mercredi 26 janvier 2011

Basile II, le dernier grand Basileus byzantin.

Basile II (860 – 1025) n’est pas le plus connu des empereurs byzantins (basileus). Le passant, dans la rue, n’hésitera pas à vous citer fièrement Constantin et Justinien, obscurs empereurs dont il ignore tout mais dont les noms lui rappellent avec nostalgie ses cours de 5e. Pourtant, à défaut d’avoir réformé en profondeur l’empire ou donné à sa capitale son nom (Constantin nomme Byzance, Constantinople), Basile II a défendu et agrandi considérablement l’empire, stoppant net l’avancée furieuse de la conquête du tout jeune et puissant royaume bulgare.


Depuis le VIIe siècle, l’empire Byzantin mène un combat sur deux fronts : les Balkans contre les bulgares et l’Orient contre l’Islam. L’Anatolie, à l’est de l’imprenable forteresse que représente Constantinople, est le théâtre de la résistance acharnée des byzantins pour enrayer les incursions islamiques. Antioche et la Crète repassent même sous le contrôle de Constantinople.


Le règne de Basile marque alors l’apogée territorial et culturel de l’empire byzantin à l’époque médiévale. Contenant les Fatimides, entre paix et quelques raids victorieux jusqu’à Alep, Basile II concentre toutes ses forces sur la puissance montante de l’époque : la Bulgarie. Les premiers heurts sont à l’avantage des Bulgares (989 – 1001) et de leur chef Samuel Ier. Basile II parvient finalement à contenir leur avancée en Thessalie et va pénétrer dans le royaume bulgare et le ravager. Néanmoins, il faut attendre la bataille de Kleidion en 1014 pour voir le Basileus triompher des Bulgares. De cette victoire on lui donne le surnom grec de Basileios Bulgaroktonos : le tueur de Bulgares. Un surnom qui lui sied finalement beaucoup : l’empereur fait crever les yeux des soldats survivants et renvoie les 15 000 Bulgares aveugles à leur chef conduits par un borgne épargné pour cent aveugles. Devant l’arrivée de cette troupe, Samuel meurt d’une attaque cérébrale. L’empire redevient alors une grande puissance crainte et respectée.


Dans le domaine religieux, Basile II a considérablement augmenté l’aire d’influence du christianisme: avec la conversion de la Russie au rite grec, l’empire byzantin acquiert un grand prestige spirituel dans le monde slave et rayonne de nouveau sue le monde méditerranéen.


La fin du règne est malheureusement désastreuse pour l’avenir de l’empire. A l’apogée de sa puissance, Basile II profite de sa situation militaire pour recentraliser tous les pouvoirs autour de sa personne alors que ses prédécesseurs avaient délégué une partie de leur autorité à des familles magnats dans les provinces et surtout en Anatolie. Basile laisse donc un empire qu’il a su pourtant rendre puissant en proie à des distensions politiques dont il ne s’en remettra pas. La période des Croisades s’ouvrira bientôt, mais Constantinople résistera aux musulmans autant qu’aux croisés encore quatre siècles jusqu’à sa chute définitive en 1453.

2 commentaires: