vendredi 14 janvier 2011

Olympias, mère d'Alexandre. Dernière partie


La chute.

Olympias voit d’un bon œil l’avancée victorieuse de son fils. Tour à tour, Babylone, Suse, Persépolis ou encore Ecbatane tombent entre les mains d’Alexandre. En s’accaparant toutes les richesses des capitales perses, la Macédoine devient très riche. Alexandre ne manque pas de faire parvenir à Pella, la capitale de la Macédoine, l’argent nécessaire pour permettre au royaume de résister à de possibles attaques extérieures. En effet, les cités grecques, dont Athènes, attendent le moment opportun pour renverser la domination macédonienne en Grèce, et Sparte est une cité qui revendique son inimitié avec l’envahisseur.

C’est donc dans un contexte territorial assez instable qu’Antipater – le régent choisi par Alexandre parmi les vétérans de son père – doit faire face à la rébellion de la reine-mère. En coulisse, elle profite de sa grande notoriété de « mère de dieu » pour revendiquer plus de pouvoirs. Antipater se plaint par des centaines de lettres qu’il envoie à son roi. Mais Olympias tient, elle aussi, une correspondance acharnée avec son fils. Dans ses écrits elle évoque sa souffrance d’être impuissante face aux complots subjacents qu’elle perçoit à la cour. Elle critique la gestion et le gaspillage des richesses envoyées par Alexandre depuis l’autre bout du monde. Enfin, elle s’en prend directement à Antipater qu’elle accuse de vouloir attenter à sa vie et celle de son fils. Dans son courrier Alexandre enchaîne aussi les plaintes répétées d’Antipater. Il récuse les accusations, affirme sa loyauté et celle de son fils, Cassandre, ami d’enfance d’Alexandre et qui l’accompagne dans son épopée. Enfin, il dénonce qu’Olympias veut trop s’immiscer dans les affaires politiques et qu’elle met en péril la stabilité de la Macédoine. Alexandre, fataliste mais réaliste quand aux sentiments qu’il éprouve envers sa mère répond :

« Antipater ne sait pas qu’une larme de ma mère suffit à effacer mille lettres d’accusation comme celle-ci ! »

Cette « incompatibilité » politique entre Antipater et Olympias pousse cette dernière à s’exiler quelques temps en Epire où elle exerce la régence du petit royaume. Malgré les doutes sur sa loyauté, Alexandre maintient son régent.

Pourtant, approchant les 33 ans, Alexandre finit par accéder aux caprices de sa mère. Voulant destituer Antipater, Alexandre appel le vieux vétéran à Babylone – sa capitale – pour lui demander des comptes. Ce dernier refuse et envoie ses fils pour défendre sa cause. Alexandre, en rage, ordonne à son fidèle ami Cratère de prendre la route pour Pella et de faire assassiner en secret Antipater. Olympias se délecte à l’avance d’un tel carnage ! Cependant, le sort va s’abattre sur elle. Le 13 juin 323 Alexandre décède et Olympias est désormais sans défense. Malgré ses tentatives de s’allier l’aristocratie macédonienne en faisant marier sa fille Cléopâtre, elle est rattrapée par le fils de son vieil ennemi, Cassandre, qui après un simulacre de procès l’a fait assassiner par lapidation en 316. Elle a alors presque soixante ans.


Epilogue :
Olympias a été une femme fatale à l’ambition démesurée qui a toujours cru à son destin fabuleux. Un caractère qu’elle a su transmettre à son fils qui a conquis le monde. Elle reste pour les auteurs antiques comme pour les plus modernes, comme la Muse qui a inspiré et fabriqué Alexandre.

1 commentaire:

  1. Cool c'est trop fun ton truc ! Aussi fun que Patrick l'étoile d'éponge ! :D ( nan je plaisante y a rien je cool là dedans :P)

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