mardi 18 décembre 2012

Les parents d'Adolf Hitler: la genèse


Un jour d’avril 1889, l’année où fut fondée la Deuxième internationale et où la France fêta le centième anniversaire de la prise de la Bastille, un père rendu euphorique par les rasades de vin blanc se présente en titubant chez le curé de la petite ville autrichienne de Braunau-sur-l’Inn. Il vient déclarer la naissance de son troisième et dernier enfant : un garçon qu’il prénomme Adolf et qui est né le 20 de ce mois dans l’auberge du Pommier. Le nom du père : Aloïs Hitler.

Né en 1837, ce solide gaillard trapu de 52 ans, à la face carrée et rougeaude et à la moustache fournie et tombante remplit dignement la fonction de brigadier des douanes impériales de ce qui est l’Autriche-Hongrie. Qui est le père d’un des plus grand monstre de l’humanité ? D’abord, on ne lui a pas toujours connu ce patronyme – jugé distingué – d’Hitler. Aloïs est le fruit des amours obscurs et interdits de Maria-Anna Schicklgruber, servante dans une famille juive de Graz. Honteuse, elle quitte son emploi pour cacher ce qui est à cette époque sa faute et trouve un mari en la personne de Johann-Georg Hiedler, garçon meunier ambulant qui tolère le bâtard mais refuse d’assumer son éducation. Le petit prend donc le nom de sa mère: Schicklgruber.

A la mort de sa mère, en 1847, Aloïs est pris en charge par un frère de son pseudo-père nommé Johann-Nepomuk Hiedler. A treize ans seulement Aloïs quitte sa famille adoptive pour aller habiter à Vienne, la capitale où il devient apprenti chez un cordonnier. Mais le maniement de l’alène et de la poix ne le passionne pas. Il cherche une place sûre de fonctionnaire afin de toucher une retraite au bout. Il parvient – on ne sait comment – a intégrer le service de l’administration des douanes à 17 ans.

Le voilà muté à Braunau-sur-l’Inn, où il fait, en 1864 un premier mariage avec Anna Glasl-Hörer, fille d’un receveur des douanes qui peut favoriser la carrière de son gendre. Mais ce mariage est étrange car la Anna est de quatorze ans l’ainée de son mari. Un moment, les époux se séparent et Aloïs, volage, met enceinte une serveuse d’auberge de 22 ans : Franziska Matzelsberger. Anna meurt finalement en 1883, non sans avoir préservé ses biens ! Le temps du veuvage ne dure qu’un mois et Aloïs s’empresse d’épouser Franziska. La pauvre, attente de tuberculose, quitte ce monde en laissant à son mari deux enfant, Aloïs – come son père – et une fille prénommée Angela.

Le veuf à ce moment fait preuve d’une surprenante longanimité : il ne retrouve les plaisirs de la chair presque 6 mois après ! Cette fois, l’élue de son cœur est de sa propre famille : c’est une cousine et s’appelle Klara Pölzl et est la petite fille de … Johann-Nepomuk Hiedler, l’homme qui avait recueillit Aloïs à la mort de sa mère ! L conclusion de ce troisième mariage est malaisée, car, pour l’épouser, les cousins issus de germains doivent, selon les lois de l’époque, obtenir une dispense épiscopale. Les démarches aboutissent finalement et le mariage est consacré le 7 janvier 1885. Ils ont très vite deux enfants Gustav et Ida qui meurent de diphtérie. Pour leur plus grand soulagement – le leur seulement – le troisième aura une évolution normale, vous l’aurez deviné, c’est Adolf. 

                                 Sa mère lui donna son étrange regard

Mais alors le nom de ce petit Adolf est Schicklgruber, et non Hitler ! Un détail que j’omets volontairement de vous placer depuis tout à l’heure : Aloïs a changé de nom ! L’artisan de ce changement dont les détails et les raisons sont méconnues est  Johann-Nepomuk Hiedler. Le grand-père de Klara et tuteur d’Aloïs jeune, décide de le légitimer en 1876 ! C’est, assisté de trois témoins, que Johann certifie devant notaire qu’il est le père d’Aloïs. S’empressant auprès du prêtre qui avait baptisé le tout bébé Aloïs, Johann demande à ce que soit retiré la mention « illégitime » sur l’acte de naissance et de le remplacer par Hiedler que ce diable de prêtre orthographe par erreur Hitler !

Désormais il n’y a plus de Schicklgruber, nom qui aurait été lourd et encombrant plus tard pour un futur dictateur… c’est pourquoi, par la suite, devenu maître du troisième Reich, Adolf Hitler conserva un grand sentiment de gratitude envers son oncle Hiedler qui lui a permis de prendre un patronyme aux syllabes percutantes :

« Heil Schicklgruber ?
Nien ! Heil Hitler ! »

Nous connaissons la suite…

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