jeudi 24 janvier 2013

Potauto Ier Wherowhero : premier roi maori

En 1769, le navigateur britannique James Cook est le second européen à se rendre en Nouvelle Zélande. Il cartographie une large part des côtes. A la fin du XVIIIe siècle, des baleiniers, des chasseurs de phoque et des marchands s’installent sur l’archipel. Ces derniers commercent avec les nombreuses tribus y vivant et passant leur temps à se combattre. En échange de matières premières comme le bois, les Européens vendent aux Maoris des armes à feu. L’introduction des mousquets change peu à peu les conflits néo zélandais.

C’est dans ce contexte que nait Wherowhero dans les années 1800. Il est le fils de Rauangaanga, chef de guerre des tribus Waikoto et de Parengaope, fille du chef des Ngati Koura. Ce mariage marque la fin des hostilités entre les Ngati et les Waikoto alliés aux Maniopoto. A l’âge de vingt ans, Wherowhero se remarque par ses exploits militaires. A la tête de trois milles guerriers Waikato et Maniopoto, il enlève plusieurs camps fortifiés aux Ngati Toa, l’une des principales tribus de Nouvelle Zélande.
Dans les années 1830, les missionnaires chrétiens gagnent de l’influence dans les différentes tribus. Wherowhero les écoute et se rend régulièrement à l’office, bien qu’il refuse de se faire baptiser. Les religieux exhortent le chef à la paix. Wherowhero accepte d’entamer les négociations avec Raupahara. La guerre tourne à l’avantage des Waikoto, mais Wherowhero apprend que ses ennemis ont acquis des mousquets. Il craint un retournement de situation. En 1834, les deux chefs signent un traité de paix.

A la fin des années 1830, la population européenne en Nouvelle Zélande compte 2.000 personnes. Des pêcheurs demandent à la Grande Bretagne d’intervenir pour donner une législation européenne à la Nouvelle Zélande. Devant les projets français de colonisation de l’archipel, la Couronne dépêche sur place William Hobson. Il proclame la souveraineté britannique et encourage les tribus maories à ratifier le traité de Waitangi en 1840. Ce dernier comporte trois articles : le premier reconnaît la souveraineté de la couronne britannique sur l’Australie et la Nouvelle Zélande, le second garantit aux Maoris le maintien de leurs prérogatives et de leurs possessions immobilières, le troisième reconnait l’égalité de droit entre Britanniques et Maoris. Il est précisé que les Maoris ne peuvent vendre leurs terres qu’à la Couronne.
Si de nombreux clans et tribus signent ce traité, Wherowhero refuse de le faire. Il n’est pas hostile à la présence européenne sur ses terres. En ce sens, il s’entretient fréquemment avec le gouverneur George Grey et aborde des sujets touchant à la politique et à la culture. Néanmoins, devenu le chef de guerre le plus puissant, il refuse de céder sa souveraineté au gouvernement de Londres. Il réunit autour de sa personne les tribus Maori de son avis, au sein d’une confédération. Des armées maoris s’attaquent aux villes et affrontent l’armée britannique dans une véritable guerre de maquis.
La confédération se transforme en royaume indépendant, s’opposant aux tribus ayant ratifié le traité de Waitangi et à l’acquisition des terres par les colons britanniques. En 1857, Wheorwhero est nommé roi des Maoris. Il prend le nom de Potatau Ier, littéralement « celui qui compte la nuit ». Ce nom est inspiré du décès de sa femme, pour laquelle il ressentait un grand amour et un profond respect. Il est tellement attristé par cet évènement qu’il n’en dort plus pendant plusieurs nuits.
Potauto Ier meurt le 25 juin 1860. Son fils Matutaera Tawhio lui succède à la tête de la monarchie maorie, le Kingitanga.


Potatau Ier est l’un des plus puissants chefs militaires de Nouvelle Zélande. Brillant orateur et très respectueux des traditions de sa tribu et des Maoris, il dénonce l’accaparement des terres par les colons. Fondateur d’une monarchie existante encore de nos jours, il est l’investigateur de la lutte contre les Britanniques qui dure jusqu’en 1881, date à laquelle, Matutaera Tawhio reconnaît la souveraineté de la Couronne, sans renoncer à revendiquer les terres.



Sources :

ALLEN. Peter, “Wherowhero Potatau Ier : Paramount Chief oh the Waikato Tribes and First Maori King 1800-1860”, Te Reo, Vol 17, issue 1, février 2010, pp8-9.

BYRNES. Giselle, The New Oxford History of New Zealand, Oxford University Press, Oxford, 2009, 738p.

RAPOPORT. Michel (dir), Le Monde britannique 1815-1931, Atlande, Paris, 2010.

Image : thetreasury.org.nz

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