jeudi 2 février 2012

La Tour Eiffel : la naissance d’une grande dame

Dans les années 1880, la IIIe République est enfin installée. Elle profite des fruits de la Révolution industrielle, synonyme de progrès technique se reflètant dans l’architecture métallique. En 1889, la France accueille l’exposition universelle, qui coïncide avec l’anniversaire du centenaire de la Révolution française. Il ne peut y avoir plus beau symbole pour cette république, qui se considère comme universelle et apportant les lumières de la civilisation au monde entier. Le gouvernement a l’idée de bâtir, pour cette occasion, un gigantesque phare devant mesurer 300 mètres, soit mille pieds de haut.

Emile Nouquier et Meurice Euchelin, deux ingénieurs travaillant pour Gustave Eiffel, dessinent une pyramide métallique au style très épuré. Ils présentent leur projet à leur patron, qui ne s’enthousiaste pas devant ces dessins. Néanmoins, ils reçoivent l’autorisation de poursuivre leur recherche. L’architecte Sauvresse rejoint les deux hommes pour améliorer le projet qui finit par plaire à Eiffel. Néanmoins, ce dernier perçoit davantage les intérêts économiques et le prestige liés à une telle construction, au moment où le président Jules Grévy signe le décret de l’exposition universelle.
En bon homme d’affaire qu’il est, Eiffel sait pertinemment qu’une bonne idée ne suffit pas. Il faut encore la vendre et faire taire la concurrence. Il se rapproche d’Edouard Locroy, ministre du commerce et commissaire général de l’exposition. Eiffel argumente sur le fait que la tour est un symbole de progrès et qu’il sera possible d’y installer une station d’observation météorologique.
Locroy éprouve une grande sympathie pour Eiffel. Il rédige le cahier des charges en pensant à son ami. Le monument souhaité doit être une tour de fer à base carrée, autant dire qu’elle correspond quasiment en tout point au projet d’Eiffel. Par ailleurs, avant même que ce projet soit adopté, Locroy bloque 1.5 millions de francs sur les 6.5 nécessaires à la construction de la tour. La question de l’emplacement du monument se pose. Certains proposent le Mont Valérien afin qu’il soit bien vu, d’autres qu’il enjambe la Seine. Finalement, l’esplanade du Champs de Mars est choisie.

En 1887, le projet d’Eiffel est choisi et Sauvresse est écarté. Le journal Le Temps publie une pétition, signée entre autre par Alexandre Dumas ou Guy de Maupassant, contre cette tour défigurant le visage de Paris. Pendant ce temps, Eiffel trouve les financements nécessaires pour débuter son chantier. Toutes les pièces sont fabriquées dans les ateliers de Levallois, puis acheminées à Paris pour y être assemblées tel un véritable jeu de construction. Jugeant les conditions de travail trop dangereuses les ouvriers sont mécontents, ce à quoi Eiffel répond : « le travail est identique à deux cents mètres qu’à cinquante mètres ». D’ailleurs, le chantier est un modèle de sécurité. On ne déplore que la mort d’un seul ouvrier. La tour est achevée dans les temps au bout de 27 mois.
Puis se pose la question du nom. Après les propositions de Tour de la Révolution et de Tour de l’Industrie, c’est finalement le nom de Tour Eiffel qui est retenu. C’est une magnifique publicité pour l’ingénieur français. Des laboratoires s’installent au sommet.

La tour Eiffel doit être démontée, car la concession n’est valable que jusqu’en 1910. Elle est renouvelée pour 70 ans. De nos jours, plus personne ne songe à détruire le monument qui symbolise Paris et la France à travers le monde.


Source image :
Futura-sciences.com

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