mardi 7 décembre 2010

Ode à Versailles.

Quelques kilomètres, à peine, sépare Paris, si souvent insurgée, du plus célèbre des châteaux royaux : Versailles. Sous Louis XIII, ce n’était qu’un modeste pavillon de chasse, mais depuis 1661, s’élève un palais sans pareil, voué à la gloire du plus puissant monarque de ce temps : Louis XIV, le roi soleil. Les plus grands artistes de l’époque, 36000 ouvriers et 6000 chevaux, participèrent à cette œuvre gigantesque. Le roi, lui-même, ne cessant de dicter ses choix et de veiller à l’évolution des travaux. Dans son enfance, le prince avait dû fuir Paris une nuit de janvier 1649 avec sa mère Anne d’Autriche : c’était l’époque de la Fronde. Sans doute, voulu-t-il affirmer à Versailles, sa méfiance de la grande ville et sa volonté de toute puissance. Ce faste devait servir et illustrer sa grandeur.


Louis XIV s’installa définitivement à Versailles en 1682 qui devint un lieu brillant et futile où les courtisans se pressaient à la recherche d’une faveur royale. Mais c’était aussi le symbole d’un pouvoir écrasant et splendide d’où repartaient émerveillés les diplomates et les ambassadeurs étrangers reçues en audience qui propageaient chez eux les échos de cette gloire.


Les pièces de Molière, Boileau, Racine et les ballets de Lully – lesquels sont tous pensionnés par le roi – se jouaient au château. Paris était éclipsée.


Dans les jardins à la française, tracés par André Le Nôtre, les proportions sont parfaites. La technique est au service de l’élégance car il les dessinait selon les lois même de l’optique. Sculptures et jeux d’eau témoignent encore de l’âge d’or de l’art Classique.


Deux autres souverains vivront à Versailles, mais c’est dans ces lieux même exaltant la monarchie absolue divine et « éternelle » que se tiendront en mai 1789 les Etats Généraux, premier frémissement de la Révolution.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire