dimanche 16 septembre 2012

La bataille du Granique: Alexandre le Grand entre en Asie


Avant son épopée fabuleuse qui le mena de Pella – la capitale macédonienne – aux confins de l’Orient, à la frontière indienne, Alexandre le Grand a du en découdre plus d’une fois avec les éternels ennemis des Grecs, les Perses. La première bataille qu’il mène face à eux se trouve en territoire contrôlé par l’administration du Grand Roi Darius III, en Anatolie de l’ouest, sur les rives du fleuve Granique en mai 334.

Des Perses divisés

Avant cette bataille, les Perses sont sûrs de leur force. Il faut dire que la situation n’est guère avantageuse aux Macédoniens. Alexandre ne possède qu’entre 30 000 et 40 000 hommes, alors que l’armée perse peut, en quelques jours, rassembler au moins le double. Les chroniqueurs anciens exagèrent les chiffres jusqu’à un demi-million d’hommes ! De surcroît, les Perses ont l’avantage du terrain qu’ils connaissent et possèdent. En fermant leurs villes, ils peuvent laisser Alexandre errer sans fin sur les terres ne trouvant aucune nourriture pour alimenter son armée, ni argent pour financer son immense campagne militaire. Enfin, Alexandre est encore un tout jeune homme de 22 ans, et beaucoup de généraux perses le trouvent encore bien inexpérimenté. Le mercenaire Rhodien, Memnon, en homme d’expérience et avisé, ne veut pas d’une confrontation directe et propose de pratiquer la politique de la « terre brûlée » qui consiste à fuir l’ennemi, brûler les champs et s’enfermer avec les vivres dans les villes. Les généraux et satrapes perses ne sont pas du même avis. La farce va bien vite cesser, lui dit-on, et ce jeune impétueux de Macédonien doit recevoir une correction exemplaire. Ils feront face et anéantiront l’expédition des Macédoniens aussi vite qu’elle a débuté !

Alexandre, impudent et audacieux

Alexandre redouble de conviction à l’annonce que l’armée perse se rassemble pour lui faire enfin face. Pour la première fois depuis Chéronée en 338, le fils de Philippe va enfin briller. Les Perses choisissent un terrain à leur avantage. Ils se positionnent stratégiquement sur une rive escarpée qui surplombe le fleuve Granique et attendent patiemment les charges macédoniennes. Alexandre sur son fabuleux Bucéphale est prêt. Avec sa cavalerie, il va se ruer sur les généraux perses tandis que ses redoutables phalanges enfonceront les lignes perses, augmentées de mercenaires grecs avides de carnages, de pillages et de ressentiment contre les Macédoniens. La bataille débute à l’initiative surprenante d’Alexandre. La fulgurance des premiers assauts macédoniens surprennent les généraux perses qui ne savent pas vraiment comment réagir. Les troupes macédoniennes traversent le fleuve – certains hommes sont emportés par le courant – et pénètrent rapidement au cœur de la mêlée. Les phalanges anéantissent les troupes perses désorganisées pendant que bons nombres de généraux tombent de la main même d’Alexandre et de ses compagnons. Pourtant on frôle le désastre : un ennemi est à deux doigts d’infliger un coup mortel à Alexandre mais le bon Clitos sauve son roi in extremis !

Conséquence du Granique

Seul le bataillon de mercenaires grecs résiste mais fini par plier, abandonné de toute part par des Perses fuyant loin du combat. Des généraux présents sur le champ de bataille, seul Memnon est encore debout et il fuit aussi très loin. Il se réfugiera de cité en cité et sera pourchassé et acculé dans Halicarnasse où il réussira finalement à s’enfuir par les mers. La bataille du Granique offre l’espoir aux Macédoniens qu’ils réussiront de grandes choses en terre orientale. Darius III comprend enfin qu’il devra faire face lui-même à Alexandre car désormais la route vers le Levant, l’Egypte, Babylone et la Perse lui est grande ouverte. Darius combattra personnellement à Issos d’abord, Gaugamèles ensuite et n’essuiera que des défaites. Avec le Granique, Alexandre devient Grand et peut débuter son odyssée.

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