jeudi 6 janvier 2011

Olympias, mère d'Alexandre. Troisième partie


Une mère seule… délaissée pour un destin légendaire.

Lorsqu’Alexandre embarque pour l’Asie, il ne prend pas le risque d’accorder trop de pouvoir à sa mère. Il préfère nommer Antipater, homme d’expérience et fidèle allié de son père, comme régent en son absence. Tout au plus, il ne reste à Olympias que son grand pouvoir de suggestion dont elle usera tout au long de la correspondance accrue qu’elle aura avec son fils pendant toute son odyssée orientale.

La séparation, douloureuse, brutale (Alexandre n’a que vingt-deux ans) est vécue comme un déchirement par les deux protagonistes. Telle une tragédie, ils se disent adieu car un au revoir ne serait pas approprié aux sentiments qu’ils ressentent en cet instant. Olympias, persuadée d’avoir enfanté de Zeus, croit à l’aventure héroïque de son fils et sait qu’elle ne le reverra pas avant très longtemps : son destin est celui de conquérir le monde entier. Alexandre, lui, s’arrache « aux seins » de sa mère, et décide de vivre seul et pour lui-même, ce qui représente un déchirement indescriptible. Depuis tout jeune, seule sa mère lui a apporté amour, affection et réconfort. Même lorsque Philippe décida enfin de prêter attention à son héritier à l’âge de treize ans (épisode du cheval Bucéphale), Alexandre ne se détourna jamais de sa mère. Au contraire, il ne cessa jamais d’écouter ses conseils. Ses envies de gloire et d’apparaître comme un héros Homérique, tel Achille, lui ont été suggérées par Olympias, qui, inlassablement, lui décrivait l’âge d’or des Grecs. Alexandre n’avait aucun secret pour sa mère et une confiance indéfectible les unira… jusqu’à l’épisode tragique où Olympias brûlera le dernier enfant de son mari.

Cet épisode dramatique l’est aussi pour les lecteurs postérieurs que nous sommes. Comment être insensible à une scène si tragique de voir Alexandre en larmes se retourner et embarquer sur la nef royale après avoir dit adieu une dernière fois à Olympias. Plus forte, elle ne pleure pas, et accompagne celui qu’elle a mis au monde jusqu’à son bateau. Elle accompagne du regard son navire, comme pour mieux porter son fils vers la terre de son futur (l’embarquement se fait au détroit des Dardanelles, elle a ainsi pu voir les bateaux atteindre l’autre rive). Et là, trop lointaine pour que son fils ne l’aperçoive, elle s’effondre en larmes.

Ils ne se reverront jamais.

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