samedi 3 septembre 2011

L'affaire Galilée (1ère partie)




« Et pourtant, elle tourne » murmure Galilée à la suite de son procès devant l’Inquisition, où il est obligé de renier ses convictions scientifiques sur le mouvement des planètes. Il s’agit d’une phrase mythique, mais fausse, inventée au XIXe siècle, pour montrer l’incompatibilité entre la science et la foi, dans un siècle teinté de scientisme et d’anticléricalisme. Galilée est érigé en martyr de la science. Qu’en est-il dans la réalité ?


Galilée nait à Pise, le 15 février 1564. En 1587, le jésuite allemand, Christophe Clavius, féru de mathématiques, à qui cet étudiant italien lui a dédicacé un traité sur la gravité des solides, lui obtient un poste de lecteur à l’université de Pise. Le jésuite remarque ses capacités, malgré une trop grande hâte dans le raisonnement. Il le met en contact avec le jésuite Paolo Valla, professeur du Collège de la Compagnie, travaillant sur la méthode scientifique, la physique terrestre et céleste et sur les mouvements des corps. L’influence des scientifiques jésuites sur la formation de Galilée est importante.

Au début du XVIIe siècle, Galilée étudie les mouvements des planètes et rejoint les théories de Copernic sur l’héliocentrisme. En améliorant le télescope, il se lance dans l’observation astronomique et découvre les satellites de Jupiter, les anneaux de Saturne et les phases de Vénus. Tous ses travaux prouvent la véracité des théories de Copernic et l’amène à critiquer la physique aristotélicienne, demeurant la référence. En 1611, il est nommé premier mathématicien du studium de Pise et est soutenu par Côme de Médicis, duc de Toscane. Parallèlement, il est admis à l’académie des Lynx, une élite de chercheurs, ayant décidé d’explorer librement l’univers. Ils sont parrainés par l’Eglise, dont certains membres font partie. A Rome, Galilée retrouve le père Clavius, qui l’encourage à poursuivre ses travaux.

En 1612, des professeurs de philosophie et des dominicains de Florence publient des textes contre les théories de Galilée. Toucher aux principes de physique d’Aristote, revient à remettre en cause les Saintes Ecritures. Galilée répond que la Bible n’est pas un livre d’astronomie, mais religieux. Les dominicains enrichissent en arguant le fait que les théories de Copernic, sur lesquelles s’appuie Galilée, débordent dans le domaine religieux. Ils sont rejoints par les philosophes de Pise. L’Eglise ne souhaite pas d’une nouvelle querelle, comme à l’époque de Copernic. Elle souhaite une unité au moment, où elle met en place la Contre Réforme. La Curie romaine n’apprécient pas non plus les dominicains, qu’elle juge trop virulent. Le souvenir de Savonarole est toujours présent (1).
En février 1615, le dominicain Lorini porte plainte contre Galilée, devant le tribunal de l’Inquisition. La Congrégation de l’Index innocente le scientifique. Après une nouvelle tentative avortée, les dominicains changent de stratégie. Ils portent plainte contre certaines propositions de Copernic, jugées contraires aux Ecritures. En interdisant la théorie, on attaque indirectement Galilée. Le 23 février 1616, la Congrégation de l’Index juge deux propositions coperniciennes contraires à la Bible. La sentence est ratifiée par le pape Paul V, qui refuse de déclarer hérétique la pensée de Copernic.
Trois jours après la sentence, le cardinal Bellarmin s’entretient avec Galilée, afin de le mettre en garde. Au lieu de proclamer que le soleil est fixe et que les planètes tournent autour, il n’y a qu’à présenter cette idée comme une hypothèse. Ainsi, Galilée pourrait continuer ses recherches et faire taire ses détracteurs. Lors de cette entrevue, le commissaire de l’Inquisition souhaite que Galilée signe une injonction personnelle, qui viendrait à lui interdire à parler du système de Copernic. Le cardinal défend le scientifique, en rappelant que le pape n’a jamais demandé cela. Galilée ne signe pas le papier, qui n’a donc aucune valeur juridique.




Galilée reprend ses travaux en suivant les conseils du cardinal, mais son tempérament ne calme pas ses ennemis. Pire, il s’en crée d’autres. En 1620, il publie un traité sur les comètes. Pour lui, elles ne sont qu’un phénomène visuel de la haute atmosphère et de ce fait, n’existe pas réellement. Le jésuite Orazio Grassi affirme le contraire. En 1623, Galilée publie un pamphlet contre Grassi et l’argumentation scolastique. Le texte bien que drôle, est méchant et violent. Grassi ridiculisé dans toute l’Italie, est fou de rage. Lui qui soutenait Galilée, ne comprend pas pourquoi une telle haine envers lui. Peu à peu, Galilée s’attire les foudres des jésuites. Cependant, Rome continue de le soutenir. Le nouveau pape Urbain VIII est favorable aux scientifiques. Il est ami avec Galilée. Ils ont travaillé ensemble à l’assainissement des eaux du lac de Trasimène. Fort de cet appui, Galilée se sent en position de force.




Affaire à suivre....

1 : voir l'article sur Savonarole



image : Galilée instruisant Vincenzo Viviani : peinture de à Tito Lessi


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