vendredi 7 novembre 2014

Histoire abrégée de la Grèce 1/4

La préhistoire
Les premières traces de peuplement dans la péninsule datent de 600.000 ans. L’agriculture arrive de Mésopotamie à partir de -7000. Les Grecs se spécialisent dans la culture de l’olivier et de la vigne. La poterie et le travail des métaux, notamment du cuivre, se développent vers -3000. Les villages fortifiés regroupent des maisons circulaires.

La civilisation cycladique (-3200 / -2000)
Les îles des Cyclades connaissent un essor grâce au développement du commerce maritime. Elles font la jonction entre la péninsule et le Moyen-Orient. La géographie insulaire favorise l’émergence de petites cités indépendantes plutôt qu’un État centralisé. Les Cyclades sont à l’origine du modèle social, basé sur la liberté et l’individualité, qui se développera dans toute la Grèce.
L'agriculture repose sur les céréales, la vigne et l'olivier. L'élevage se concentre sur les chèvres et les moutons et quelques porcs. Il y a très peu de bovins. La pêche complète les ressources alimentaires. Ces domaines demeurent quasi identiques de nos jours. Le bois, plus abondant qu'aujourd'hui, permet la construction des charpentes et des navires. Les îles de Naxos et Paros exploitent des carrières de marbre.

La civilisation minoenne (-2000 / -1450)
Vers -2000, la Crète supplante les Cyclades en termes de puissance. Les Crétois s’implantent sur les routes maritimes cycladiques et y greffent leurs contacts avec l’Égypte et la Sicile. De plus, l’île est à l’abri des invasions qui secouent l’Europe. L’essor du commerce crée une classe moyenne composée d’artisans et de marchands. Les palais sont le symbole de la concentration des pouvoirs voulue par les Crétois pour se protéger des puissances extérieures. Les relations entre les chefs locaux semblent pacifiques et fondées sur la collaboration. Un roi les fédère.
Entre -1500 et -1450, l’empire du roi Minos s’impose sur tout le bassin méditerranéen. L’île produit un art raffiné qui transparaît par ses palais et ses fresques. Les Crétois inventent leur propre écriture le linéaire A. Cette écriture se complexifie pour donner naissance au linéaire B, pouvant nommer des notions. Les peuples de la péninsule l’adoptent pour leur propre usage. La réalisation de grands travaux indique que les Minoens ont mis en place une division du travail et disposent d'une grande quantité d'ouvriers.
Vers -1450, la Crète perd son hégémonie. De nos jours, les historiens ont écarté la thèse d’une catastrophe naturelle. L’île doit faire face à Mycènes, la puissance montante de la péninsule, pour le contrôle des zones commerciales. Cette situation engendre des luttes armées et une déstabilisation des importations de matières premières. Des troubles éclatent en Crète qui causent la destruction des palais royaux.

La civilisation mycénienne (-1450 / -1200)
La civilisation mycénienne est un mélange des peuplades de la Grèce continentale. La société mycénienne, d’origine agricole, s’est formée au fil des conquêtes militaires. Ce passé forge une culture de la sécurité qui glorifie l’image du héros combattant. Les murailles, dites cyclopéennes du fait de leur grande taille, prouvent l’aspect sécuritaire. La société repose en partie sur le servage qui n’existe pas dans les îles. Elle copie et adopte le système palatial, l’écriture, l’architecture et l’art crétois. Le roi gouverne entouré des autres aristocrates. Le peuple ne prend pas part aux affaires politiques.
A partir de -1350, Mycènes établit des comptoirs commerciaux sur toutes les côtes de la Méditerranée. Des poteries à figure peintes ont été retrouvées. La culture mycénienne se diffuse dans le monde égéen, qui connaît pour la première fois une certaine unité culturelle.
La guerre de Troie se déroule dans ce contexte de contrôle des routes commerciales. Bien que victorieuse, Mycènes s’est affaiblie économiquement. Les tensions politiques sont exacerbées. Les Doriens, issus du Nord de la Grèce envahissent le territoire mycénien sans rencontrer une grande résistance. Les couches populaires rejettent le système palatial. La culture mycénienne se désagrège progressivement. Ses caractéristiques se perdent. Les cultures qui se développent après l'effondrement de la civilisation mycénienne sont moins ouvertes sur l'extérieur. Leurs élites sont moins riches et leur organisation socio-économique est moins complexe.

Les âges obscurs (-1200 / -875)
L’effondrement de la civilisation mycénienne débauche sur une période d’obscurantisme. La Grèce disparait de la scène internationale. La péninsule ne produit plus d’écrits. Les structures politiques et sociales se désagrègent. Une société agraire repliée sur elle-même subsiste. L’administration et la justice sont à la charge d’aristocrates formant des principautés indépendantes. Bien que morcelée politiquement, la Grèce conserve une unité culturelle au travers de la langue et de la religion.

L’époque archaïque (-875 / -510)
Au –VIIIe siècle, une nouvelle écriture phonétique supplante le linéaire B. Elle nait des échanges commerciaux avec les Phéniciens. Simplifiée, elle se répand plus facilement dans les couches sociales. Les Grecs recommencent à commercer et à rogner sur les routes phéniciennes. Ces derniers s’étaient engouffrés dans le vide laissé par les Grecs. La renaissance du commerce favorise le développement d’une bourgeoisie marchande et artisanale, qui favorise un nouvel essor urbain et monétaire. L’aristocratie participe également aux activités économiques. Les esclaves servent de main d’œuvre dans les mines.
Les Grecs sortent de leur péninsule. Les colonies méditerranéennes et de la Mer noire permettent de donner de nouvelles terres aux élites et aux paysans et ainsi d’éviter les guerres civiles. Ils s’installent dans le Sud de l’Italie (Syracuse), de la France (Marseille), de l’Espagne, en Afrique du Nord et en Asie mineure. Ils concurrencent les Phéniciens en Occident et les Assyriens en Orient. La péninsule et ses colonies constituent un vaste ensemble culturel et économique, qui se différencie des autres, des barbares. Ainsi pour la première fois, tous ses habitants se sentent grecs sans pour autant vivre dans le même État.
L’époque archaïque voit apparaître les cités états. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Il y a tout d'abord le facteur démographique, puisque le –VIIe siècle connaît une explosion démographique. Les facteurs religieux suivent. Les cultes servent à marquer l'existence d'une communauté. Les cités décident de se choisir une divinité propre, mineure pour le reste du monde grec, mais qu'elles considèrent comme leur bienfaitrice. Enfin, la naissance de la cité grecque est parallèle à l'évolution des techniques militaires. Une nouvelle manière de combattre apparaît, qui vise à opposer deux régiments d'infanterie lourde. Ces régiments sont les phalanges hoplitiques. Le but de l'hoplite est de rester dans sa ligne et d'avancer avec les autres. Cette nouvelle formation interdit les comportements individuels et exige qu'un plus grand nombre d'hommes participe au combat. Tous les Grecs ne vivent pas en cité. Ceux du nord n'ont pas intégré immédiatement la notion de cité.

L’époque classique (-510 / -340)
En -510, les Spartiates aident les Athéniens à renverser le tyran Hippias. Le roi de Sparte, place au pouvoir Isagoras. Clisthène, son rival, soutenu par la classe moyenne, parvient avec l'aide des démocrates à s’emparer du pouvoir. Il dote la cité d'institutions isonomiques (tous ont les mêmes droits) et instaure l'ostracisme. La démocratie s'exprime dans le dème qui devient l'élément civique de base. Les citoyens exercent le pouvoir par l'Assemblée (l'Ecclésia), encadrée par un conseil de 500 citoyens choisis au hasard, la boulè.
Au –VIe siècle, le roi perse Cyrus soumet les cités grecques d’Asie mineure. Dans un premier temps, celles-ci accueillent bien le nouvel envahisseur qui leur donne accès aux marchés du Moyen-Orient. De plus, elles conservent une certaine autonomie. Darius conquiert les détroits de l’Hellespont et du Bosphore pour protéger sa frontière avec les Scythes et au passage s’accaparer les routes commerciales au détriment des cités grecques. Par ailleurs, le roi perse favorise les Carthaginois dans le commerce africain. En -493, les cités grecques se révoltent contre l’alourdissement des taxes et l’évolution tyrannique du pouvoir perse. La révolte ionienne est matée. Darius envisage de conquérir les îles égéennes et de s’en servir comme zone tampon. La première guerre médique débute en -492. Les Grecs repoussent les Perses lors de la bataille de Marathon. Lors de la seconde guerre médique, le roi Xerxès affronte la ligue de Corinthe dirigée par Sparte. Les Perses forcent les défenses spartiates aux Thermopyles avant d’être battus à la bataille navale de Salamine en -480, non sans avoir détruit l'acropole d'Athènes. Périclès la reconstruira avec l'architecte et sculpteur Phidias. Grâce à cette victoire, le prestige d’Athènes et de sa politique maritime sont renforcés face à la politique terrestre de Sparte. En -479, les Grecs sont à nouveau victorieux lors de la troisième guerre médique. Ils s’emparent de Byzance, libèrent la Thessalie. En -449, le traité de Suse amène la paix. Les Guerres médiques constituent le premier moment d’union de la Grèce. Ses habitants s’unissent contre un ennemi commun pour défendre des valeurs communes.
Athènes et Sparte sont les deux plus puissantes cités de la péninsule. Sparte avec son système oligarchique domine le Péloponnèse. La région lui fournit les ressources nécessaires pour vivre. Athènes, avec son système démocratique, mise sur le commerce maritime en développant le port du Pirée. Elle aide les cités d’Asie mineure et les îles égéennes pour s’assurer des alliés et contrôler les routes commerciales. Athènes est une cité plus ouverte que Sparte. Ses alliés et elle se regroupent dans la Ligue de Délos, du nom d’une île des Cyclades. Dans les faits, Athènes exploite cette alliance pour servir ses intérêts.
En -433, Corinthe, alliée de Sparte, perd des territoires, dont Corfou, au profit des Athéniens. Cet évènement est le déclencheur de la guerre du Péloponnèse, qui se déroule de -431 à -404. La suprématie sur la Grèce est en jeu. Dans un premier temps, les deux armées s’affrontent directement. Athènes, forte de sa flotte, assure un blocus. L’expédition militaire en Sicile est un désastre. Sparte demande l’aide des Perses en échange des cités grecques d’Asie mineure. Les Perses détruisent la flotte athénienne, tandis que les Spartiates assiègent la cité, qui finit par se rendre. Périclès meurt de maladie durant le siège. Athènes connaît une période d’instabilité. La tyrannie remplace la démocratie quelques temps.
La cité de Thèbes agrandit son empire par la place laissée par Athènes. En -371, les Spartiates sont battus à Leuctres. La domination de Sparte est mise à mal. Athènes se méfie de la puissance thébaine. Elle noue une alliance avec ses anciens ennemis. A partir de -364, aucune cité n’a les moyens de s’imposer, alors qu’au Nord, la Macédoine prend davantage d’ampleur.
L’époque classique est d’une grande richesse intellectuelle et artistique. L’absence de roi chapeautant tous les domaines et d’un clergé imposant sa vision de l’univers explique ce bouillonnement intellectuel. Pythagore et Thalès élaborent des théorèmes encore enseignés de nos jours. Socrate, Platon et Aristote sont les pères de la philosophie. Hérodote et Thucydide font de l’histoire une étude des faits et des événements contemporains. Hippocrate prône l’analyse logique des symptômes. Archimède étudie les masses. Aristophane rédige des pièces de théâtre toujours étudiées au XXIe siècle.


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