dimanche 7 novembre 2010

Le Panthéon : une église laïque

En 1744, Louis XV tombe gravement malade à Metz. Dans ses prières, il invoque Sainte Geneviève pour sa guérison. Remis de sa maladie et de retour à Paris, il promet aux chanoines la reconstruction de leur vieille église dédiée à la patronne de Paris. L’architecte Jacques Germain Soufflot est choisi par le roi pour réaliser ce travail. En 1765, il dessine un plan en croix grecque. Il cache les contreforts derrières des terrasses, élève un dôme à 83 mètres au dessus du sol. Ce dernier est entouré à l’extérieur d’une rotonde de 32 colonnes.



Le Panthéon est à l’origine une église consacrée à Sainte Geneviève. Les peintures décorant les murs rapportent la vie de cette femme, réconfortant et guidant les Parisiens, lors du siège de la ville par Attila. Cette dimension religieuse est renforcée par le déroulement de la vie de deux autres saints : Saint Louis et Jeanne d’Arc. Deux personnalités revêtant une grande importance pour la France monarchique.

La Révolution désirant marquer l’existence d’une nouvelle ère, détourne le Panthéon de sa fonction première. L’édifice est désormais destiné à recevoir les cendres des grands hommes à dater de l’époque de la liberté, c'est-à-dire à partir de 1789. Le choix de ces hommes est laissé au corps législatif. L’article deux du règlement stipule qu’aucun membre de ce corps ne peut faire une demande d’intronisation pour lui ou l’un de ses confrères.
Le choix des personnes intronisées au Panthéon varie en fonction des projets politiques des régimes successifs. La Ière République la décerne pour ceux ayant sacrifié leur vie à la défense de la patrie. Napoléon Ier souhaite conforter son régime en l’inscrivant dans la continuité de la révolution. Il intronise les grands fonctionnaires de l’Etat, qu’ils soient civils, militaires ou religieux. La IIIe République, se définissant comme la république du sacrifice et du talent diversifie l’origine des personnes enterrées. Le Panthéon sert à marquer en permanence la reconnaissance de la nation pour tout citoyen ayant mérité de la patrie, par sa vie, son œuvre ou sa mort. Ainsi outre des militaires, des écrivains (Hugo, Zola, Dumas), des scientifiques (Pierre et Marie Curie), des hommes politiques (Jaurès, Carnot) et des intellectuels (Louis Braille) y sont enterrés. Plus récemment, l’intronisation de Jean Monnet sous la présidence de François Mitterrand, symbolise l’implication de la France comme moteur de la construction européenne.

Le visiteur peut contempler les 68 tombes présentes dans la crypte du Panthéon réparties en différents caveaux. Les tombes sont d’une grande sobriété et ne dénotent que par les fleurs qui peuvent y être déposées. Néanmoins, les tombes de Voltaire et de Rousseau présentent une exception. Tout d’abord, elles se différencient par leur structure et leur riche décoration. Ensuite, avec Descartes, il s’agit des seules personnes dont l’œuvre se situe avant la Révolution.
Outre les tombes des grands hommes de la Nation, le visiteur peut admirer le pendule de Léon Foucault réalisé en mars 1851. Selon un principe simple ayant un rapport avec la force de Coriolis, il est possible de contempler la rotation de la Terre.






Le Panthéon est un monument ambigu, dans lequel se mêlent ferveur républicaine et religieuse. La sculpture représentant la Convention nationale se situant en dessous de l’image du Christ et de la Vierge illustre cette ambigüité. Le bâtiment sert à la fois de lieu de mémoire pour la Nation française, mais aussi de recueillement et de mausolée.

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