mardi 1 novembre 2011

Fontaine, j'aime boire tes vers

Jean de la Fontaine est aujourd’hui l’un des auteurs français le plus connu et le plus lu à travers le monde. Toutes les générations connaissent par cœur des vers de ses fables. En revanche, sa vie est moins connue du grand public.


Jean de la Fontaine nait à Château Thierry, le 8 juillet 1621. Son père, Charles, occupe une charge de maître des eaux et forêts, l’équivalent d’un contrôleur forestier, chargé de surveiller toutes les activités liées à l’exploitation du bois. Sa mère, Françoise Pidoux, est la fille d’un bailli de Coulommiers. Elle a douze ans de plus que son mari et possède un fils d’un premier mariage.

La Fontaine poursuit son instruction au collège de Reims, où il se lie d’amitié avec François de Maucroix, qui sera poète et chanoine de Reims. Les deux hommes resteront amis toute leur vie. La Fontaine ne montre aucune ambition. Il préfère placer ses plaisirs avant sa carrière professionnelle. Ses parents le destinent à une carrière ecclésiastique et le placent chez les oratoriens. Celui-ci ne se plait pas dans la vie religieuse. Il se passionne davantage pour les lettres, que pour la théologie. Il passe son temps à lire les poètes et dramaturges antiques et à courir les jupons. Son père le convainc d’entamer des études de droit. Jean de la Fontaine s’inscrit à l’université de Paris. Il y retrouve son ami François de Maucroix, avec lequel il rejoint la Table Ronde, un club de poète.



A l’âge de 25 ans, sous la pression de son père, il épouse Marie Héricart. Elle fête son quatorzième anniversaire, mais présente l’avantage d’être la nièce du procureur général du Parlement de Paris. Après avoir obtenu son diplôme de droit, il achète une charge de maître des eaux et forêts à Château Thierry. Sa femme lui donne un fils, prénommé Charles. La Fontaine ne s’intéresse guère à sa femme, ni à son fils. François Maucroix se charge de l’éducation du petit Charles. En 1654, La Fontaine publie son premier ouvrage, L’Eunuque, comédie en cinq actes, adaptée d’une œuvre de Terence, un poète latin. A la mort de son père, en 1658, il divorce et retourne vivre à Paris.

Grâce à ses contacts chez les juristes parisiens, il se rapproche de la cour de Nicolas Fouquet, le surintendant des finances de Louis XIV. Jean de la Fontaine lui dédie plusieurs poèmes, dont Adonis. Ses écrits plaisent beaucoup à Fouquet, ressentant dans cet auteur un grand potentiel. A Vaux le Vicomte, Jean de la Fontaine mène la vie dont il rêvait. Entretenu financièrement, il se consacre entièrement à la littérature. Il se lie d’amitié avec Jean Racine. Sa vie idyllique s’estompe avec l’arrestation de Fouquet en 1663. Jean de la Fontaine rédige plusieurs odes à Vau le Vicomte, ce qui lui vaut la haine de Colbert, le nouveau surintendant des finances et du roi. Il suit son oncle Jannart à Limoges, avant de rentrer à Château Thierry. Grâce à la duchesse de Bouillon, il obtient une charge de gentilhomme servant auprès de la duchesse d’Orléans.

Ainsi, Jean de la Fontaine revient à Paris. Il fréquente les salons et rédige de nombreux poèmes. En 1668, il publie le premier volume de ses fables. Le public apprécie ces textes mettant en scène des hommes et des animaux, servant à montrer la bestialité de l’être humain et à critiquer la vie mondaine. Ensuite, il compose en collaboration avec Lully un opéra, qui ne rencontre aucun succès. Ses contes sont censurés, car jugés trop licencieux. Il est vrai que certains sont très érotiques, pour ne pas dire plus. En 1673, la Duchesse d’Orléans meurt. Jean de la Fontaine se retrouve endetté. Il vend sa charge de maîtres des eaux et forêts et sa maison de Château Thierry. Marguerite de la Sablière l’accueille et le soutient financièrement. La Fontaine publie le deuxième volume en 1678 et le dédie à Madame de Montespan.


En 1684, il est élu à l’Académie Française. Il se rend à Versailles pour remercier le roi, qui n’a toujours pas pardonné le soutien apporté par l’auteur à Fouquet. Au moment de rendre son hommage au roi, La Fontaine se rend compte qu’il a oublié le texte de son discours. Louis XIV rétorque d’un ton dédaigneux : « Ce sera donc pour une prochaine fois. »


En 1692, il publie le troisième volume des Fables, avant de mourir le 13 avril 1695, après s’être repenti de sa vie licencieuse et ses écrits anticléricaux auprès de l’abbé Pouget.


Image : Portrait de Jean de la Fontaine par Rigaud

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