lundi 12 septembre 2011

L'odyssée de l'espace des sondes Voyager


L’exploration du système solaire par des engins automatiques, restera dans l’Histoire de l’humanité comme une des plus fabuleuses odyssées. A l’instar de Gilgamesh, Ulysse, Alexandre, Marco Polo ou de Christophe Colomb, les deux sondes Voyager1 et Voyager2 allaient révéler des mondes que les hommes regardaient dans le ciel depuis la nuit des temps. Au début des années 70, les scientifiques de la NASA avaient remarqué qu’en lançant deux sondes en direction de Jupiter, elles pouvaient aussi atteindre Saturne en rebondissant sur le champ gravitationnel de la planète géante. Mais mieux encore, toujours en utilisant cette technique de trampoline planétaire, les scientifiques américains allaient bénéficier d’un phénomène rare : l’alignement, depuis la Terre, des planètes géantes Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Une configuration qui ne se reproduit que tous les 177 ans ! Ainsi, l’exploration baptisée Grand Tour allait permettre aux deux satellites Voyager de survoler Jupiter et Saturne puis de choisir de survoler l’une Titan – satellite de Saturne - , l’autre Uranus et Neptune.

En février 1979, la rencontre entre les sondes Voyager et Jupiter fut le spectacle ininterrompu de visions extraordinaires. Autour de cette boule de gaz agitée de tempêtes, battue par les vents, les sondes allaient transmettre les premières images des lunes de Jupiter - tellement observé par Galilée - Io, Europe, Ganymède et Callisto, et en découvrir douze autres, toutes petites. Autres surprises, dans l’environnement de la planète, un anneau de fines particules couronne le globe géant.

Le deuxième épisode de cette aventure était attendu. Et les yeux de tous les curieux de la Terre braqués vers le ciel attendaient en novembre 1980, la rencontre des sondes avec le seigneur des anneaux, Saturne. Avec dix-huit satellites, un collier de plus de cent mille anneaux et une atmosphère dense, personne ne fut déçu. Par chance, la sonde Voyager ne fut pas abîmée dans son passage des anneaux : des milliers de petits cailloux gelés qui tournent autour de la planète. A présent, les scientifiques comprennent que chaque nouvelle planète sera le moment de découvertes imprévisibles. Témoin, le passage d’une des sondes près de Titan, qui cache peut-être sous une épaisse couche de glace, un océan liquide ainsi que de la vie primitive.
Janvier 1986. Après huit années de voyage et 5 milliards de km parcourus, la sonde Voyager pénètre comme une balle à plus de 18 km par seconde dans le système d’Uranus. Autour de la planète, un système d’anneau apparaît et des cinq lunes connues depuis la Terre on passe à quinze ! Toujours plus impressionnant, sur ses satellites, là où on pensait que régnait le plus grand calme et le plus grand froid, s’est développé un volcanisme de glace !

La dernière des visites, en août 1989, restera la plus émouvante : une autre planète bleue, c’est Neptune. Sa couleur est un heureux hasard car Neptune n’est autre que le dieu des océans. A 6 milliards de km, la sonde est fatiguée et ses signaux ne parviennent que faiblement à la Terre. Pourtant, le programme est resté ambitieux et tout le monde s’attend encore à l’inattendu. Dans les télescopes les plus puissants, la planète n’est qu’un point. Alors, avec des nuages blancs, un vaste anticyclone qui tourbillonne dans l’atmosphère, c’est l’image d’une planète active que les caméras de la sonde transmettent. Une nouvelle fois, la diversité est au rendez-vous avec de longs morceaux d’anneaux qui tournent autour de la planète. Et comme un symbole à cette diversité, le dernier monde survolé par la sonde, Triton – une des lunes de Neptune –, révèle des volcans, une activité tectonique et même une atmosphère !

Avant cette grande épopée, les lointaines planètes n’étaient que des points sans visage et on ne pouvait pas imaginer de volcans extraterrestres ou bien encore de météo sur Neptune ! Dans 40 000 ans, quand les deux sondes auront quitté le système solaire et survoleront leur première étoile, nul doute que notre civilisation, si elle existe encore, aura bien changé ....


Images en vraies couleurs prisent par les sondes Voyager de Jupiter

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire