vendredi 13 janvier 2012

Nabta Playa, le premier calendrier

La préhistoire regorge d'inventions fascinantes qui ont fait de nos ancêtres des hommes à part entière : des homo sapiens, des hommes savants. L'actualité archéologique et les études sur les populations préhistoriques connaissent chaque année de grands rebondissements et des découvertes qui ont su faire évoluer notre perception de ces âges obscurs où, malheureusement, l'homme n'écrivait pas. La première préoccupation de ces êtres en âge de comprendre l'univers qui les entourait fut de domestiquer le temps ; chose primordiale lorsque l'on est nomade. Aussi, grâce à des milliers d'années d'expériences et d'observations, nos ancêtres savaient se fier aux étoiles, à la lune et au soleil. Cela leur permettait d'anticiper l'arrivée des bonnes et des mauvaises saisons, la pousse de telles ou telles graminées sauvages ou bien encore le déplacement des troupeaux vers des régions plus accueillantes. Mais il y a un tournant à tout : l'homme décida un jour de poser ses bagages ! C'est ainsi, qu'aux alentours des XIe – Ve millénaires, parallèlement à la sédentarisation et à la domestication des plantes – autrement dit l'agriculture – les hommes ont inventé sans doute l’outil le plus primordial à son développement – après le feu – à savoir le calendrier.

De quand date le premier calendrier ? L'archéologie semble avoir trouvée la réponse en plein désert, à l'extrême sud de l’Égypte, à l'ouest d'Abou Simbel, sur le site de Nabta Playa. Là-bas, le sable et la chaleur a remplacé la quiétude d'un climat plus tempéré où vivaient des hommes et des femmes il y a plus de 8000 ans. Les archéologues ont découvert des traces d'une occupation qui s'échelonnerait entre le Xe millénaire et 2500 av. notre ère. Le fait le plus remarquable, outre les tessons de poteries et les traces d'une agriculture balbutiante, a été la mise au jour du plus ancien calendrier du monde connu. La datation n'est pas révélatrice de son temps d'utilisation car le carbone 14 prévoit une marge d'erreur de plusieurs siècles ! Il daterait donc des environs du Ve millénaire, soit 1000 ou 2000 ans plus anciens que le très célèbre Stonehenge. Les archéologues l'ont retrouvé intact, tel qu'il avait été laissé (abandonné?) six ou sept millénaires plus tard ! Celui-ci se compose en un cercle de petites pierres – très rudimentaires - de 4 mètres de diamètre et un axe délimité par deux « portes » qui montraient le lever du soleil au solstice d'été pendant cette période. L’intérêt pour ce solstice était primordiale pour les habitants puisqu'il marquait le début des pluies et rythmait ainsi les récoltes.

La découverte de multiples tumulus abritant des restes humains et animales ainsi que des mégalithes tendraient à formuler l'hypothèse que Nabta Playa a été un lieu de rencontres et de cérémonies religieuses qui se serait progressivement sédentarisé (lieu de passage?). Une étude approfondie pourrait, pourquoi pas, démontrer que des « centres religieux » fleurissaient ainsi dans tout le Proche et Moyen-Orient pendant le néolithique comme à Göbekli Tepe en Anatolie. Malheureusement, la mauvaise – pour ne pas dire l'absence totale – de politique de conservation du site pendant plus de vingt ans ont dégradé à jamais Nabta Playa.

Les archéologues ont pendant longtemps mis en avant l'invention de l'agriculture comme étant la base même de la civilisation en oubliant trop souvent cet organigramme qu'est le calendrier. Il permit aux hommes d'anticiper les récoltes, l'arrivée ou le départ des animaux et surtout il a structuré la vie quotidienne. Plus tard, Sumériens et Égyptiens bâtiront la base de leurs fabuleuses civilisations sur un calendrier moderne. En effet, ils divisèrent le temps en secondes, minutes, mois et années permettant ainsi de mener des politiques agricoles, administratives, diplomatiques et guerrières structurées... en avance sur le temps !    

Aparté : Le site de Nabta Playa doit sa renommée aux ufologues et aux théoriciens des « anciens astronautes » qui ont beaucoup écrit sur le fameux calendrier. Une de leurs thèses consiste à démontrer que nos ancêtres doivent leur connaissance à une intervention extérieure plus qu'à leurs observations et leurs expériences.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire