vendredi 15 avril 2011

Les Nancy Hart : Amazones de la guerre de Sécession

Le 17 avril 1865, le colonel nordiste Oscar Lagrange, approche d’une ville de Géorgie qui coïncidence amusante s’appelle Lagrange. Soudain, l’avant-garde aperçoit un groupe de quarante femmes armées et prêtes à se battre. L’une d’elle leur intime l’ordre de s’arrêter. Intrigué par le rapport de ses hommes, Lagrange se rend sur les lieux. Ne souhaitant pas ouvrir le feu sur des femmes, il préfère négocier.


Une des femmes s’avance vers le colonel. Il s’agit de Nancy Morgan, le capitaine des Nancy Hart, une milice militaire constituée en 1863. Tous les hommes valides ayant rejoint l’armée confédérée, il ne reste à Lagrange que les femmes, les enfants et les personnes âgées. Craignant pour leur sécurité et leurs biens, les citoyennes décident de former une milice armée. Cette initiative apparaît d’autant plus cruciale, qu’en 1865 l’armée confédérée est en pleine déroute. Les troupes de l’Union parcourent les Etats du Sud, afin de mettre un terme à la guérilla sudiste, n’hésitant à piller tout sur leur passage. Le groupe prend pour nom les Nancy Hart en hommage à une figure féminine de la révolution américaine. Au XVIIIe siècle, les Américains luttent pour leur indépendance. Un jour, Nancy Hart voit arriver dans sa ferme de Géorgie, un petit groupe de soldats britanniques cherchant de la nourriture. Elle envoie discrètement sa fille chercher son père et sert un repas aux Britanniques. Lorsque l’attention des soldats se fait moindre, elle s’empare de leurs armes, abat deux hommes et tient en respect les autres jusqu’à l’arrivée des renforts. Les Nancy Hart sont dirigées par Nancy Morgan, qui s’octroie le grade de capitaine. Elle est secondée par ses trois lieutenants Mary Heard, Alie Smith et Andelia Bull. Les quatre femmes font régner une discipline stricte et organise leur milice comme une troupe militaire. Elles peuvent compter sur le soutien du docteur Ware, un médecin militaire, qui en raison d'un handicap physique, a été incapable de faire le service sur le terrain. Ce dernier leur apprend à se servir de fusils et les entraine au combat.

Nancy Morgan dit au colonel Lagrange, qu’elle n’a aucune intention d’attaquer les Fédérés. Néanmoins, elle l’avertit que sa troupe est prête à se battre jusqu’à la mort, pour défendre leurs maisons. L’officier est admiratif du courage de ces femmes. Il aurait dit à son lieutenant : « Les Nancy Hart pourraient sans doute utiliser leurs yeux avec un meilleur effet que leurs armes ». Il promet que ses soldats ne pilleront pas la ville. En échange, il souhaite pouvoir la traverser sans danger. L’accord est conclu. Les Nancy Hart conduisent les troupes fédérées jusqu’à Lagrange. Pendant que les soldats prennent une pause. Nancy Morgan invite le colonel à déjeuner. Un autre pacte est passé à cette occasion. Les troupes fédérées reçoivent l’autorisation de détruire la tannerie, les entrepôts de coton et les dépôts ferroviaires, bâtiments stratégiques de la ville. En échange, le colonel autorise les prisonniers confédérés originaire de la ville à passer quelques heures avec leurs épouses. Le lendemain, l’armée nordiste quitte la ville sudiste de Lagrange. Aucune destruction, ni aucune victime n’est à dénombrer.


Bien que de nombreuses femmes aient pris les armes pour se défendre ou cacher des soldats confédérés, les Nancy Hart demeurent un exemple exceptionnel. En effet, elles forment un groupe très organisé, discipliné et bien entrainé au combat. De plus, elles sont la première compagnie féminine de la guerre de Sécession. En ce sens, elles précèdent la Women's Army Corps (WAC) de la Seconde Guerre mondiale de 80 ans.


image : Aquarelle de Ken Hamilton intitulée La Confrontation. Le commandant confédéré Parkham (en gris) présente Nancy Morgan au colonel Lagrange

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