vendredi 3 décembre 2010

La véritable tour de Babel: un mythe biblique ou une réalité archéologique ? Dernière partie

Le mélange des langues : une invention mésopotamienne ?

Comme nous le disions, bien des récits mésopotamiens se retrouvent dans le texte biblique. La grande particularité des grandes civilisations du Tigre et de l’Euphrate a été de compiler très tôt, par écrit, dans des bibliothèques, les récits et les mythes qui remontaient, pour la plupart, aux temps où les hommes de cette région se transmettaient leur histoire par oral. Transcrites sur des tablettes d’argiles à l’aide des écritures dîtes cunéiformes, ces histoires se sont conservées, et depuis les premières fouilles jusqu’à nos jours, les archéologues en ont dégagé des centaines de milliers. Bien que nous soyons en mesure de les traduire, beaucoup restent encore cachées dans les sols archéologiques et dans les réserves des musées du monde entier. Certaines de ces tablettes sont plus ou moins bien conservées, et il est fréquent qu’il ne subsiste que des fragments de texte à déchiffrer.


Ainsi les épigraphistes ont-ils eu la surprise de découvrir un texte où il fait mention du dieu Enki, dieu qui façonna l’image de l’homme puis le créa, dispersant, de manière tout à fait analogue à Yahvé, les hommes sur la terre. Enki voulut ainsi briser la recherche de démesures de l’humanité qui courait irrémédiablement vers une nouvelle perte, Enlil, le dieu des dieux chez les sumériens, pouvant à tout moment décider de la destruction des hommes : « Enki modifia les langues dans leurs bouches. Jusqu’à ce qu’il les y eût placées (les langues étrangères), la langue de l’humanité était une. » .


Qu’en déduire ?

Si la tour de Babel n’est pas la tour ziggurat du dieu Marduk étymologiquement parlant, celle-ci l’est véritablement par l’idée - inconcevable pour les juifs - que l’édifice avait pour fonction d’atteindre le monde divin. La ziggurat de Marduk était le centre de toutes les attentions et charmait les voyageurs de toutes cultures. A Babylone, et plus particulièrement autour de ce centre religieux qui gérait des offices religieux, artisanaux et commerciaux, les juifs ont été marqués par cette multitude de cultures et de langues qui convergeait, telle un seul être, vers ce sanctuaire sacré où on s’enquérait de la bienveillance de Marduk. Certains juifs ont pu également retrouver en la toute puissance de ce dieu et dans ce monothéisme latent l’image de Yahvé. Enfin, c’est également à Babylone que l’écriture de la Bible a pris un tournant décisif : les lettrés juifs imprégnés de culture mésopotamienne écrivirent le texte saint en empruntant des mythes et des coutumes babyloniennes, tout en les adaptant à leur propre perception de leur religion et de leur culture.


Sources bibliques.

Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l’Orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! faisons des briques et cuisons-les au feu ! ». La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent : Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas tous dispersés sur toute la terre ! ».

Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit : « Voici que tous font un seul peuple et parle une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises ! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. » Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi la nomma-t-on Babel, car c’est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur la face de la terre.

Genèse, XI, 1-9

4 commentaires:

  1. BRAVOOOOOOOOOOO CES EXTRAORDINAIRE :O ! 100000 J'AIME !

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  2. cest trop cool vive la tour de babel je laime je ladore

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  3. pas trés trés précis, trés flou comme explication.

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