jeudi 9 décembre 2010

Memnon de Rhodes, celui qui défia Alexandre le Grand. Cinquième et dernière partie

La citadelle d’Halicarnasse résiste. Le temps devient trop long pour le conquérant macédonien. Alexandre décide donc d’abandonner son acharnement contre les dernières forces du général Memnon, qui, depuis les hautes tours de la citadelle, scrute à longueur de journée l’horizon espérant voir apparaître les renforts tant espérés. Alexandre décide de laisser une petite garnison de soldats aux ordres de la reine Ada, femme déchue du trône d’Halicarnasse peu de temps avant le conflit entre son royaume et Alexandre. Elle avait apporté son aide au jeune macédonien, prêtant allégeance à sa souveraineté si celui-ci la remettait sur le trône.


Memnon voit bien l’armée macédonienne plier bagage et s’en aller au loin vers d’autres conquêtes. Le grec y voit l’instant tant attendu… pour fuir de la citadelle. A la faveur de la nuit il trompe ses ennemis en embarquant avec le reste de ses troupes et prend le large. Après quelques jours de navigation il croise d’autres navires perses – ces derniers sont alors maître des mers - et reprend espoir. Sa contre-attaque va enfin prendre forme.


« Inutile de rejoindre le front ! Nous devons couper Alexandre de sa base : la Grèce ! Notre flotte est assez puissante pour neutraliser tous les renforts qui traverseront l’Hellespont. Athènes n’attend qu’une faiblesse pour se révolter et frapper contre la Macédoine. Laissons la division des cités grecques anéantir les ambitions d’Alexandre ! Je mènerai personnellement nos troupes en mer Egée où nous soumettrons toutes les îles. »


Memnon, intelligemment, profite de la faiblesse de la marine macédonienne pour prendre le contrôle des mers. En moins d’un an, les îles de la mer Egée tombent toutes entre ses mains.


Alexandre suit avec attention les manœuvres de Memnon et enrage de ne pas avoir pu éliminer son ennemi au Granique et à Halicarnasse. Lui-même est à la veille d’une terrible bataille face à Darius et la réussite de Memnon sape le moral des troupes qui se sentent prises au piège, « enfermées » en Asie, sans moyen de retour.


Il était écrit qu’Alexandre ne serait jamais vaincu par un homme. En 333, il n’est qu’aux prémisses de sa gloire. Aussi, lorsqu’on lui apprend que Memnon a succombé à une maladie sur l’île de Mytilène, Alexandre comprend que désormais rien ni personne ne pourra plus l’arrêté. La bataille d’Issos, immortalisée par la célèbre mosaïque de Pompéi, affirme la puissance d’un homme de 23 ans que l’on compare déjà à un dieu. Vainqueur de Darius et de bien d’autres rois, Alexandre trahira une coutume antique répandu : jamais il ne s’appropriera l’épouse du vaincu… pourtant dans le courant de cette même année 333, il épousera sa première femme : Barsine, la veuve de Memnon, celui qui défia Alexandre le Grand.

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