mercredi 2 mars 2011

Attila devant Paris et la légende de Sainte Geneviève

Le légendaire Attila. Roi des Huns, peuple turco-mongol, a égrainé sa réputation de chef sanguinaire à travers tout le Ve siècle. Appelé « le fléau de Dieu », on dit de lui que là où son cheval passe, l’herbe ne repousse pas ! Sanguinaire, brutal ? Il est vrai qu’Attila vit surtout de ses conquêtes et « se paye » sur le pillage des régions qu’il envahit. Laissant, ça et là, les rumeurs et la propagande à son encontre se propager, le roi des Huns, impose un tribut aux divers royaumes et empires d’alors, notamment les empires romains d’orient et d’occident. Cependant, voilà qu’en ces années 450-451, Constantinople refuse de lui verser son tribut et, pour une fois, est prêt à se battre. Difficile décision à prendre. Attila est un guerrier qui joue sur la peur pour vaincre ses ennemies. Aussi, prudent, il décide de ne pas chercher querelle plus longtemps aux romains d’orient et part avec ses troupes trouver fortune vers l’ouest : vers l’autre empire romain et plus particulièrement l’ancienne Gaule, la future France. Cette terre riche en agriculture appartient à l’empire romain depuis le Ier siècle av. notre ère, après la conquête de Jules César, la fameuse « Guerre des Gaules ».


451, Attila franchit le Rhin et pille déjà Metz, Reims et Troyes. Progressant rapidement vers l’ouest, le voilà aux portes de l’ancienne Lutèce : Paris. Là, commence la légende de sainte Geneviève. Pauvre petite bergère, elle décuple le courage des parisiens lorsqu’elle exhorte, en arpentant les rues, la population à ne pas fuir et au contraire de résister. Galvanisés par les dires de cette pauvresse, les parisiens ne fuient pas et sont prêts au siège. Pendant ce temps, Attila approche. Ses éclaireurs lui rapportent la nouvelle : la population parisienne ne fuit pas et veut combattre. Les mêmes doutes qui avaient envahi Attila devant Constantinople le reprennent. Va-t-il encore une fois faire volteface ? Il prend la décision de ne pas attaquer et prend la direction de la ville d’Orléans, qui elle, il en est certain, est transie de peur !


L’histoire reprend le pas sur la légende. Paris ne figurait pas dans les plans de conquêtes d’Attila. Simple petite bourgade, elle n’offrait aucun attrait prestigieux ou économique. Orléans, plus vaste et plus riche, l’intéressait plus. Sous l’impulsion de son évêque, Saint Aignan, les différents peuples barbares de Gaule – Francs, Burgondes, Wisigoths et Alains – s’allient sous le commandement du général romain Aetius et défont les Huns le 20 juin 451 au Campus Mauriacus (champs Catalauniques). Attila fuit finalement avec son armée en lambeau vers le Danube à l’est.


La légende de l’héroïcité des habitants de Paris a été construite postérieurement pour donner à la capitale de la France une légitimité historique. En provoquant le doute chez les Huns, Sainte Geneviève et les parisiens sont les fondements de la chute d’Attila en Gaule.


Et Sainte Geneviève ? Elle a bien existé. Mais elle n’était pas bergère mais une nonne amassant des vivres pour soutenir le siège. Malgré tout, l’histoire est belle !

1 commentaire:

  1. Vous confondez deux sièges sur le dernier paragraphe. Sainte Geneviève a apporté des vivres lors du siège de Childéric. Ce n'était pas lors du siège d'Attila. Et si je puis me permettre, sans aucune agression de ma part, ce n'est pas parce qu'une histoire est belle, qu'elle n'est pas vraie. A mon humble avis, Attila ne recherchait pas la richesse en soit, mais il aimait à faire peur. Peut-être en effet, qu'en voyant les lutécien prêt à se battre, il s'est senti en danger. Mais il avait une immense armée, certains disent 500 000 hommes. Je n'affirme pas ce chiffre, mais je pense qu'ils indiquent qu'il avait tout de même une armée considérable. L'attaque de Lutèce aurait probablement réussie.

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