mardi 13 mars 2012

Alexandre le Grand, l'Egyptien


Alexandre le Grand est une légende. Une vraie ! Et pourtant ne dit-on pas qu'une légende n'a jamais existé ? Les Grecs pensaient qu'Achille, Ulysse, Ajax étaient tout autant des légendes que des hommes qui avaient réellement existé. Alexandre ? Sa vie et son œuvre sont si extraordinaires qu’on penserait presque que son incroyable chevauchée qui le mena de Macédoine à L’Inde, n’est qu’une épopée, une fable digne d’Homère. Pourtant, à en croire les sources, si nombreuses, Alexandre a vraiment existé. Pas seulement parce que les Grecs, si géniaux et si prolifiques en histoires fabuleuses et légendaires nous le disent, mais parce que bon nombre d’autres peuples – et civilisations – l’ont rencontré et admiré. Parmi ces peuples, l’Égypte.

La comparaison est aisée : Alexandre est un roi ou un empereur universel. Le genre d'homme qui n'existe que tous les 500 ans voir tous les milles ans. Pour ma part, il y eu Sargon d'Akkad, Hammurabi, le grand Ramsès II, Alexandre – évidemment -, César, Trajan, Charlemagne, Philippe Auguste, Léonard (dans un autre registre), le roi soleil, Napoléon et Hubble ! J'en oublie certainement... qu'ils m'excusent...

On oublie assez vite qu’Alexandre a également été Pharaon et que ce titre honorifique, qui marque de son emblème des centaines de générations d’Égyptiens, compte énormément pour lui. Pas seulement pour la symbolique mais également parce que le jeune Macédonien se sent profondément attiré par cette culture millénaire. Lorsqu’il y pénètre avec son armée en 331, l’Égypte lui ouvre ses bras paisiblement sans combattre. Il arrive en libérateur des Perses et les habitants l’adoptent immédiatement comme leur nouveau souverain. Il ne manque pas d’effectuer les pèlerinages nécessaires dans les nécropoles royales de Memphis ou de Saqqarah pour rendre les honneurs à ses « ancêtres » et de faire des sacrifices aux différents dieux tel que le taureau Apis. Le clergé l'accepte et voilà un grec pharaon ! Son image incruste désormais les monuments et son profil se pare des instruments de la royauté... à l'exception de la barbe postiche ! Décidément, il n'aime pas la barbe cet Alexandre ! 

Le titre de pharaon lui offre également le statut de dieu auprès des Égyptiens. Cependant, cela n’est pas suffisant pour lui, ni pour sa mère, Olympias restée en Macédoine. Depuis l’enfance elle ne cesse de rabâcher que son fils est la progéniture de Zeus, une filiation bien avantageuse qu’Alexandre ne manque pas de rappeler et d’inscrire au nom de sa propagande : désormais il voudra être considérer comme un être divin par ses semblables ; mais peut-être le pense-t-il vraiment ? La pythie de Delphes avait, quelques années auparavant, confirmé sa réussite mais seul le grand oracle du dieu Amon à Siwah peut enfin lever le voile sur le mystère filiale d’Alexandre. Par métissage, Amon est considéré par les Grecs comme l’égal de Zeus voir la même divinité. Aussi, quand le grand prêtre de Siwah confirme – selon les dires d’Alexandre – sa filiation divine, le roi Macédonien et Pharaon d’Égypte se transforme en dieu vivant… une sorte de réincarnation d’Héraclès dont il dit descendre également.

Enfin, comment ne pas faire un parallèle évident entre Alexandre et une de ses plus grandes initiatives : la construction sur la côte méditerranéenne de la cité aux milles fantasmes : Alexandrie. Cette ville, le conquérant l’a imaginé au bord de mer, avec des dimensions grandioses et une architecture grecque. Le plan hippodamien, avec son cortège de rues à angle droit, devait devenir la vitrine du savoir-faire grecque mais aussi le résultat réussi du métissage des différentes cultures. Alexandrie serait le syncrétisme de la réussite du Macédonien !Pourtant, Alexandrie ne peut être considérée comme l’œuvre du seul et unique Alexandre. En effet, il n’y séjourne que trois mois puis confie les travaux à Dinocratès de Milet. Il n’y reviendra plus jamais mais suivra, de loin, les différents travaux. A sa mort, seule une petite partie de la ville a été construite et se sera alors à la famille des Ptolémaïdes, dynastie fondée par le général et ami d’Alexandre Ptolémée, de poursuivre les travaux. Ils bâtiront la grande bibliothèque, le phare et bien d’autres constructions qui donneront à la ville le contrôle de la Méditerranée qui deviendra dès lors le centre de la culture de l’Antiquité comme le furent avant elle Athènes ou Babylone.

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