dimanche 6 novembre 2011

La première prophétie de Nostradamus


Michel de Nostredame (1503 – 1566), plus connu sous le célèbre nom de Nostradamus, est un personnage empli de mystères et de spiritisme. Sa vie est un roman jonché d'épisodes extraordinaires ayant forgé le mythe d'un homme qui, grâce aux astres et à des pouvoirs mystiques, composera un recueil de prophéties demeurées célèbres jusqu’à aujourd’hui. On ne citera pas ici ses plus célèbres prophéties telles que l'annonce de la mort brutale du roi français Henri II ou la fuite et la capture de Louis XVI à Varennes, mais plutôt, l'épisode - réel ou fictif - qui allait révéler à Nostradamus ses prédispositions pour lire l'avenir.  

Michel de Nostredame ne fut pas, dès l’enfance, prédisposé à voir l’avenir. Au contraire, il fut en premier lieu un médecin et un apothicaire reconnu. Vivant pendant une des périodes les plus sombres de l’histoire de France et de l’Europe (peste, guerres d’Italie, guerres de religion), il est un vagabond et un infatigable marcheur qui tout au long de sa vie cherchera l’expérience pour finir par se forger une réputation des plus enviables. Jeune, il connaît déjà plusieurs langues et est diplômé à dix-sept ans de l’université d’Avignon. Pendant les périodes de peste, il préconise des actions d’hygiène élémentaires comme se laver les mains et dormir dans des draps propres et frais. Néanmoins, il reste impuissant devant les ravages des maladies, en particulier dans les campagnes. Il perd également sa première femme et ses enfants lors d’une grande épidémie à Agen.

« L’ironie du sort est de voir un médecin qui sauve tant de vies, devenir impuissant à sauver ceux qu’il aime le plus ! » se lamente-t-il.

Malheureux, il mène une vie aventureuse, offrant son aide aux plus grands comme aux plus nécessiteux. Il acquiert un fabuleux savoir grâce à d'incessants allez-retours entre la France, l’Allemagne et l’Italie durant lesquels il rencontre de grands maîtres en médecine et en astrologie. C’est pendant son périple en Italie entre 1547-1549, que Nostradamus va faire la rencontre qui va changer sa vie !

Nous sommes à Savone en Italie et le printemps est doux. Nostradamus séjourne depuis plusieurs jours dans cette ville où il aide les malades. Aux plus aisés il demande un salaire, aux plus modestes quelques piécettes, aux plus miséreux… il ne demande rien ! Il fait beau ce jour-là et le médecin part, comme il en a l’habitude, faire la tournée de ses patients. Il doit d’abord rendre visite à une vieille femme. La pauvre a perdu son mari il y a peu et doit tout faire par elle-même. Elle est percluse de rhumatismes. Outre du repos, Nostradamus lui a conseillé d’accompagner ses soupes d’un breuvage fabriqué par ses soins à partir d’herbes qu’il collecte pendant ses longues promenades dans les forêts environnantes. Puis ce sera le tour d’un jeune garçon. Lui, c’est la fièvre qui l’affaiblit. Nostradamus l’a d’abord sermonné : pourquoi se jeter à l’eau à cette époque de l’année alors que tous les méditerranéens savent que la température de l’eau est encore froide et que les jours chauds arriveront dans plusieurs mois ? Un médecin est toujours de bon conseil mais il peut aussi parfois se transformer en moralisateur car après tout : il sait tout ! Après, il lui donnera quelques recommandations et des soupes à boire au lit, une fois couché. Et ainsi de suite, Nostradamus rencontrera rhumes, allergies, courbatures et autres mal-être qu’il connaît autant que la flore permettant de les soigner. 

Malgré la douceur ambiante d’un printemps balbutiant, Nostradamus trouve l’air pesant. Pourtant, tout semble habituel. Les échoppes ouvrent et accueillent leurs premiers clients. Les marchands exposent leur marchandise et les riches de la ville étalent leurs frasques en tout genre : laissez-passer, coquineries et flamboyance des vêtements. Les gens qui le connaissent où qu’il a guéris le salue poliment tandis que les plus sceptiques quant à son talent l’abordent avec des sourires goguenards.

Enfin, la fameuse rencontre ! Au milieu des gens, un jeune moine d’un âge à peine au-dessus de vingt ans marche timidement. Il arbore une tunique typique de l’ordre des franciscains, à savoir une robe longue qui remonte jusqu’en haut du cou. Une capuche pend derrière sa nuque et une ceinture faite de cordes entrelacées maintient le tout fermé. Il avance et chaque pas rappelle ses vœux d’humilité et de pauvreté. Nostradamus est bouleversé. Non pas par l’allure ou la mission de ce franciscain mais par une voix intérieure qui semble irrésistiblement le pousser vers ce jeune moine. Comme en transe, Nostradamus place son chemin dans celui du moine, si bien qu’ils finissent par se faire face. Enfin il sait qui il est!

Ils se regardent, se dévisagent. Le moine n’est pas effrayé car il a l’habitude d’être interpellé. Puis, interloqué, il voit l’homme qui lui barre le chemin se mettre à genoux devant lui, baiser sa robe et l'entend dire :

« Je dois m’incliner devant Sa Sainteté. »

Ensuite Nostradamus se relève et passe son chemin devant les badauds ébahis. Le jeune moine n'a même pas eu le temps de lui demander la signification de cette scène.

Le jeune franciscain s’appelait Felice Peretti et sera élu pape près de quarante ans après, sous le nom de Sixte V. 


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