jeudi 24 mai 2012

Sa femme est un loup-garou!


Le XVIe siècle est une période où l'Eglise doit faire face à moult désagréments. D'abord sa scission. Catholiques et Protestants se battent dans toute l'Europe... Et l'Eglise voit apparaître des histoires de sorcières et de monstres partout. L'une d'elle raconte l'histoire d'un fameux loup-garou. Ainsi, débute cette petite histoire: Nicolas De Barioux, seigneur d'Apchon, près de Mauriac, voit venir Griffoul, un chasseur du pays qui lui a promis du gibier pour le jour-même.

- Alors? demande le gentilhomme, m'apportes-tu du lapin ou du perdreau?

Griffoul est désolé car il n'a pas tué de gibier. Mais il raconte une bien étrange histoire: sur un chemin dérobé en pleine forêt, un énorme loup s'est jeté sur lui et l'a attaqué. Courageux, l'homme a dû se défendre dans un terrible corps à corps, en étant, à « deux griffes » de se faire arracher la peau. Mais, la joute a finalement tourné à son avantage: avec son couteau de chasse il a quand même réussi à couper une patte à la bête. Celle-ci s'est alors enfuie en hurlant.

- Voici la patte, dit Griffoul fièrement.

Mais, dans sa gibecière, c'est une main de femme qu'il trouve sanguinolente, avec une bague à un doigt. Il s'horrifie et jette la main à terre. Mais s'est surtout Nicolas de Barioux qui parait le plus pétrifié à cette vue.  

- Laisse-moi cette main, dit-il, et rentre chez toi.

Le gentilhomme part alors à la recherche de sa magnifique épouse, Arline, qui est quelque part dans sa demeure. Il la retrouve assise près du feu de la grande cheminé qui trône dans la chambre seigneuriale. Elle dissimule sa main droite dans son tablier. Tandis qu'elle  pleure, lui avance en tremblant.

- Donnez-moi votre main à baiser, dit-il.

A ses mots, les pleures de la pauvre Arline redoublent. Elle consent à montrer son bras droit, sectionné au poignet et prétend s'être blessée avec un couteau.

- Voici votre main, répond son mari, avec votre bague.
- Je suis ensorcelée... finit-elle par avouer. Une fois par semaine, je me transforme en loup. Cet après-midi, c'est vrai, j'ai attaqué Griffoul et c'est lui qui a coupé ma patte. Voilà pourquoi je n'ai plus de main à ce bras...

Le cœur brisé par cette malheureuse situation, car il aimait tendrement sa femme, Nicolas de Barrioux accomplit tout de même son devoir de chrétien. Il livra Arline à l'effroyable justice de l'Eglise de cette époque qui bâcla son enquête pour mieux la condamner à mort. La louve-garou... pardon, Arline de Barioux fut brûlée à Riom le 12 juillet 1588.  


Image: enfant-garou (Kunstmuseum, Munich)

5 commentaires:

  1. En voilà, une histoire dingue !!! Un magnifique thème pour film fantastique ! Pauvre femme !!!
    Amicalement,
    Huguette :-D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. oui , histoire de dingues , même si le passage de la torture n'a pas été cité dans ce texte ... et que le mari aurait arrangé tout ça avec le chasseur pour couper la main de sa femme volage dans le but de la faire brûler vive par le justice pour se venger ...

      Supprimer
    2. Cette histoire a été reprise dans le film "le chaperon rouge" qui est, euh, loin d'être le meilleur film de Loup-Garou que j'ai pu voir.

      Supprimer
  2. Au château de Blois, il est possible d'admirer le portrait de Pedro Gonzales, surnommé l'homme singe à cause de sa pilosité, montré à la cour d'Henri II séjournant à Blois.

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour,

    Je suis très intéressée par cette histoire d'Arline de Barrioux. Pourriez-vous me dire de quelles sources provient-elle? Références de livres ou d'archives... D'avance merci.
    evaneluna@yahoo.fr
    Evane Luna

    RépondreSupprimer