mardi 6 décembre 2016

JeuneSSe


"L'avenir appartient à celui qui contrôle la jeunesse". S'appropriant ce slogan, les nazis tournent très tôt leurs attentions sur la jeunesse. Les adultes sont trop imprégnés des fausses valeurs du vieux monde. Il convient de débarrasser les enfants de l'héritage humaniste et judéo-chrétien pour revenir à l'identité germanique originelle. Ils formeront les futurs adultes du nouvel ordre nazi. Dans Mein Kampf, Hitler expose ses principes pédagogiques : éducation à la dure, vie en communauté, réduction des matières intellectuelles au strict minimum en faveur du sport. Il vante les mérites de la boxe comme moyen éducatif.

En 1926 lors du congrès du NSDAP, les jeunesses hitlériennes sont créées sur le modèle des SA. Tous les jeunes de 4 à 18 ans peuvent s'inscrire. Le parti finance toutes les activités. Son chef, Baldur von Schirach s'inspire des principes du scoutisme initié au Royaume-Uni : vie en communauté, confrontation avec la nature, discipline et sport. Von Schirach ajoute l'apprentissage des techniques de survie, la pratique intensive de la randonnée et des rudiments idéologiques. Le port de l'uniforme, ainsi que l'existence de grades et d'une hiérarchie préparent l'enfant à la vie militaire.
En 1936, trois ans après l'élection d'Hitler, l'adhésion aux jeunesses hitlériennes devient obligatoire. La loi stipule que : " la jeunesse allemande tout entière doit, en dehors de l'école et du foyer parental, être éduquée physiquement, intellectuellement et moralement au sein des jeunesses hitlériennes, afin de servir le peuple et la communauté." L'école prodigue des cours de langue, de biologie et d'histoire. Les jeunesses hitlériennes dispensent l'enseignement idéologique, qui se compose de la biographie du Führer, de l'histoire du NSDAP, d'une initiation aux problèmes contemporains et de l'histoire de l'Allemagne et de la race allemande.
Les jeunesses hitlériennes sont un vivier dans lequel puisent les SS et les Napolas (Institut d'Education Nationale Politique). Il s'agit d'une grande école formant les futurs cadres de l'Etat, dotée d'un internat à la pédagogie très dure et où les pratiques de bizutages sont autorisées. Les familles considèrent les Napolas comme un vecteur d'ascension sociale. La sexualité est encouragée même hors mariage. Il faut se libérer des anciennes lois morales et procréer. Les enfants nés hors mariage ne posent pas de problème. Il existe des structures pour l'accouchement. De plus, si l'enfant est de bonne race, l'Etat prend en charge son éducation.

En 1944 et 1945, des unités issues des jeunesses hitlériennes jouent un rôle important dans les derniers combats. Des enfants et des adolescents mènent des actions de guérilla derrière les lignes ennemies. Lors du siège de Berlin, ils défendent les rues de la capitale jusqu'au dernier moment.

Sources
Texte : CHAPOUTOT Johann, "Têtes blondes et croix gammée", Historia, n°827, novembre 2015, pp44-49.

Image : http://edwige.roland.pagesperso-orange.fr/

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