vendredi 24 juin 2011

La bataille de Castillon et la fin de la Guerre de Cent ans

Nous ne connaissons de la guerre de Cent ans que les défaites ! Calais, Azincourt, Crécy ... Pourtant les Français n'ont pas toujours perdu. Au contraire, nombreux furent les retournements, les victoires et les miracles. Parlons par exemple du célèbre connétable Bertrand Du Guesclin ou de l'illuminée Jeanne d'Arc. La France connaît six rois dans cette période trouble, commençant en 1337 et finissant officiellement en 1475 avec le traité de Picquigny. Trois vainqueurs et trois vaincus. Philippe VI de Valois et Jean II le Bon perdent la moitié du royaume avant que Charles V ne rétablissent les frontières. Son successeur, Charles VI eut un début de règne calme et prospère jusqu'à ses premières crises de folies. Le royaume sombre alors et les Anglais réinvestissent massivement le territoire français. Enfin, Charles VII dit le Victorieux profite de la renommée mythique de Jeanne d'Arc pour « bouter » les Anglais hors du royaume, son fils Louis XI mettant fin au conflit en signant le traité de Picquigny.

C'est sous Charles VII que les Français remportent la bataille décisive qui assoit la domination du roi sur toute la France. Toute ? Non ! Calais restera anglaise jusqu'en 1558 et sa reconquête par le duc de Guise. Étrangement, cette victoire est très peu connut car elle intervient la même année où l'Empire Byzantin s'effondre en Orient en 1453. De nos jours, à l'école, l'éducation nationale privilégie la commémoration de l’événement – majeure rappelons-le – de la chute de Constantinople, prise par les Ottomans, par rapport à la très peu médiatisée bataille de Castillon qui, le 17 juillet de cette même année, met en pièce l'armée anglaise.

Les faits. Charles VII est un roi puissant. Son armée, revigorée après les aventures de Jeanne la pucelle devant Orléans, reconquiert ville par ville. Seule l'Aquitaine, qui prospère grâce à l'Angleterre depuis 300 ans, résiste et repousse les assauts français. Depuis que Louis VIII a répudié Aliénor d'Aquitaine, la région est revenue par épousailles à la couronne d'Angleterre entraînant une concurrence commerciale mais, surtout, qui ampute le territoire géographique français d'une large et riche partie. Aussi, l'armée française campe devant Castillon. Quelques jours auparavant la ville de Gensac est prise mais le but est de reprendre Bordeaux. Le roi anglais Henri VI charge le comte John Talbot de repousser l'attaque.

La veille de la bataille est pourtant morose pour les Français. Talbot a attaqué la petite garnison française du prieuré Saint-Laurent, les met en fuite et, poursuivant les traînards, les fait mettre à mort. Les survivants, eux, fuient vers le camp retranché où se trouve l'ensemble des forces françaises. Talbot pendant ce temps veut assister à la messe et fait désaltérer ses soldats qui se noient dans l’excellent vin de la région. Rentrant dans l’Église pour l'office, un mystérieux message lui parvient : une colonne de poussière s'élève à l'est, les Français s'enfuient ! Sans plus attendre, se fiant à la fiabilité de ses sources, Talbot part à leur poursuite. Rien de plus avantageux que d'abattre des fuyards. Grand mal lui a pris de ne pas assister à la messe. Se précipitant, il tombe finalement nez à nez avec l'artillerie française commandée par Jean Bureau. Trois cent pièces de canons tirent en même temps. L'effet est immédiat, les premières colonnes anglaises sont anéanties. Talbot prend la fuite à son tour mais est rattrapé puis tué d'un coup de hache dans la tête.

Les Anglais ne s'en relèveront pas. Bordeaux se rend et c'est toute la région qui capitule. Il n'y aura plus de conflit armé jusqu'en 1575. Aujourd'hui on célèbre encore, chaque été, cette bataille décisive de Castillon et une chapelle a même été montée pour commémorer le courage du comte Talbot. Et... la colonne de poussière ? Plusieurs hypothèses : la première serait un faux message. Mais Talbot, en homme expérimenté, a dû vérifier de visu l'information. La seconde, la plus plausible, la colonne de poussière aurait été formée par les bagages et les gens accompagnant la garnison française. Mouvement volontaire ? Si on en croit les sources, les Anglais sont tombés sur une artillerie française déjà armée. La logique voudrait que le mouvement des bagages était donc voulu.

Pour l'anecdote : on a souvent mis en parallèle les défaites françaises avec l'utilisation des arcs par les archers anglais. A Castillon une revanche a été prise !

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