dimanche 12 décembre 2010

Prisonnier de guerre



En 1861, les dirigeants tant nordistes que sudistes, sont convaincus que la guerre sera de courte durée. Ce n’est pas le cas et rapidement le nombre de prisonniers croit. Les deux armées doivent faire face à une situation imprévue. Les prisons d’Etat et les forts abandonnés ne suffisent plus. Des camps de prisonniers sont construits à la hâte. Dans les premières années de la guerre, l’échange des prisonniers est de mise. Ceci engendre des temps de détention assez court. Néanmoins, à partir de l’enrôlement des Noirs dans les armées du Nord, cette pratique cesse. De ce fait, de nombreux prisonniers doivent être gardés pour toute la durée du conflit, engendrant le développement des camps de prisonniers.

Le plus tristement célèbre de ces camps, demeure celui d’Andersonville établie en Géorgie par les Sudistes.
Créé en février 1864, le camp d’Andersonville est prévu pour accueillir un maximum de 10.000 prisonniers, sur une surface de 8 hectares. Six mois plus tard, il en compte plus de 33.000 enfermés et sa surface est doublée. Le camp est bâti sur un sol marécageux et dépourvu de toute zone d’ombre. Durant certaines semaines de l’été 1864, plus de cent prisonniers meurent par jour, pour cause de déshydratation et d’insolation. Les prisonniers ne possèdent aucun abri et doivent en fabriquer eux mêmes avec leurs propres moyens. Pour ce faire, ils ramassent des bouts de bois, des toits de tente, couvertures et divers bout de tissu. Le camp est entouré d’une vaste palissade et d’une clôture de barbelés. Entre les deux, se situe une zone appelée la limite. Chaque prisonnier découvert à cet endroit est abattue sans sommation par les sentinelles.
Les prisonniers sont sous alimentés. Le ravitaillement ne suit pas et arrive toujours en quantité insuffisante. A cela s’ajoute la qualité médiocre de la nourriture, faute de combustible et de batterie de cuisine en bon état. L’approvisionnement en eau potable devient pollué et insuffisant à cause de la surpopulation. Les maladies sévissent, notamment la dysenterie et tuent des centaines prisonniers. Leurs corps sont enterrés dans des fosses. De plus, ils ne reçoivent aucun soin médicaux, aucun équipement. Enfin, ils doivent également faire face à leurs congénères. Un groupe surnommés les voleurs s’attaquent aux autres prisonniers, afin de leur soutirer de la nourriture et des vêtements. Ces bandes parviennent parfois à prendre des armes. Au total, 25% des prisonniers d’Andersonville n’en sont pas revenus vivants.

Dans le Nord, l’opinion percevait Andersonville comme un coup monté pour assassiner les prisonniers. Le camp est le symbole de la barbarie sudiste et renforce la conviction du Nord, de se battre pour la liberté. Après la guerre, une commission militaire de l’Union se réunit. L’officier dirigeant le camp, le capitaine Henry Wirz est reconnu coupable de « meurtres en violation des lois et coutumes de la guerre » et exécuté le 10 novembre 1865. Il est le seul condamné de la Guerre de Sécession, pour crime de guerre. Durant le conflit, le gouvernement confédéré rejette la faute sur le gouvernement fédéral ayant mis un terme en refusant de renégocier les conditions d’échange. Le Nord n’est pas non plus en dehors de toute critique, mais les conditions de vie sont un peu moins atroces que dans le Sud. Le camp d’Elmira New York considéré comme l’équivalent d’Andersonville dans le Nord, dispose de baraquements pour loger les prisonniers dans une superficie plus grande. Néanmoins, il convient de préciser que la situation économique du Sud à partir de 1864 est désastreuse et que le gouvernement confédéré peine déjà à ravitailler ses propres soldats, ainsi que la population. Aujourd’hui, l’emplacement du camp d’Andersonville accueille un musée dédié aux prisonniers de guerre.

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