jeudi 17 novembre 2011

Cateau la Borgnesse, le premier amour de Louis XIV


Ce cher Louis XIV, roi soleil ayant illuminé l’Europe de sa puissance et sa magnificence, a également fait fondre par sa chaleur brûlante bon nombre de cœurs ardents féminins de sa cour. Pourtant les ébats de cet inconditionnel amoureux des formes et des charmes féminins n'ont pas toujours eu lieu dans les bras des femmes – que l’on imaginait – les plus magnifiques et les plus gracieuses du royaume de France. Témoin la toute première femme, à qui les ferveurs du jeune puceau de roi ont été adressées, était… une borgne !

Louis XIV a quatorze ans lorsque ses amours vont dépasser le simple stade des lutineries de l’enfance pour des amours charnels entre deux adultes consentants. Anne d’Autriche, sa mère et régente du royaume, est inquiète. Son second fils, Philippe est attiré par le « vice italien » et ne conte fleurette qu’à de jeunes jouvenceaux. Heureusement, Louis penche pour le sens inverse. Il faut néanmoins lui  faire goûter au fruit défendu  assez rapidement, et subtilement le faire tomber dans les bras de Vénus ! Un bon roi est un roi aimant et actif en plaisir. La pauvre reine-mère en sait quelque chose : épouse du très timide Louis XIII, son fils ne sera conçu qu’après vingt-deux ans d’une attente presque monastique.

A l’image des premiers amours d’Alexandre le Grand, Louis va passer entre des mains expertes. Alexandre a eu droit à une courtisane, Louis à une femme de chambre de la reine : Catherine Bellier, baronne de Beauvais, plus connue sous le nom peu flatteur de Cateau la Borgnesse. Cette femme paraît en tout point déplaisante : vieille et âgée de  quarante-deux ans ! Elle passe pour une mégère lubrique qui, au gré des rumeurs, aurait au détour d’un couloir surpris les ardeurs émoustillées du jeune prince en le « violant ». Tout excité qu’il était, Louis ne sembla pas remarquer la difformité de la baronne, pourtant contraire  à toute beauté. Si Anne d’Autriche est bien l’instigatrice d’un tel « complot », on peut s’étonner d’un tel choix. La laideur de cette femme aurait pu tout autant le dégoûter ! La suite démontrera le contraire.

Louis XIV semble même apprécier la compagnie de la « borgnesse ». A tel point même  qu’il lui rend plusieurs fois visite. Était-elle si bonne pédagogue ? Sa lubricité faisait-elle d’elle une femme si attrayante ? Quoi qu’il en soit Louis XIV deviendra, aux dires de ces dames, un remarquable amant. Notons au passage que l’aventure connut quelques rebondissements. La Baronne n’eut pas à souffrir de cette relation puisqu’elle devint propriétaire d’un hôtel particulier qu’elle fit bâtir avec des pierres pourtant réservées au Louvre. Enfin, Louis ne reçut pas les mêmes amabilités ! Dans l’année il tomba malade, atteint de blennorragie, maladie plus connue sous son appellation familière : une chaude-pisse !

Et ce ne sont que les débuts de l’immense histoire amoureuse de ce monarque !


Image: mascaron de l’hôtel de Beauvais: portrait présumé de Catherine Bellier
 

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