Aragon, ne lui a pas donné d’héritier et elle ne sera bientôt plus en âge de procréer. Anne promet au roi de lui donner le fils qu’il attend pour consolider son pouvoir. Seulement, si Anne doit devenir reine, Henri doit l’épouser et pour ce faire, il doit divorcer. Or seul le Pape peut proclamer un divorce. Le roi envoie Wolsey à Rome pour négocier. Clément VII n’accède pas à la requête du roi d’Angleterre. Anne est furieuse. Elle persuade le roi que Wosley a fait échouer le projet. Aidée par la noblesse, elle le décrédibilise aux yeux du roi. Le cardinal tente de recouvrer les bonnes grâces d’Henri VIII en lui donnant son château. Rien n’y fait. Il est arrêté pour trahison et meurt en prison des suites d’une maladie.
Henri VIII utilise les mouvements de réformes religieuses pour contester l’autorité du Pape. La Réforme lui permettrait de devenir le chef de l’Eglise et de s’accorder le divorce. Néanmoins, il ne peut agir sans risquer de déclencher une guerre civile dans un pays catholique. Il s’appuie sur Cromwell, qui pense que la Réforme permettra d’abolir les barrières sociales et de favoriser l’ascension de la bourgeoisie. Ce dernier rappelle à la chambre des communes que le roi a toujours eu la prérogative en matière spirituelle sur le royaume, mais que cette coutume a sombré dans l’oubli. Par d’habiles manœuvres politiques, il rallie la chambre à sa cause. Maintenant, Henri VIII a le soutien de son peuple et peut agir. Il rompt avec Rome et fonde l’église anglicane dont il est le chef. Le voilà schismatique et il n’hésite pas à faire taire dans le sang tout mouvement de contestation. Le roi s’approprie les biens des monastères pour renflouer les caisses de l’Etat en revendant les domaines à des bourgeois. La noblesse fulmine de voir les bourgeois acquérir les mêmes caractéristiques qu’elle.  
Après trois années de mariage, Anne Boleyn tombe en disgrâce. Elle n’a donné au roi qu’une fille, la future Elizabeth Ière. Henri VIII se demande s’il n’a pas fait une grave erreur en rompant avec Rome. Les troubles du royaume, ses maladies et l’absence d’héritier mâle ne sont-ils pas les preuves de la colère divine ? Cromwell profite de la faiblesse d’Anne Boleyn pour se débarrasser de la femme qui a contribué à la chute de son ami Wolsey. Il fait arrêter des courtisans accusés d’être les amants de la reine. Cette affaire de mœurs salit la réputation de la reine. Elle est arrêtée puis exécutée pour trahison le 14 mai 1536. Henri VIII ne veut plus entendre parler de cette hérétique qui a conduit le royaume à sa perte.


Quelques semaines plus tard, Henri VIII épouse Jane Seymour une ancienne dame d’honneur d’Anne Boleyn. Le roi grossit de plus en plus. Il mange toujours autant, mais n’a plus guère d’activités physiques, notamment à cause d’un problème aux jambes. En 1537, Jane Seymour meurt en accouchant d’un fils, le futur Edouard VI.
Cromwell suggère au roi d’épouser Anne de Clèves, une princesse allemande protestante. Le mariage est célébré sans que les époux ne se soient vus. Lorsque le roi rencontre sa nouvelle femme pour la première fois, le courant ne passe absolument pas. Il la trouve laide et inintéressante. Il est furieux contre son conseiller et annule ce mariage non consommé. Le duc de Norfolk sent que le moment est bien choisi pour se débarrasser de Cromwell. Il pousse dans les bras du roi sa nièce Catherine Howard. Le 10 juin 1540, Cromwell est arrêté pour trahison et exécuté le 28 juillet. Le même jour, Henri VIII épouse Catherine et le duc de Norfolk succède à Cromwell. L’aristocratie retrouve enfin la place qui lui incombe. En 1541, le roi découvre que sa femme entretient une liaison extra conjugale. Les deux amants sont exécutés. Malgré cette affaire, le duc de Norfolk conserve sa place. Le roi, en pleine guerre contre la France, a besoin d’un militaire expérimenté pour le conseiller. La guerre ne tourne pas à l’avantage de l’Angleterre et ruine le royaume. Cet échec militaire irrite le roi. Il se sent humilié. Une nouvelle fois, Dieu le punit. Henri VIII renoue avec le catholicisme. Seulement la situation a changé. La cour est divisée. Des nobles se sont convertis à la Réforme et la nouvelle reine Catherine Parre est protestante. Le peuple s’est également converti pour satisfaire son roi. La répression du Pèlerinage de Grâces est encore présente dans les mémoires. La Bible a été traduite en anglais. La conversion d’Henri VIII au catholicisme entraîne une nouvelle guerre civile.
En 1546, il tombe gravement malade. Il a beaucoup de fièvre et fait des crises de paranoïa. Il meurt le 28 janvier 1547. Son fils Edouard VI lui succède et Edouard Seymour, le frère de l’ancienne reine, assure la régence durant la minorité. 

Bien que répondant à des motivations personnelles, à savoir la légitimation de son titre, les actions d’Henri VIII ont bouleversé la société anglaise. Pour avoir un héritier, il a fondé l’Eglise anglicane, dont les souverains britanniques sont depuis ce jour les chefs. Pour tenir à l’écart la noblesse, il a favorisé la bourgeoisie et le rôle du Parlement. La bourgeoisie a pu, grâce à son travail et son mérite, gravir les échelons. De plus, certains bourgeois sont devenus propriétaire terriens. Ces deux aspects contribuent à l’émergence de la robe.
Sources
- Texte : Peter Chinn, Henri VIII : complots à la cour, Royaume-Uni, 2015, 56min.

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