vendredi 24 décembre 2010

La peinture du XVIIe entre baroque flamand et classicisme français



L’école flamande de peinture date de la fin du XIVe siècle. Les pionniers sont les frères Van Eyck. L’un des deux Jean, abandonne les formes typiques de l’école allemande, pour privilégier la nature, qui devient le cadre de toutes les scènes. Aux figures isolées et symétriques, Jean de Bruges préfère les mouvements, au fond d’or, les perspectives du monde visible.





Au XVIe siècle, l’école romaine prend une ampleur considérable. Le gout nouveau pour l’Antiquité et les guerres d’Italie contribuent à diffuser dans toute l’Europe les canons esthétiques italiens. Le voyage dans la péninsule italique devient obligatoire pour les artistes. L’école flamande perd de son originalité en recopiant les modèles italiens. Il faut attendre l’arrivée de Rubens pour que l’école flamande retrouve tout son éclat. Secondé par un atelier important, il produit un très grand nombre d’œuvre, dans des genres variés. Il permet la diffusion de l’art flamand à l’échelle européenne.
La foire de Saint Germain des Prés est un lieu de diffusion de la peinture flamande. La moitié de la production d’Anvers se retrouve à Paris. Les artistes et commanditaires français prennent gout. Ainsi sous le règne d’Henri IV et la régence de nombreux artistes flamands, tels Rubens ou Frans Snyders reçoivent des commandes émanant parfois du pouvoir royal. Ils excellent dans les portraits, les paysages, la peinture historique et les scènes animalières. La peinture religieuse est moins présente. Il faut l’influence des Provinces Unies devenues protestantes. Obligés de se mettre au gout du jour, les artistes français adoptent le style flamand.



Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, la peinture française se détache du modèle flamand et érige son propre modèle, sous l’impulsion de Nicolas Poussin. Ils s’inspirent des modèles italiens, qui recherchent la perfection et la beauté à travers des sujets nobles tirés de l’Antiquité grecque et romaine. Les peintres français cherchent à faire triompher la raison sur les désordres de la passion. La composition et les dessins priment sur la couleur ou le ressentiment. L’œuvre picturale, si elle peut régaler la vision, doit surtout conduire à une réflexion ou à une méditation morale et poétique. Ce modèle rencontre la consécration lorsqu’en 1648, l’Académie royale de peinture et de sculpture récemment fondée, le préconise. Nicolas Poussin, devenu premier peintre du roi, forme en autre Charles Le Brun qui travaillera à Versailles.



A la fin du XVIIe siècle, l’école flamande décline. En effet, les Pays-Bas (actuelle Belgique) sont parcourus par les guerres menées par Louis XIV contre l’Espagne et les Provinces Unies. De nombreux artistes quittent leurs pays pour se réfugier à Paris, Rome ou Amsterdam. Un renversement s’opère à l’échelle européenne. Dorénavant, la France dicte ses modèles. Le classicisme français constitue une école riche en talents, soutenus par une institution, qui est elle-même soutenue par le pouvoir. Les flamands travaillant sur les chantiers royaux, s’imprègnent des nouvelles tendances et techniques développées à Paris.
La peinture française du XVIIe siècle, après s’être imprégnée de l’école italienne et flamande, est parvenue à se détacher et à imposer son propre style influençant les autres.

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