samedi 8 janvier 2011

Olympias, mère d'Alexandre. Quatrième partie

La mère du dieu.


Quel rôle pour Olympias désormais ? Confinée et seule, elle fait ce qu’elle à toujours su faire le mieux : comploter ! La reine-mère n’accepte pas son nouveau rôle. Antipater n’a jamais apprécié Olympias et ne prend pas en compte ses avis, préférant suivre la ligne politique dictée par Alexandre. Ce dernier, loin, acquiert la gloire que sa mère avait toujours prophétisée : l’armée perse est mise en déroute sur le fleuve Granique et l’Anatolie tout entière tombe entre les mains d’Alexandre. C’est donc fière, mais finalement peu étonnée, qu’elle reçoit les plus beaux présents issus des butins macédoniens. Elle écrit toujours à son fils. A quelle fréquence ? Sans doute – temps de trajet oblige – toutes les semaines ou deux semaines. Que se racontent-ils ? Alexandre dans son immense modestie lui conte ses exploits tandis qu’Olympias, plus expérimentée, le flatte tout en essayant de le ramener sur terre : l’Olympe n’est encore à sa portée.


Sans doute Olympias continue de le comparer aux héros mythologiques pour l’enthousiasmer et le pousser à aller plus loin, toujours plus loin. L’Anatolie prise et les cités grecques libérées, il faut continuer la conquête et profiter de cette avancée pour confirmer la nature divine d’Alexandre. En ancienne prêtresse de Zeus, Olympias sait qu’il existe un oracle dont les propos sont incontestés dans l’oasis de Siwah en Egypte. Le grand prêtre du dieu Amon y réside et délivre les paroles sacrées et indiscutables venant du dieu. Or, les Grecs assimilaient Amon à Zeus et de fait, ces deux divinités n’en formaient plus qu’une. Si les paroles du grand prêtre d’Amon, aussi respectées que les prophéties des prêtres d’Apollon à Delphes, venaient à confirmer la paternité de Zeus, ce qu’affirme Olympias depuis la naissance de son fils, alors cette dernière obtiendrait une plus grande autorité en Macédoine où elle s’oppose souvent à Antipater.


Dépassant Gordion, écrasant le Grand Roi à Issos en 333, puis soumettant difficilement les cités de Tyr et de Gaza, Alexandre pénètre enfin dans l’Egypte millénaire. Là, il remplace définitivement l’administration Perse présente depuis un siècle, et se fait couronner Pharaon. Olympias suit l’itinéraire de son fils. Acquiesce-t-elle le mariage de son fils avec la princesse perse Barsine et comment réagit-elle quand Alexandre lui annonce la naissance de son fils Héraclès ? Apparemment, elle n’y prête guère beaucoup d’attention. Seul l’intéressent les paroles du grand prêtre d’Amon. Après avoir choisi le site de la future Alexandrie, Alexandre plonge dans le désert – s’y perd plusieurs fois – mais rencontre enfin le grand prêtre.


« Salut, ô mon fils ! Et reçois cette salutation comme venant du dieu.

- Oui, j’accepte ton oracle, ô mon Père. A l’avenir, on m’appellera ton Fils. Mais, ô divinité, révèle-moi : ai-je désormais châtié tous les meurtriers de mon père ?

- Il n'existe pas, l'homme qui pourra fomenter un complot contre Celui qui t'a engendré! Tous les assassins de Philippe ont été châtiés. L'heureux succès de tes entreprises prouve que tu es né du dieu. Par le passé, tu étais invaincu. Tu seras désormais, à tout jamais, invincible! »


Après l’entrevue, Alexandre écrit une longue lettre à sa mère.


« Tu as raison ! »



(Image: une des rares représentations d'Alexandre en Pharaon, devant Amon - Louxor)

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