dimanche 15 juillet 2012

L’UNESCO : préserver les biens de l’humanité

Aujourd’hui, l’UNESCO répertorie 936 sites (villes, monuments, espaces naturels) ayant une valeur universelle exceptionnelle dans 153 pays. La liste du patrimoine mondial de l’humanité ne cesse de s’allonger chaque année.

Le projet de mettre en place une structure intergouvernementale chargée de préserver les témoignages historiques naît des suites de la Première Guerre Mondiale. Néanmoins, la construction du barrage d’Assouan à la fin des années 1950 constitue le véritable déclencheur. A cette époque, une coopération intergouvernementale se met en place afin de sauver les temples d’Abou Simbel et de Philae de la montée des eaux du lac Nasser. La section de l'UNESCO dédié au patrimoine naît à Paris en novembre 1972 et son traité est aujourd’hui ratifié par 189 pays.

Seuls les Etats ayant ratifié le traité peuvent inscrire leurs sites au classement de l’UNESCO. Le Centre du Patrimoine Mondial examine les dossiers, avant de les transférer au Conseil International des Monuments et des Sites (Icomos) pour les biens culturels et à l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) pour les biens naturels. La décision finale est prise par le Comité du Patrimoine Mondial regroupant les représentants de 21 Etats membres. Longtemps, l’Europe et l’Amérique du Nord furent surreprésentées au Comité au détriment des autres continents. Cette situation est désormais révolue par une plus ample rotation. Il faut prendre en compte le fait que la notion du patrimoine est très occidentale.

L’inscription d’un site à l’UNESCO est très prisée des Etats, car le label UNESCO attire une masse considérable de touristes venus des quatre coins de la planète et constitue des revenus économiques et des créations d’emplois non négligeables. L’Europe et l’Amérique du Nord regroupent 48% des sites répertoriés. Néanmoins, certains Etats oublient trop souvent qu’intégrer le classement de l’UNESCO sous entend préserver, valoriser et transmettre le site aux générations futures.
En ce sens, l’UNESCO identifie les sites en danger qui sont aujourd’hui au nombre de 35. Les dangers sont le fruit de catastrophes naturelles : zones sismiques, zones inondables, désertification due au changement climatiques. Ils sont également le fruit de catastrophes anthropiques : guerres, pillages, pollution, urbanisation galopante mal contrôlée, manque d’entretien faute de budget suffisant, tourisme de masse, destruction volontaire. Ces sites se situent pour la plupart en Afrique et en Asie. Citons quelques exemples : l’Italie n’a pas les moyens à elle seule de préserver la totalité de son patrimoine, le marbre du Taj Mahal ne cesse de noircir sous les effets de la pollution, les sites d’Irak, de Syrie, de Lybie ont souffert des derniers conflits, la ville ancienne de Tombouctou en terre s’érode et le sable la recouvre, Venise ne supporte plus le poids de ses 60.000 visiteurs journaliers, le sphinx et les pyramides d’Egypte se situe aujourd’hui dans la banlieue du Caire, etc…

L’UNESCO peut sensibiliser et alerter les autorités locales et internationales sur les dangers qu’encourt un site. Ils peuvent faire pression ou encourager des programmes par des subventions.
Des ONG parviennent à mobiliser des sommes plus conséquentes pour la préservation du patrimoine mondial. La World Monuments Fund (WMF) a financé la restauration de nombreux monuments dans le monde entier, tout en gardant le critère scientifique des restaurations et privilégiant les accords avec les artisans et administrations locales.

La préservation du patrimoine mondial est une lutte sans fin, d’une part, parce que les risques et dangers encourus par les sites demeureront toujours identiques et d’autre part, parce que la liste des sites à protéger ne cesse d’augmenter.


Retrouvez les pillages du patrimoine irakien sur notre site


Image : logo du patrimoine mondial de l'UNESCO
source image : wikipedia

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