jeudi 11 octobre 2012

La rencontre de Philippe et d'Olympias ou la conception d'un mythe: Alexandre.

-->
C’est encore bien jeune, vers l’âge de 22 ans, que le fier et tout nouveau roi de Macédoine, Philippe II, prend la direction, à bord de son navire royal, de l’Ile de Samothrace, île de la mer Egée idéalement située entre les côtes Thrace, Grecque et d’Asie Mineure. Sur cette ile paradisiaque, Philippe, curieux de nature, va chercher à se faire initier aux rites des mystères des grands dieux. Les raisons qui l’ont poussé à voir sur place cette initiation sont inconnues, mais tout porte à croire que son voyage était une volonté des dieux. En effet, c’est lors d’une de ces soirées, où l’orgie est de rigueur, que le jeune Philippe va se faire envoûter par la plus belle des créatures de la terre.

Sous un ciel bleu-nuit clairsemé de milliers d’étoiles, le jeune Philippe ne peut plus détourner son regard dans cette chaude nuit. La scène est digne de ces spectacles où la nature semble avoir donné à la femme la chose la plus belle et la plus désirable pour un homme : son corps. La belle, dont les bras et les jambes sont enlacés et entourés de serpents, danse aux rythmes frénétiques des instruments. L’ombre de son corps, jeune et parfait, reflétée par les feux allumés, épouse à la perfection la paroi caverneuse de la grotte dans laquelle se déroule la cérémonie. Chacun de ses mouvements est une allusion à un désir charnel, et Philippe, en pleine force de l’âge, n’en est que plus troublé et surtout excité. La jeune fille en est bien consciente et le jeune étranger l’attire. Elle qui est emplie de religiosité doit en être également troublée : est-ce un signe envoyé par les dieux ? Quoi qu’il en soit, ses gestes se font de plus en plus explicites. Leurs corps se rapprochent pour finalement ne plus se quitter. C’est ensemble, enlacés et amoureux, qu’ils termineront la nuit. Philippe reste plusieurs jours et tente d’apprivoiser cette sorcière au corps de déesse. Il en est fou amoureux et décide alors, lui qui recherche une reine pour son royaume, de la demander en mariage. Il n’en est que plus ravi lorsqu’elle lui apprend qu’elle est de noble lignée. Fille de Néoptolène, roi du petit royaume d’Epire, aujourd’hui entre la Grèce et l’Albanie donnant sur la mer Adriatique, elle se prénomme Olympias et est une beauté nubile de 16 ans environ.

Après l’avoir ramenée dans sa capitale, Pella, Philippe l’épouse et l’élève au rang de reine. La puissance de la Macédoine et de son précieux allié d’Epire, commence dès lors à inquiéter les cités grecques au sud, qui voient d’un très mauvais œil ce voisin bien incommodant s’enrichir, s’agrandir et qui plus est s’accaparer cette culture qui fait leur fierté depuis l’âge des héros. La Grèce est alors un morcèlement de grandes cités, toutes aussi puissantes les unes que les autres, comme Athènes, Sparte ou Thèbes. Cependant, l’ensemble de ces cités ne parvient pas à s’allier et à présenter un front commun devant leurs ennemies comme la Perse et la Macédoine.

Depuis Pella, ville que le père de Philippe, Amyntas III, avait élevé au rang de capitale, supplantant ainsi Aigéai, le roi contemple la toute nouvelle puissance macédonienne. Au sein du palais royal qu’il a lui-même fait bâtir, Philippe imagine Pella comme capitale du monde hellénistique. Se pressent autour de la personne du roi, penseurs, artistes, musiciens ou bien encore princes étrangers qui cherchent protection et bonne fortune. Les solides murailles de briques enserrant la ville accueillent ainsi de plus en plus de grecs de moins en moins rebutés par l’origine barbare de leur prestigieux hôte. Néanmoins, la Macédoine reste fragile. Il suffit que le roi meurt par inadvertance lors d’un combat ou lors d’une escarmouche, pour que ce royaume sans héritier légitime ne sombre dans le chaos. Les occasions d’espérer sont nombreuses tant Philippe attaque les royaumes voisins de tous les côtés. Le soir, il festoie longuement et les banquets succèdent à d’autres fêtes où fruits, viandes et autres pâtisseries agrémentent l’ivresse due au vin. D’ordinaire joueur et amant facile, Philippe semble cette fois offrir toutes ses faveurs et toutes ses tendresses à la jeune et belle Olympias.

L’avenir du monde allait prendre naissance lors d’une fraîche soirée d’octobre 355. Le jeune couple s’adonne encore et toujours aux jeux de la séduction et du plaisir. Olympias n’est pas une femme facile à dompter et à satisfaire, aussi son royal époux se doit d’être à la hauteur. C’est sans doute après une nuit endiablée que les deux amoureux s’endorment dans la même couche, épuisés. Philippe est rassasié, mais sa reine semble encore émoustillée, chancelante, prête à repartir pour de nouveaux ébats amoureux. La voici tremblante et en sueur en plein sommeil. En effet, dans son songe, elle voit le dieu des dieux, le puissant et majestueux Zeus, s’approcher d’elle avec intérêt. Celui-ci la regarde, la flatte et tandis que la jeune femme tombe sous son charme divin, il saisit un éclair lumineux et d’un geste ample foudroie le ventre d’Olympias qui réagit au fracas par un râle de jouissance. La voilà enfantée et la légende est née : celui qui naîtra sera fils du dieu de l’Olympe.

Mais alors que faire pour Philippe? Bien sûr, dès le lendemain, Olympias l’a mis au courant et bientôt tout le palais le saura. Les prêtres analysent le songe, consultent les astres, les entrailles d’animaux et autres signes des dieux. Enfin, ils déclament  formellement : l’enfant qui naîtra sera fils de Zeus. Le roi n’y voit que déshonneur et trahison : le successeur au trône ne sera donc pas de lui et Philippe a de quoi s’inquiéter. A présent, la farouche Olympias le regarde avec mépris, refuse ses avances et passe le plus clair de  son temps seule, recluse à adorer les dieux en leur sacrifiant toute sorte de riches présents. Déjà adepte de la proximité avec des serpents, Olympias s’en entoure encore davantage, si bien qu’un soir Philippe l’a surprend en regardant par le trou de la serrure, allongée sur son lit avec une de ces créatures qu’il a appris à détester. Olympias aurait-elle des mœurs surprenantes ? Non, si on en croit encore les prêtres. Là encore, après une analyse méthodique des dires du roi, les prêtres en concluent que le corps de la belle Olympias n’avait en fait qu’été « visité » par ce renard de Zeus, décidément prêt à toutes les animaleries pour passer quelques minutes intimes avec la reine. Le pauvre Philippe déjà blessé dans son orgueil se voit punir de sa trop grande curiosité en perdant l’œil indiscret pendant une bataille quelques temps plus tard. 

Pour connaître la suite, naviguez sur le site à la rubrique Alexandre le Grand ou lisez le récit de sa naissance ici

ou bien  cliquez ici pour lire mon livre: Pour l'Amour d'Alexandre le Grand

1 commentaire:

  1. Bravo pour votre article et pour votre blog de qualité!!! Je m'inscris!

    RépondreSupprimer