jeudi 23 juin 2011

La basilique d'Avioth (Meuse)





A quelques kilomètres de la frontière belge, au nord du département de la Meuse, une immense église se dresse dans le paysage. La petite commune d’Avioth est connue pour cette célèbre église gothique édifiée durant le Moyen Age et inscrit aux monuments historiques depuis 1840. En 1993, le pape Jean-Paul II élève l'église au rang de basilique. L’Eglise reconnait ainsi un pèlerinage remontant au XIIe siècle.

A cette époque, une statue de la Vierge est découverte sur le site de la future église. Cette dernière semble posséder des vertus miraculeuses, puisqu’elle aurait permis la résurrection temporaire d’enfants mort-nés, afin de leur permettre de recevoir le baptême. Très vite des pèlerins se rendent sur les lieux. De nos jours, ce pèlerinage existe encore. Tous les ans, le 16 juillet, de nombreux Lorrains, Belges et Luxembourgeois se rendent à Avioth pour prier et participer à la procession.

L’instauration du pèlerinage, ainsi que l’autorisation accordée par le comte de Chiny pour l’organisation de foires, amènent des personnes et des revenus à Avioth. Une église doit être construite.
Selon la légende, le bailli reçut l’ordre du comte de construire un édifice digne de la Vierge Marie. Il parcourut la région à la recherche d’un tailleur de pierre. Aucun d’entre eux ne voulait accepter un tel chantier. Le bailli ne savait plus à qui s’adresser. Un soir, un homme étrange lui proposa de construire son église avant le chant du coq en échange de son âme. Le bailli ne prenant pas au sérieux cet homme, accepta. Il se rendit sur le chantier. L’homme dirigeait une armée de démons qui bâtissaient l’édifice. Le bailli comprit qu’il avait passé un marché avec le diable. Il courut en sa demeure et pétrifié, raconta son histoire à sa femme. Le chantier avançait à grande vitesse. Satan allait poser lui-même la dernière pierre, lorsque le coq se mit à chanter. C’était la femme du bailli qui était allé le réveiller, et l’avait fait chanter avant l’heure. Furieux, le diable jeta la pierre dans la Thonne et transforma tous les démons en gargouilles de pierre. Le bailli garda son âme et avait fait construire son église. La pierre manquante fut enfin ajoutée en 1993.

Les recherches archéologiques ont démontré que la construction de la basilique d'Avioth s'étend sur trois phases. Les étages inférieurs des tours et les bas-côtés datent du XIIIe siècle. Le chœur et la sacristie sont bâtis au siècle suivant. Enfin, la dernière période de travaux se déroule de 1375 à 1400. Elle est marquée par la fusion entre la partie occidentale et la partie orientale de l'édifice.

Sa pièce maitresse demeure sans conteste la petite chapelle accolée au cimetière jouxtant le monument. Dressée sur une plate-forme de quelques marches, haute de quatorze mètres, elle mesure quatre mètres de diamètre. Elle est hexagonale, portée par des colonnes rondes et par une niche, qui contenait une reproduction de la Vierge miraculeuse. Au-dessus des colonnes, un linteau sculpté porte des ouvertures, couronnées d’un arc et d’un pinacle. L’édifice est voûté d’ogives. Au sommet, une balustrade ajourée entoure une flèche de pierre ornée d’un fleuron. A cet endroit, le curé exhortait les fidèles à prier pour les morts et donnait des bénédictions. A partir du XVIIe siècle, elle prend son nom actuel de Recevresse, indiquant le lieu où sont déposées des offrandes.
Le portail est orné de 70 figures et d'une représentation du Jugement dernier. La façade occidentale est flanquée de deux tours. Au sommet de cette façade se tient un magnifique médaillon circulaire groupant huit têtes. Les sept figures grimaçantes représentent très probablement les sept péchés capitaux. Elle désigne ainsi l'âme élue qui a su résister aux tentations, placé au centre de ce cercle.
La basilique recèle plusieurs trésors, parmi lesquels une sculpture en bois de Notre-Dame d'Avioth posée sur un trône de pierre, qui domine quatorze autres statues polychromes, ainsi qu'une chaire décorée Renaissance de 1538. Cette dernière, dont la pierre est finement sculptée, porte encore les traces de couleurs.

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