samedi 29 novembre 2014

Histoire abrégée de la Grèce 4/4

Dans les années 1930, la Grèce se limite sur la scène diplomatique. Un pacte d’amitié est signé avec la Turquie pour tourner la page du passé et pouvoir se consacrer à la construction du pays. Les relations sont tendues avec la Bulgarie et la Yougoslavie. Le pacte signé avec l’Italie est remis en cause avec l’avancée des troupes italiennes le long de l’Adriatique.

Occupation, résistance et reconstruction (1940 – 1967)
En octobre 1940, les Italiens attaquent la Grèce, suite à leur refus de se rendre. Les Grecs parviennent à repousser leurs ennemis jusqu’en Albanie. En février 1941, les Allemands viennent au secours des Italiens. Le pays est conquis en deux mois, puis démembré. La Bulgarie s’empare de la Thrace, de Thassos et de Samothrace et mène une politique de bulgarisation de la population. L’Italie annexe les îles ioniennes. Le reste du pays est administré par les Allemands et les Italiens, qui persécutent la population et pillent le pays. Le roi et son administration se réfugient au Caire et gèrent une armée libre de 40.000 hommes se battant aux côtés des Britanniques en Afrique du Nord.
La résistance s’organise vite autour de trois mouvements l’EDES, l’EKKA et l’EAM. Ce dernier, regroupant les communistes, jouit d’un grand prestige depuis qu’il combat la restauration monarchique. Ces trois mouvements s’affrontent et d’autant plus à partir de 1943, lorsque l’Italie quitte le pays. En avril 1941, l’EAM écrase militairement l’EKKA et cantonne l’EDES à la région de l’Epire. En 1944, l’EAM forme un gouvernement provisoire et conteste la légitimité de la couronne. Les Britanniques négocient avec eux pour que la Grèce ne bascule pas du côté des Soviétiques. De 1946 à 1949, le pays sombre dans une guerre civile opposant les communistes et les libéraux. Ces derniers reviennent au pouvoir et réinstaurent une monarchie parlementaire.
Au début des années 1950, le pays est dévasté. La Grèce jouit du plan Marshall et entre dans l’OTAN en 1951. La réorganisation agricole permet au pays de devenir auto suffisant en 1958. L’Etat investit dans les industries, reconstruit une marine marchande et développe le tourisme. La région d’Athènes draine les populations. Au début des années 1960, la transition urbaine est réalisée. De 1960 à 1967, la droite (ERE) dirigée par Constantin Caramanlis dirige le pays au détriment du centre mené par Georges Papandréou et la gauche socialiste.

Le régime des colonels (1967 – 1974)
Le 21 avril 1967, des militaires effectuent un coup d’État. Georges Papadhópoulos dirige le pays, tout en gardant le roi dans ses fonctions. Les colonels éliminent toute forme d'opposition et de contestation. Des gouvernements se succèdent, afin de laisser croire que le pouvoir n'est pas détenu par les seuls colonels dont Papadhópoulos. En 1968, le colonel Aléxandros Panagoúlis tenta d'assassiner Papadhópoulos. Condamné à mort, une très forte mobilisation de l'opinion publique internationale permet d'éviter son exécution.
Le régime autoritaire est contesté dans le pays et sur la scène internationale. Les États-Unis ferment les yeux pour garder un allié dans la région face à l’Union soviétique. Les exilés politiques organisent des manifestations contre la dictature. Le 17 novembre 1973, des étudiants se soulèvent et occupent l'École Polytechnique à Exarcheia. Le régime envoie les chars pour les déloger. La population soutient le mouvement et défile dans les rues. Le roi tente un coup d’État qui échoue. Il est destitué et s’exile à Rome. La République est proclamée, mais le pouvoir reste aux mains des militaires. Le 15 juillet 1974, une organisation paramilitaire chypriote grecque, soutenue par le général Dimitrios Ioannidis, tente d'instaurer une dictature à Chypre. En réponse à cette action, les troupes turques envahissent le Nord de l'île, ce qui conduit à la partition de l’île en deux États. La tentative de coup d'État à Chypre échouée entraîne la chute de la dictature. Un gouvernement d'union nationale, dirigé Konstantinos Karamanlis se met en place.

