mardi 23 novembre 2010

William Quantrill

William Clarke Quantrill est né en 1837 à Dover dans l’Ohio. Il est le fils de Thomas et Caroline Quantrill. Comme son père, il devient instituteur dans sa ville natale, puis dans l’Illinois et l’Indiana avant de s’installer dans l’Utah, où il apprend le poker. Il devient joueur professionnel, ce qui lui octroie une rémunération plus importante que l’enseignement. En 1959, il déménage à Lawrence dans le Kansas. Tout en exerçant son métier d’instituteur et de cuisinier pour une compagnie des chemins de fer, il continue le poker. En 1861, accusé de meurtre et de vol de chevaux, il doit quitter précipitamment la ville.


Lorsque débute la Guerre de Sécession, William Quantrill s’engage dans l’armée confédérée. Ne supportant pas la discipline militaire et faisant preuve d’un esprit d’indépendance, il n’y reste que quelques mois. Par la suite, il rejoint un groupe de partisans esclavagistes. Rapidement, il s’impose comme leur chef et recrute des hommes. Il appelle sa troupe les Quantrill’s raiders harcelant les soldats de l’Union. Pour ses services, il reçoit le grade de capitaine. Mais très vite, les choses dégénèrent. La bande sème le chaos dans les Etats du Kansas et du Missouri, pillant, volant et tuant tous ceux s’opposant à eux, tant civils que militaires. Quantrill s’entoure de criminels et les considère comme ses lieutenants. On peut citer les frères James (Jesse et Franck), Cole Younger et William Anderson qui scalpe ses victimes. En avril 1862, les Etats unionistes les déclarent hors la loi et leurs têtes sont mises à prix.
En août 1863, le général Thomas Ewing se rend à Lawrence et fait arrêter les épouses et les sœurs des membres de la bande de Quantrill. Ces dernières approvisionnaient les pillards en armes, munitions et vivres. Décidé à se venger des habitants l’ayant chassé en 1861, Quantrill rassemble 450 hommes et attaque la ville. Dans la nuit du 20 au 21 août 1863, la bande de Quantrill massacre les deux pelotons des soldats de l’Union postés dans la ville, fait plus de 150 victimes civiles, et incendie la moitié de la ville. A la suite de ce massacre, le général Ewing ordonne l’évacuation des quatre comtés du Missouri limitrophes au Kansas, ce qui comprend dix mille personnes.
Traqué, Quantrill se réfugie au Texas. Il continue de piller les villes, alors qu’ils se trouvent dans les Etats esclavagistes. Le gouvernement confédéré lui retire la reconnaissance officielle de la qualité de combattant. Il est contesté par certains de ses lieutenants. Franck James, Cole Younger et William Anderson le quittent et retournent au Kansas avec plusieurs hommes. Le général nordiste McCulloch finit par l’arrêter, mais Quantrill parvient à s’échapper. Avec la douzaine d’hommes lui restant, il remonte vers le Nord.



Après la guerre, il fomente le projet d’assassiner Abraham Lincoln. Arrivé au Kentucky, il apprend la mort du président. Le 10 mai 1865, il est surpris par l’armée dans une ferme proche de Louisville. Quantrill blessé, est fait prisonnier. La balle logée dans sa colonne vertébrale, le paralyse. Il meurt en prison le 6 juin 1865. A sa mort, il lègue sa fortune obtenue illégalement à sa maîtresse Kate King. Celle ci ouvre une maison close à Louisville, qui connaît un vif succès.


William Quantrill est le plus tristement célèbre chef des bandes de franc tireur, de la Guerre de Sécession. Il montre à quel point, cette guerre oppose davantage des peuples que des armées régulières. Dans le Nord, des milices civiles voient le jour prêtant main forte à l’armée. Dans le Missouri les Jayhawkers dirigés par le sénateur John Lane combattent celle de Quantrill, se livrant aux mêmes massacres contre ceux considérés comme esclavagistes.

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