mardi 28 décembre 2010

2010 l'année de Neandertal.


Neandertal a-t-il été anéanti ou bien assimilé par l’homme moderne ? Telle est la question des archéologues et des paléontologues. 2010 a été une année riche en découvertes et en annonces qui ont laissé le monde scientifique pantois.


Jusqu’à présent, Neandertal (du nom de la vallée allemande du même nom), cet homme eurasiatique, qui avait vécu entre 250000 et 28000 av. notre ère, aux arcades sourcilières prononcés, avait tout de l’homme primitif. Sa découverte au milieu du XIXe siècle rebute les scientifiques du fait de son anatomie plus épaisse que la notre. Le paléontologue français Marcellin Boulle en fait une description erronée qui restera pendant longtemps attaché à ce qu’il considérait comme une « sous-espèce ». En effet, Neandertal était alors considéré comme un chasseur, mangeur de viande, une brute occupant des grottes et qui n’avait pas survécu à l’arrivée de l’homme moderne, l’Homo Sapiens, c’est à dire nous. Plus intelligent, l’homme moderne qui avait quitté l’Afrique vers 40000 av. notre ère aurait exterminé Neandertal.


Tout semble avoir changé aujourd’hui. D’un point de vue social d’abord, ont à découvert depuis les années 1960 que Neandertal était également intelligent, qu’il avait l’usage de la parole et qu’il se paraissait d’artifices, de parures ou de maquillage. Il cuisait sa nourriture et mangeait aussi des végétaux et des graines (découvertes récentes en Belgique et en Irak). Il avait également conscience de la mort: Neandertal est le premier homme à généraliser l’usage de la sépulture, preuve qu’il réfléchissait à l’au-delà.


Mais alors comment a-t-il disparu ? Épidémie ? Bouleversement climatique ? Extermination ? Toutes les hypothèses ont été avancées. L’archéologie, encore une fois aidée de son fidèle allié la génétique, allait émettre une hypothèse nouvelle et bouleversante. En 1998, une sépulture d’un jeune garçon dont le squelette montre des similitudes à la fois néandertaliennes et modernes est découverte au Portugal. D’autres découvertes en Roumanie montrent les mêmes similitudes. Un vif débat oppose ceux qui font l’hypothèse d’une assimilation et ceux de la supplantation.


En 2010, le séquençage partiel de l'ADN nucléaire néandertalien démontrerait un métissage ancien entre les hommes de Neandertal et les humains anatomiquement modernes. En d’autres termes, Sapiens et Neandertal se sont accouplés et de ce fait se sont assimilés, donnant naissance à une incroyable hétérogénéité en Europe et en Asie. Ainsi, l’homme eurasiatique – pas africain - possède en lui un patrimoine génétique de 1 à 4% néandertalien.


Des recherches sont toujours en cours mais jusqu’aux prochaines découvertes et hypothèses nous avons tous quelques choses en nous de néandertalien !

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