mardi 28 février 2012

Au soleil d'Austerlitz, l'Europe devient française


Austerlitz est la plus célèbre et la plus grande bataille de Napoléon. Elle est considérée même comme une des plus grandes batailles de l'Histoire et est, d'ailleurs, régulièrement reproduite lors de commémorations. Étrangement, les officiels Français, depuis plusieurs années, préfèrent commémorer des défaites, comme celle de Trafalgar où nos politiques ont envoyé plusieurs navires représenter la France. Ne soyons pas modeste. Ce 2 décembre 1805, Napoléon mis au pas l'Autriche et la Russie, et la France devint la plus grande puissance européenne sur terre.

« Quand j'aurai donné une leçon à l'Autriche, je reviendrai à mes projets »,

Cette déclaration est de Napoléon lorsqu'il apprend, en août 1805, que les Autrichiens s'apprête, avec l'appui des Russes, à attaquer la Bavière alliée de la France. Renonçant à l'envahissement de l'Angleterre, il fait « pirouetter » sa Grande Armée du camp de Boulogne vers l'Alsace, franchit le Rhin, fait capituler le général Mack à Ulm et fonce sur la capitale autrichienne, Vienne. Après quelques jours à Schönbrunn, Napoléon remonte vers la Moravie où se sont réunies les armées des deux empereurs alliés, François II et le tsar Alexandre Ier. Lancé en flèche dans un pays qu'il lui est hostile, Napoléon sait qu'il doit maintenant obtenir une victoire rapide et surtout éclatante. A l'image d'Alexandre le Grand qui s'arrêta près de la petite ville d'Arbelès avant son succès extraordinaire sur les Perses à Gaugamèles, Napoléon arrête ses troupes près d'un petit bourg tout autant inconnu : Austerlitz.

Le génie de l'empereur va prendre tout son sens à Austerlitz. Par d'habiles feintes, il va amener ses adversaires, bien supérieurs en nombre, sur le terrain qu'il a lui-même choisi. Pour mieux les tromper, il fait demander au tsar une suspension d'armes, évidemment refusée, et feint de reculer pris de panique. Ayant évacué le plateau de Pratzen, il compte que les Austro-Russes prendront place sur ces hauteurs et tenteront ensuite de lui couper la route de Vienne. Goguenard, les Alliés croient poursuivre l'armée française pour mieux la détruire en fuite. Le mouvement prévu par Napoléon s'effectue et celui-ci, presque étonné qu'une telle ruse ait si bien dupé ses adversaires, s'écrie au soir du 1er décembre :

« Ils donnent dans le piège ; avant demain cette armée sera à moi ! ».

L'aube venue, les ennemies, descendus du Pratzen dans la plaine que recouvre un épais brouillard, attaquent en effet la droite française, commandée par Davout. Celui-ci a ordre de résister mollement pour amoindrir la ténacité de ses adversaires croyant la partie déjà gagnée. Pendant ce temps, sur la gauche, Soult s'élance à l'assaut du plateau, dont le sommet, alors, s'inonde du soleil levant. Le marteau et l'enclume sont en place : les charges françaises sont effroyables, pendant quatre heures, les adversaires tournoient, pris à revers et sous le feu incessant des canons. Enfin, ils commencent à reculer. La garde impériale russe, jugée pourtant invincible, se laisse enfoncer. En vain, Koutousov essaie-t-il de reprendre le plateau. Ses troupes se débandent et cherchent à fuir, en contre-bas, sur des étangs gelés. Napoléon fait alors bombarder la glace qui craque sous les boulets et les hommes se noient.

Vers 16 heures, c'est la victoire ! Les soldats regardent le ciel et le soleil admiratif : le soleil d'Austerlitz ! Les deux autocrates se sont enfuis et Napoléon fait servir de l'eau de vie et va pouvoir lancer un ordre du jour fulgurant : « Soldats, je suis content de vous... ». Les Alliés ont perdu 35000 hommes alors que les Français comptent 8000 morts ou blessés. Les prisonniers s'amoncellent et Napoléon rayonne : la paix de Presbourg, qui termine la campagne, dépouille les Habsbourg de leurs possessions italiennes et de certains territoires allemands. Les Russes font la paix et reconnaissent les termes du traité.

Seuls les Anglais se réjouissent d'Austerlitz. Grâce aux mouvements Austro-Russes Napoléon n'a pu envahir l'Angleterre et Nelson, bien que tué pendant la tragique bataille de Trafalgar qui se déroulait quelques temps avant Austerlitz, a fait de la Méditerranée une mer anglaise.

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