dimanche 18 mai 2014

Guillaume le Conquérant de l’Angleterre

Au début des années 1050, Edouard le Confesseur, roi d’Angleterre, s’exile pour éviter d’être renversé par un groupe d’aristocrates pro saxons, qui reprochent au souverain de favoriser l’accès aux charges aux Normands. Le roi trouve refuge chez Guillaume, duc de Normandie, le fils bâtard de son cousin Robert le Magnifique. Edouard avait déjà trouvé refuge dans la région lors d’une invasion danoise de son royaume.
Le fils du Duc de Normandie, Guillaume, nait en 1027 à Falaise en Normandie. Sa mère, Arlette de Falaise n’appartient pas à la noblesse. En 1034, son père, à sa mort, le désigne comme son héritier. De par sa condition de bâtard, les vassaux de Robert contestent sa légitimité. Une nuit de l’année 1045, le bouffon Gohn surprend des nobles dans les couloirs du château de Valognes, fomentant le projet d’assassiner Guillaume. Il prévient le jeune duc, qui quitte Valognes. Il chevauche seul durant toute la nuit jusqu’à Falaise. Il fait appel à son suzerain, Henri Ier roi de France pour affronter les barons rebelles. En 1047, il sort vainqueur de la bataille de Val des dunes près de Caen et restaure son autorité.
Edouard, Harold le demi-frère du roi et Guillaume se lient d’amitié. Harold et Guillaume combattent ensemble en Bretagne. Lors de son séjour en Normandie, Guillaume fait jurer à Harold sur des reliques de représenter ses intérêts auprès du roi et de favoriser son accession au trône. Lorsqu’Edouard regagne son trône, il désigne Guillaume comme héritier.

Le 5 janvier 1066, Edouard meurt. Harold se fait couronner roi. Guillaume est furieux en apprenant la nouvelle. Il souhaite reprendre son trône par les armes. Néanmoins, Harold est tout aussi dans son droit que Guillaume. Le roi l’aurait désigné comme son successeur sur son lit de mort. Edouard faisait de nombreuses promesses et concessions pour conserver son pouvoir et conserver le calme parmi ses barons.
Guillaume se heurte à ses barons qui sont majoritairement hostiles à déclarer la guerre à Harold. Ils argumentent leur refus sur le fait qu’il faille traverser la mer pour combattre un chef de guerre renommé. Par ailleurs, ils n’ont pas besoin de nouvelles conquêtes puisque la Normandie leur suffit. Pour les convaincre, Guillaume les traite de couards et leur promet de nouvelles terres et de fabuleuses richesses. L’appui du pape Nicolas II convainc les ultimes récalcitrants. En avril 1066, la comète de Haley traverse le ciel. Elle est annonciatrice de grands changements.
Guillaume rassemble en baie de Somme une armée de 15.000 hommes et une flotte très importante entre 100 et 300 navires. Il s’agit d’embarcations de taille modeste ressemblant aux drakkars vikings. Les préparatifs s’étalent sur plusieurs mois. Face à l’inaction, l’ardeur des guerriers diminue. Certains menacent de rentrer chez eux. Guillaume attend que les vents et les marées soient favorables, ce qui est chose faite le 28 septembre 1066. Durant l’absence de son époux, Mathilde assure la régence. Elle est la fille du Comte de Flandres, l’un des aristocrates les plus puissants du royaume de France et descendante de l’illustre famille Carolingienne. En l’épousant en 1053, le bâtard s’allie à une haute lignée royale.

L’armée normande débarque à Pevensey dans le Sussex, sans rencontrer de résistance. Les Anglais combattent les Norvégiens dans le nord du pays. Harold sort vainqueur de la bataille de Stamford Bridge et repousse la menace viking.
Guillaume s’installe dans la petite ville d’Hastings, qu’il fortifie. Ses hommes logent dans des tentes aux abords. Lorsqu’Harold apprend la nouvelle, il fait mouvement vers le sud. Bien que ses hommes soient galvanisés, la fatigue se ressent. Cependant, il ne peut pas attendre pour livrer combat. Les engagements militaires durent deux mois et ont été pris pour combattre les Norvégiens. Pour avoir une armée en pleine forme, il aurait fallu qu’il contracte de nouveaux engagements avec ses guerriers. Cette procédure aurait pris plusieurs mois. Durant ce temps, Guillaume aurait été libre de s’implanter solidement dans le sud. Harold souhaite le rejeter à la mer sans tarder.

Le 14 octobre 1066, les deux armées engagent les hostilités. A 9 heures, les archers normands ouvrent le feu, mais sont contrés par les frondeurs anglais. Guillaume met en mouvement ses fantassins et sa cavalerie. Les lanciers et les frondeurs anglais parviennent à les tenir à distance. A 11 heures, les Normands feintent de battre en retraite. Les Anglais les poursuivent abandonnant leurs positions défensives et leur alignement. La cavalerie normande, menée par Guillaume, les attaque de flanc. Le cheval du duc est tué et Guillaume se retrouve à terre. Ses hommes le croient mort. Il retire son casque pour leur montrer qu’il est toujours vivant. Il s’empare d’un autre cheval et poursuit la charge. A 15 heures, les Anglais se sont ressaisis et ont repris leurs positions. Cependant, leur effectif a diminué. Les lanciers et les frondeurs commencent à manquer de munitions. Guillaume peut faire approcher ses archers, qui peuvent enfin tirer à leur convenance. Une flèche tue Harold. A 18 heures, les Anglais, privés de chef, se replient. La bataille d’Hasting a fait 3.000 morts côté anglais et 2.000 côté normand. Guillaume érige une abbaye pour remercier Dieu de lui avoir accordé la victoire.

Guillaume se dirige vers Londres. Sur le chemin, il autorise les pillages et les massacres dans le but de terroriser la population et soumettre la noblesse. Après un terrible siège, il s’empare de la capitale. Le 24 décembre 1066, il est couronné roi d’Angleterre dans l’abbaye de Westminster. Les gardes assurant la sécurité sont tendus. Ils craignent un attentat contre le nouveau roi. Ils incendient des faubourgs prenant les cris de la cérémonie pour une attaque. En 1068, son épouse le rejoint pour se faire couronner reine. Elle donne naissance à leur fils Henri en Angleterre. Guillaume transite sans cesse entre les deux rives de la Manche.
Guillaume construit une forteresse sur un pan de la muraille, l’actuelle Tour de Londres, afin de surveiller les Londoniens et les mouvements sur la Tamise. Pendant trois ans, il réprime dans le sang les moindres révoltes anglaises et les tentatives d’invasion écossaise et galloise. En 1072, le royaume est pacifié, après de nombreuses révoltes et guerres. Guillaume procède à l’inventaire de toutes les richesses de chacun des sujets d’Angleterre, dans le but de prélever l’impôt. Les résultats sont consignés dans un immense registre surnommé le livre du jugement dernier.

Guillaume meurt 9 septembre 1087 à Rouen des suites d’une blessure causée par une chute de cheval. Il désigne son second fils Guillaume pour lui succéder. Henri se sent lésé par cette décision et engendrera des révoltes contre son frère en Normandie.


Sources
Texte : Guillaume le Conquérant, documentaire réalisé par Frédéric Compain, France, 2013, 86min.

Image : extrait de la tapisserie de Bayeux, www.larousse.fr

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