jeudi 1 septembre 2011

Pasteur et la découverte du vaccin contre la rage

En 1879, Louis Pasteur, surnommé par René Dubos le « Franc-tireur de la science », a découvert le principe du vaccin et ceci grâce aux vacances d’été que celui-ci s’est octroyé. Tout grand esprit a besoin de repos.

Le choléra des poules fait alors rage, depuis le printemps. Après plusieurs mois d’expériences infructueuses, Pasteur décide de se reposer et part rejoindre sa femme ainsi que toute sa famille dans sa maison de campagne.

De retour dans son laboratoire, très détendu après ses congés estivaux, il reprend avec une grande motivation ses recherches, suivant le même procédé que celui établi jusque-là. Il inocule la bactérie du choléra sur des poules. Et il attend : une heure, deux heures. Aucune poule ne meurt. L’aiguille de l’horloge tourne et tourne pendant des heures, tout comme Pasteur dans son laboratoire. Rien ne se passe. Les poules sont toujours aussi pimpantes. Le chimiste de formation, loin d’être novice en matière d’expériences scientifiques, réfléchit : « Mais que se passe-t-il donc ? Pourquoi ces poules résistent ? Jusque-là toutes les poules mouraient, une fois qu’on leur injectait une souche du choléra. ». Son esprit très aiguisé ne tarde pas à trouver la réponse à sa question. Il déduit, après maintes et maintes réflexions, que le seul élément changeant par rapport aux autres expériences est la souche, beaucoup plus vieille que les autres car restée tout un été dans le laboratoire avant qu’il ne l’utilise une fois rentré de sa maison familiale. Pasteur inocule donc une nouvelle culture issue d’une souche très récente, non seulement sur de nouvelles poules, mais aussi sur les anciennes ayant déjà reçues la bactérie altérée de la souche laissée durant tout l’été. Les nouvelles poules meurent très rapidement, alors que les autres survivent. Le résultat déconcerte plusieurs de ses condisciples et surtout le premier d’entre eux, le docteur Emile Roux. En revanche, Pasteur ne semble nullement étonné. Cette étape constitue le point crucial de son expérience et confirme ce qu’il commençait à penser : la forme atténuée de la bactérie, laissée durant l’été, a immunisé les poules et leur a permis de faire face à la version virulente du choléra, injectée dans un second temps.

A partir de cette découverte accidentelle, le « Franc-tireur de la science » établit une technique générale de vaccination applicable à toutes les maladies infectieuses, en un temps record de quatre ans. Là est la grande trouvaille du chimiste français. En effet, si Edouard Jenner (fin XVIIIe-début XIXe siècle), confrère anglais qui a très largement inspiré Pasteur, avait déjà découvert un moyen de vacciner, sa méthode restait limitée à une maladie, la variole, et était basée sur un agent immunisant déjà existant, le cowpox. D'ambition généraliste, celle de Louis Pasteur repose sur l’atténuation de la virulence du microbe responsable de la maladie (bien que le procédé varie suivant le type de microbe en cause : atténuation par vieillissement des cultures pour le choléra des poules, par passage de lapin à lapin pour l’érysipèle du porc).

C’est suivant cette méthode découverte par hasard que Louis Pasteur découvre le vaccin contre la rage quelques années plus tard, en 1885. Victor Hugo, mort cette année-là, ne disait-il pas : « Les grands artistes ont du hasard dans leur talent et du talent dans leur hasard ».


Image : Tableau d'Albert Edelfelt (1885). Louis Pasteur observant une moelle épinière de lapin contaminé par la rage en train de se dessécher dans un flacon contenant des cristaux de potasse : technique du vaccin contre la rage.

7 commentaires:

  1. c'est un tres intelligent savant qui mérite "bienfaiteur de l'humanité"

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  2. Quel âge avait-il ?.

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  3. Quel son ces oeuvre de vaccination

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  4. Zut moi je cherche la description du tableau arrière plan 1er plan etc

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