La République et l’Europe (1974 – 2008)
Par référendum, le peuple rejette la monarchie. Une nouvelle constitution fait de la Grèce une démocratie parlementaire présidentielle fondée sur la volonté du peuple. Konstantinos Karamanlis forme un nouveau parti appelé la Nouvelle Démocratie, qui remporte les élections de 1974. De 1975 à 1981, la droite libérale de Karamanlis dirige le pays.
Karamanlis présente à la commission européenne des chiffres truqués pour obtenir l'adhésion de son pays à la CEE. Il reçoit le soutien de la France pour qui l'entrée de la Grèce de la CEE permettait d'ancrer le pays dans le camp occidental, d'affermir le jeune régime démocratique et de maintenir le statu quo avec la Turquie. Ainsi, la Grèce adhère à la CEE en 1981 et adopte le traité de Maastricht en 1992.
En 1980, Karamanlis est élu président, mais les élections législatives amènent au pouvoir le socialiste (PASOK) Andréas Papandréou. Le nouveau premier ministre mène une politique pro européenne et pro atlantiste contrairement aux lignes du parti. Malgré cela, il conserve la majorité aux élections de 1985. Il mène une politique d'austérité qui touche durement la population. Son deuxième mandat est marqué par d'importants problèmes économiques ainsi que par un certain nombre de scandales, notamment sa liaison avec une jeune hôtesse de l'air. Malgré tout, le PASOK obtient encore 39 % des voix lors des élections législatives grecques en 1989. Une commission d'enquête parlementaire se penche alors sur les accusations de corruption et d'écoutes téléphoniques illégales portées contre Andréas Papandréou, qui est acquitté en 1992. Dans un souci de transparence le procès est entièrement retransmis à la télévision grecque. En 1996, le socialiste Kóstas Simítis est élu Premier ministre en remplacement d'Andréas Papandréou qui démissionne pour raisons de santé. Il reste au pouvoir jusqu'en 2004. La droite libérale de Kostas Karamanlis remporte les élections législatives.
Arrivé au pouvoir Karamanlis termine les préparatifs pour les Jeux olympiques  Son gouvernement suit ensuite une politique largement libérale. Sur le plan économique le premier ministre Kostas Karamanlis peut s'appuyer sur de bons résultats économiques (croissance du PIB, diminution du taux de déficit public). Cependant son gouvernement n'a pas engagé toutes les réformes demandées par l’Union européenne, sur les retraites ou la privatisation. Il a dû faire face également à quelques scandales politico-financiers ayant touché son gouvernement. En 2007, des scandales politico-financiers entachent l'image de son gouvernement. En 6 décembre 2008, des émeutes durent plusieurs jours et nuits, doublées d'une grève générale pour protester contre la cherté de la vie, le chômage et la réforme des retraites. Aux élections de 2009, le PASOK, avec Géorgios Papandréou,  revient au pouvoir.

Le défi de la crise économique (2008 – 2015)
En 2008, la crise économique mondiale touche de plein fouet le pays. Son endettement atteint les 120% du PIB, son déficit atteint les 13% du PIB. Cette situation est le résultat d’un manque de transparence dans la gestion de l’économie grecque et ses difficultés à prélever l’impôt. Les financiers craignent que la Grèce ne puisse pas rembourser sa dette publique avec les intérêts de cette dette. Depuis mai 2010, la Grèce recourt à l’aide du FMI et de l’UE. La crise grecque engendre des débats houleux au sein de l’UE. La France est disposée à aider de nouveau la Grèce, tandis que l’Allemagne désire que les banques et les financiers, ayant prêté sans prendre en compte la situation du pays, soient également mis à contribution. En contrepartie, la Grèce doit mener des politiques de réduction des déficits publics et des dépenses sociales.

Sources
Texte : CONTOGEORGIS Georges, Histoire de la Grèce, Hatier, Turin 1992, 468p
Image : blogs.afp.com

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