dimanche 27 mars 2011

François Ier et Henri VIII, lutte au camp du drap d'or.

François Ier est passé à la postérité pour avoir été le vainqueur de Marignan en 1515 (date si aisée à retenir !) et le promulgateur de l’édit de Villers-Cotterêts qui en 1539 impose l’utilisation du français comme langue officielle du royaume*. En outre, il a été un des principaux acteurs de la Renaissance française en faisant construire de magnifiques châteaux et en faisant venir bon nombre d’artistes (ah ! Léonard !). Pourtant, en ce temps là, la France est loin d’être un royaume qui peut se permettre d’être à la fête. Voilà que celui-ci est entouré d’ennemis. Au nord, l’éternel adversaire anglais avec à sa tête le légendaire Henri VIII, et au sud, ainsi qu’à l’est, l’immense empire d’un tout jeune empereur : Charles V où si vous préférez Charles Quint.


1519, l’Empire Romain Germanique se cherche un empereur. Maximilien Ier de Habsbourg laisse un territoire immense et puissant à qui saura se faire élire. François Ier, roi de France depuis 1515, est candidat. Pour cela, il s’endette et la France avec ! L’échec est cuisant. Malgré les présents et les fortes sommes « offertes », François Ier est renvoyé dans son royaume, humilié, triste et surtout ruiné. C’est un tout jeune homme, déjà roi des Pays-Bas et d’Espagne, Charles, qui succède finalement à Maximilien Ier. Pour l’anecdote, Charles est le petit-fils de Maximilien, ce qui, et c’est une évidence, a grandement influencé son élection.


La France se retrouve entourée et la rancœur est grande dans le cœur du roi. Afin de peser d’un poids plus grand face à son nouvel ennemi, François Ier invite son homologue anglais pour discuter d’une alliance. Celui-ci accepte. L’entrevue doit avoir lieu près de Calais, qui appartient à l’Angleterre. Remettons dans le contexte : nous sommes en juin 1520, François Ier a 25 ans et Henri VIII, 28 ans. Ils sont tous les deux reconnus pour leur beauté, leur physique athlétique et leur érudition. Chacun d’eux veut épater l’autre en apparaissant plus riche et plus fort. « C’est un combat de coq » dirons-nous vulgairement. Le roi Français s'est offert une tente de drap d'or doublée de velours bleu et l’entrevue restera alors pour les mémoires comme la rencontre du camp du drap d’or. Ne goutant pas à cette fanfaronnade, Henri VIII montrera lui aussi toute l’aisance et toute la richesse qu’il peut étaler.


La rencontre débute le 7 juin et s’étale sur tout le mois, mais aucun compromis n’est trouvé. L’épilogue va pourtant trouver une issue négative un jour où les deux puissants vont en venir aux mains. Encore sportif, malgré une obésité apparente, Henri VIII lance un défi à François Ier pour une lutte à mains nues. Celui-ci accepte. Grand, massif et puissant, François Ier ne laisse pas durer le suspens et met à terre le roi d’Angleterre avec une facilité déconcertante devant un parterre de diplomates qui priaient pour que l’issue de la lutte ne trouve pas de vainqueur. Humilié, Henri VIII écourte les négociations et s’en va plutôt chercher chez Charles Quint, dans une rencontre bien plus austère, une alliance contre la France.


Analysons bien la situation. François Ier, par cette lutte inutile, a mis l’Europe entière contre lui, a ruiné un peu plus le royaume par le faste ridicule de la rencontre et pourtant… on ne peut s’empêcher de ne pas regretter son geste. Félicitations donc à celui qui fut le dernier des rois chevaliers.


* Voir mon article:

http://www.les-experts.com/article-80460-francois-ier-et-la-langue-francaise.html

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