dimanche 30 mars 2014

La Sécession et la naissance de la Confédération

Le Compromis du Missouri peut être considéré comme l’acte de naissance du Sud, en ce sens qu’il regroupe une population non pas hostile au Nord, mais vigilante quant à la défense de son mode de vie et de son organisation économique.
Le Nord et le Sud ne s’opposent pas que sur la question de l’esclavage. En 1828, le président Andrew Johnson est favorable à la mise en place de barrières douanières pour limiter les importations dans le but de stimuler les manufactures américaines. Son vice-président, John Calhoun, natif de Caroline du Sud s’oppose à cette mesure qui nuirait au Sud qui importe bon nombre de biens manufacturés du Royaume-Uni en échange de coton. Pour le Sud, cette mesure le rendrait dépendant du Nord. Calhoun met en avant le droit à un Etat de ne pas entériner ou à annuler les lois fédérales sur son territoire. Au-delà de la question de l’esclavage, le Sud revendique sa pleine et entière responsabilité.

Suite à l’élection d’Abraham Lincoln, la Caroline du Sud est le premier Etat à faire sécession le 20 décembre 1860. Elle est suivie le 9 janvier 1861 par le Mississippi, le 10 par la Floride, le 11 par l’Alabama, le 19 par la Géorgie, le 26 par la Louisiane et le 1er février par le Texas. En quittant l’Union, le Sud s’érige en Etat indépendant.
Le Sud justifie son droit de quitter l’Union, par le fait que la souveraineté des Etats a précédé la souveraineté nationale. Une fois la Constitution rédigée, les Etats ont accepté de déléguer certaines fonctions de leur souveraineté à un gouvernement fédéral sans en céder les attributs fondamentaux. Ayant ratifié la Constitution par une convention, un Etat peut réaffirmer sa pleine souveraineté de la même manière. Certains sudistes invoquent également le droit de révolution issu de la Déclaration d’indépendance, qui affirme le droit d’un peuple à modifier ou abolir le gouvernement menaçant la liberté et la poursuite du bonheur. Un officier sudiste déclare : « On était sur le point de nous retirer nos biens et nos libertés. C’était un devoir sacré que de se rebeller ». Un habitant d’Alabama ajoute : « Les Pères fondateurs n’étaient-ils pas des sécessionnistes ? »
Il existe des groupes modérés. Les ultimationnistes souhaitent présenter à Lincoln une série de requêtes comprenant une application rigoureuse de la loi sur les esclaves fugitifs, l’abrogation de lois sur la liberté individuelle, des garanties contre toute ingérence antiesclavagiste et la protection de l’esclavage dans le Sud. Si le nouveau président refuse ces exigences, le Sud n’aura pas d’autres choix que de maintenir la sécession. Les unionistes appellent à la sauvegarde de l’Union et laissent le temps à Lincoln de modérer son discours et ses actes. Ces deux mouvements constituent des minorités. En effet, la nouvelle de la sécession est accueillie avec ferveur par une large partie de la population. Personne ne pense dans le Sud qu’elle aura de fâcheuses conséquences. « Les Yankees sont trop couards pour nous attaquer » disent les journaux.
Les riches planteurs craignent que les Blancs des classes moyennes et populaires ne possédant pas d’esclaves et à qui ces principes pourraient échapper, rejettent la Sécession. Beaucoup de modérés et d’unionistes sont issus de ces franges de la population. Une campagne, prônant la défense de la race blanche, est mise en place pour les convaincre. Ainsi, le programme abolitionniste des républicains est le premier pas vers l’égalité raciale. Les Blancs des classes populaires courent le risque de devoir travailler pour des Noirs qui se seront enrichis.

Le Sud a quitté l’Union pour se préserver d’une révolution qui menaçait de détruire son système social, en se battant pour la préservation de l’esclavage et pour la possibilité de vivre hors d’atteinte d’un gouvernement coercitif et centralisé. 

Dans le Nord, le président James Buchanan refuse de reconnaitre aux Etats du Sud le droit de sécession. Le Sud va à l’encontre des idéaux des Pères fondateurs en posant comme principe l’esclavage et non la liberté. La sécession entraîne l’anarchie. Les politiciens du Nord craignent un effet domino et que l’Union se disloque en trois ou quatre confédérations. Les Etats existent parce que les Etats-Unis d’Amérique existent. Avant, les Etats n’étaient rien d’autre que des colonies britanniques.
Avant 1933, le Président élu en novembre, ne prend ses fonctions que le 4 mars de l’année suivante. Durant ce laps de temps, l’ancien président garde le pouvoir. Buchanan préfère attendre que la fièvre sécessionniste retombe, sans faire non plus d’importants compromis. De son côté, Lincoln entend faire régner la loi. Certains républicains et journalistes demeurent persuadés que la sécession n’est qu’un chantage et un coup de bluff pour faire plier le Nord. D’un ton provocateur, ils encouragent le Sud à quitter l’Union. Le Nord essaye de conserver dans l’Union, les Etats septentrionaux du Sud, où l’esclavage est moins présent. Ces derniers ne sont pas prononcés sur la Sécession, attendant de voir les efforts consentis par le Nord.

Le 4 février 1861, les sept Etats sécessionnistes se réunissent à Montgomery en Alabama. Ils rédigent une constitution, établissent un congrès et nomment un président intérimaire en attendant les élections du mois de novembre. La Confédération nait d’une volonté d’indépendance et de la nécessité pour les Etats du Sud de mettre en place une coopération active, afin de présenter un front uni face au Nord.
La constitution du Sud reprend dans sa grande majorité celle du Nord. Il n’est plus fait mention « du bien être général ». Elle affirme le caractère souverain et indépendant des Etats. Elle garantit la protection de l’esclavage dans toute la Confédération et dans ses futurs territoires. Néanmoins, l’importation d’esclaves demeure interdite. Cette mesure évite au Sud de s’attirer les foudres du Royaume-Uni principal acheteur du coton et des Etats du sud septentrional qui tirent des revenus de l’exportation d’esclaves vers le Sud profond. La constitution fixe la durée du mandat présidentiel à six ans. Il n’est pas renouvelable. Le président possède un droit de veto sur lois budgétaires. Le 9 février 1861, Jefferson Davis est nommé président intérimaire par la Convention. Il a pour vice-président un Géorgien conservateur, Alexander Stephens. Davis confie un secrétariat d’Etat à un membre de chaque Etat de la Confédération.

La ville de Montgomery est choisie comme capitale. Le 29 mai 1861, la capitale est déplacée à Richmond en Virginie. Le « Stars and Bars » est l'emblème officiel de la Confédération de mars 1861 à mai 1863. Risquant d'être confondu avec le drapeau nordiste sur les champs de bataille, il est finalement remplacé par un drapeau arborant la « Southern Cross ».

Pour son premier discours, Jefferson Davis assure que la Confédération ne souhaite que la paix et vivre en liberté. De son côté, Lincoln souhaite préserver l’Union et reprendre les biens fédéraux pris par les Confédérés (bureaux, forts, arsenaux, postes de douane).
Suite au bombardement du fort Sumter, Lincoln déclare la mobilisation. Cette décision pousse les Etats du Sud septentrionaux, qui jusqu’à présents étaient sur la réserve, à rejoindre la Confédération. La Virginie fait sécession le 17 avril 1861, puis l’Arkansas le 6 mai, le Tennessee le 7 et la Caroline du Nord le 20.


Sources
Texte :
- Mc PHERSON James, La Guerre de Sécession, Laffont, Paris, 1991, 973p.
- Logan Dooms, La sécession du Sud et l'éclatement de la guerre, publié le 29 octobre 2012, sur http://laguerredesecession.wordpress.com/
Image : wikipédia.fr

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