Le Saviez-Vous? Quand l'Empereur Commode est assassiné dans son bain

La nuit du 31 décembre 192 apr. J.-C., le palais impérial est plongé dans une tension suffocante. Commode, satisfait, se retire dans ses appartements après un banquet où il a, une fois encore, humilié les sénateurs et planifié son triomphe du lendemain. Il se rêve en nouvel Hercule, prêt à se présenter devant Rome non pas en empereur, mais en gladiateur, un outrage que la classe dirigeante ne peut plus tolérer.

Dans l’ombre, un complot se trame. Son amante Marcia, le chambellan Éclectus et le préfet Laetus, effrayés par sa folie croissante, ont décidé d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Tandis que Commode savoure son vin, Marcia lui tend un plat de viande empoisonné. Mais l’empereur, robuste et méfiant, vomit le poison, échappant ainsi à une mort silencieuse. Paniqués, les conspirateurs n’ont plus d’autre choix que d’opter pour une solution plus brutale.

Dans les vapeurs chaudes de sa salle de bains, Commode, encore étourdi par le vin et l’effet du poison, se prélasse dans son bain. C’est alors que Narcisse, un esclave et ancien lutteur, surgit. Sans un mot, il bondit sur l’empereur, lui enserrant le cou de ses mains puissantes. D’abord, Commode se débat, cherchant à se libérer, mais son corps affaibli ne tarde pas à céder. Ses bras frappent l’eau, projetant des éclaboussures sur les dalles de marbre. Ses râles s’étouffent sous la poigne implacable de Narcisse, qui maintient son emprise jusqu’à ce que l’empereur ne soit plus qu’un corps inerte flottant dans l’eau tiède.

Ainsi s’éteint Commode, le dernier des Antonins, dans la solitude d’un bain transformé en tombeau. Au matin, Rome se réveille sans empereur, basculant dans une période de chaos et de guerres civiles, marquant la fin d’un âge d’or et le début d’une ère bien plus incertaine. Aujourd’hui, Commode incarne le tyran décadent par excellence, un despote mégalomane plus soucieux de ses jeux de gladiateurs que du destin de son empire. Popularisé par des récits antiques souvent exagérés et par le cinéma, notamment dans Gladiator, il est l’archétype du souverain dépravé dont la folie a précipité la chute. Mais derrière cette image, certains historiens tempèrent son règne, rappelant que son administration, bien que corrompue, permit malgré tout à Rome de se maintenir encore quelques années avant de sombrer dans la crise.

Source: Suétone, Les douze Césars 

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