mercredi 24 octobre 2012

La France et son économie de 1945 à 2012

A partir de 1945 jusqu’en 1975, la France connaît une période de progrès économique et social que l’ingénieur Jean Fourastié qualifie de Trente Glorieuses. Durant cette période de pleine croissance, le PIB ne cesse de croître. La valeur du commerce augmente. Les innovations et les investissements favorisent les gains de productivité. Cette croissance économique sans équivalent se double de bouleversements dans la société.
En 1967, le sociologue Henri Mendras constate « la fin des paysans ». Avec le financement du Plan Marshall, la France importe de nombreux tracteurs des Etats-Unis et du Canada. La mécanisation, les opérations de remembrement et l’utilisation d’engrais permettent d’augmenter les rendements. La France devient autosuffisante et exporte une grande part de ses récoltes. A tel point que le pays devient la deuxième puissance agricole derrière les Etats-Unis. L’Etat intervient dans l’économie par la création d’un vaste secteur public touchant principalement les entreprises de l’énergie, comme par exemple EDF-GDF. Idem, pour Elf Aquitaine où l’Etat détient 40% du capital.
En 1957, le Traité de Rome, ratifié par la France et cinq autres pays, donne naissance à la Communauté Economique Européenne (CEE). Dans ce marché commun, les marchandises circulent librement. Le Tarif Extérieur Commun (TEC) favorise les échanges européens en taxant les marchandises importées de pays non membres de la CEE.
La seconde moitié du XXe siècle, voit le développement de la société de consommation. La hausse des conditions de vie et du pouvoir d’achat sont autant les causes que les conséquences de ce nouveau modèle économique. Consommer est un marqueur social. Les produits sont destinés, dans un premier temps, aux cadres. Les familles résident dans des pavillons en périphérie des villes remplis d’électroménager. Les loisirs, télévision, cinéma, musique deviennent des produits de la société de consommation avec la création des maison de disques et des boites de production. Le crédit facilité la consommation. Durant les Trente Glorieuses, 20 millions de compte bancaires sont ouverts. L’abolition du statut mineur en 1965 permet aux femmes d’ouvrir un compte et de disposer librement de leur argent. Beaucoup de femmes travaillent dans les banques, l’éducation, l’administration. Dans ces secteurs, contrairement aux usines, les salaires sont versés en chèque et non en espèce. Le paiement par chèque oblige à posséder un compte bancaire. A partir de 1972, les salaires sont versés mensuellement par virement. Les premiers guichets automatiques apparaissent à la fin des années 1960.

Le 6 octobre 1973, la troisième guerre israélo palestinienne éclate. L’Organisation des Pays Exportateur de Pétrole (OPEP) décide de réduire de 5% par mois la production de pétrole tant que les Israéliens ne battent pas en retraite. Le prix du pétrole augmente. Sur l’année 1974, le prix du baril quadruple. Le second choc pétrolier se déroule en 1979 dans le contexte de la révolution iranienne et de la guerre en Irak. En 1983, le prix du baril atteint 1700 F. Face à cette augmentation, la question de la dépendance énergétique de la France se pose. En effet, le pétrole constitue 70% de l’énergie. Ne disposant pas de ressource propre, la France importe la totalité de son pétrole. Le gouvernement prône la chasse au gaspillage et développe l’énergie nucléaire.
Dans la seconde moitié des années 1970, la part des ouvriers dans la population active baisse. Les usines françaises souffrent de la concurrence étrangère provenant d’Asie avec leurs usines plus rentables et plus modernes. De nombreuses usines n’ont pas les moyens financiers pour renouveler leur équipement. Par ailleurs, celles-ci se déplacent vers les littoraux autour des grands ports, là où arrivent les tankers chargés de pétrole. Cette littoralisation industrielle s’opère au détriment des bassins houillers du Nord et de l’Est. L’industrie change. Elle se tourne vers les technologies de pointe, où elle demeure performante face aux autres pays du globe. L’identité ouvrière, basé sur les valeurs du travail et du modèle hiérarchisé et collectif de l’usine, est remise en question. Les syndicats et le Parti communiste perdent de l’influence. Face à ce phénomène, le candidat François Mitterrand prône « d’acheter français ». Arrivé au pouvoir, les socialistes mettent en place une politique protectionniste jusqu’en 1983. La désindustrialisation s’opère en faveur du secteur tertiaire, qui compte 75% de la population active au début des années 1980. La tertiarisation est à mettre en relation avec le développement de la société de consommation et de loisirs.

En 2002, l’euro remplace les monnaies des pays adhérents à l’Union Economique et Monétaire (UEM) au sein de l’UE. Les Etats délèguent la politique monétaire (détermination des taux d’intérêt et des taux de change) à la Banque Centrale Européenne (BCE), une entité supranationale et indépendante. L’euro est une réponse à la mondialisation. La monnaie unique doit constituer un pôle de stabilité face au dollar et aux monnaies asiatiques.
En 2007, la crise des subprime éclate. Elle est causée par la faillite de deux fonds d’investissement appartenant à la banque Bear Stearnes, spécialisée dans les prêts immobiliers. Les clients ne peuvent plus rembourser leur crédit. Le 15 septembre 2008, la faillite de la banque Lehman Brothers fait chuter les cours de la bourse. Ceux-ci influencent les systèmes de production et augmente le chômage. Les Etats interviennent massivement en injectant de l’argent dans des plans de relance auprès des banques et des entreprises. Les plans ont atténué le choc de la crise, mais ont augmenté la dette des Etats. En 2010, la dette de la France s’élève à 8.5% du PIB, alors que l’UE fixe le taux à 3%.

L’économie française est intégrée dans l’économie mondiale. L’Etat ne dispose que d’une faible marge manœuvre. Aujourd’hui, il y a une remise en cause de plus en plus forte des anciens modèles : critique de la société de consommation et développement des thématiques du développement durable et de la croissance zéro.


source image : debuterenbourse.com

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